INTRODUCTION
Le but de notre travail est d'apporter à l’otologiste et au chirurgien les éléments susceptibles d'entraîner une utilisation plus fertile de la radiographie dans les diverses atteintes inflammatoires ou traumatiques de la mastoïde et du rocher.
Pour ce qui est des mastoïdites, il est curieux de voir combien ce procédé d'examen est resté peu employé, en France tout au moins. Il semblerait cependant, que la situation intra-osseuse des cavités de l'oreille moyenne (caisse du tympan et ses dépendances mastoïdiennes) où l'infection, généralement née dans la muqueuse qui les tapisse, ne tarde pas habituellement à gagner l'os qui les entoure, dût fournir à cette méthode d'exploration un champ d’action particulièrement précieux.
Est-il permis aujourd'hui au chirurgien — sauf en cas d'urgence — d'entreprendre la thérapeutique d’une lésion inflammatoire osseuse, sans recourir auparavant à la lecture minutieuse du radiogramme qui, bien souvent, sera seul à lui fournir les éléments d’un diagnostic topographique précis, d'un pronostic raisonné et d'une ligne de conduite chirurgicale certaine ? Or, en
fait de mastoïdite, les conditions étiologiques qui régissent la lésion et, partant, les formes cliniques qui en découlent, sont particulièrement diverses ; la région anatomique sur laquelle elle évolue offre une extrème variabilité de structure dont dépendra pour beaucoup son mode d'extension. Les signes cliniques directs sont quelquefois, pendant longtemps, d'une pauvreté trompeuse : tout se passant, come on l’a dit, derrière ur mur qui fait le silence sur ce qu'il cache. Sans doute avons-nous, otologistes, dans le résultat de l'examen du conduit, une source de renseignements moins fallacieux que ceux donnés par l'exploration des téguments externes, mais renseignements indirects, done passibles d'erreur ou tout au moins d'insuffisance.
La radiographie; partout ailleurs, sait nous faire toucher du doigt ce qui pouvait paraître le plus inexplorable. Mais le peut-elle pour la région qui nous occupe ? Dans toutes les tentatives faites, on s'est heurté, comme il fallait le prévoir, à une difficulté technique considérable; que tout concourait à faire paraître insurmontable :
1° Encastrement du rocher dans l'étage moyen de la base du\crâne donnant aux images habituellement obtenues une superposition de lignes et d’ombres inextricables, si bien que la plupart du temps seule la partie toute externe de l’apophyse (saillie mastoïdienne) apparait à peu près clairement sur la plaque.
e° Nécessité pour les rayons de traverser une grosse masse encéphalique qui leur fait perdre une partie de leur netteté effective.
3° Structure complexe de l'os, creusé de toutes parts