‹ L'exploration collective des services publicsChapitre 2 sur 108 · IV ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

IV ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE

seulement contre ses ennemis du dehors^ dont la menace n'est qu'accidentelle, mais encore et surtout contre certains facteurs de destruction interne, dont la menace est permanente, tels que le crime, le vice, la maladie, le parasitisme, la misère, l'imprévoyance, etc. En même temps, et d'autant plus librement que la défense est assurée, elle est appelée à parfaire sa propre organisation et peut se proposer des fins positives nouvelles de plus en plus complexes.

De ces deux modes d'activité, on ne saurait dire que l'un a précédé l'autre. Il est vraisemblable même, qu'ils ont toujours été en fonction l'un de l'autre. C'est ainsi qu'on pourrait aisément reconnaître à l'organisation politique, à l'éducation sociale, un caractère défensif. Il n'en est pas moins vrai que, dans l'ensemble, l'organisation sociale défensive prédomine dans les sociétés les plus simples, les plus anciennes, tandis que l'organisation sociale positive prend une place de plus en plus considérable dans les sociétés formées sur le modèle le plus récent de la civilisation européenne. C'est un fait bien remarquable, en effet, le plus immense peut-être de la vie sociale des nations du type européen le plus avancé, que l'activité collective s'y étend sans cesse à des fins nouvelles. La compétence de l'Etat, des communes, des associations de tout genre y croît dans des proportions incalculables. La sphère du droit ne cesse de s'y élargir et d'absorber des éléments auxquels elle était restée jusqu'alors étrangère ; et, par dessus le droit privé, le droit national, on voit, de nos jours, se constituer un droit international, une société juridique des Etats, qui tend à substituer le régime des conventions à la lonsfue anarchie des nations.

Cette considération explique pourquoi on a accordé aux deux divisions de cette Bibliothèque une importance inégale. Les facteurs de destruction contre lesquels les sociétés ont à se défendre ne semblent pas être susceptibles de multiplication indéfinie. S'il en surgit de nouveaux, d'autres aussi disparaissent, par exemple certaines maladies, l'extrême misère, la famine, l'ignorance, le fanatisme religieux, etc. En revanche on a peine à imaginer une limite à l'invention de modes inconnus jusqu'ici d'organisation positive. Les sociétés du type européen qui couvrent l'Europe, l'Amérique, l'Australie et

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