‹ L'Exploration Radiologique de la Mastoïde et du RocherChapitre 7 sur 38 · LT PES · texte numérisé non relu

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diverses cavités de l'oreille, il peut affirmer que cette déformation est relativement minime (par exemple, raccourcissement de 2 millimètres dans la distance qui sépare le bord postérieur du conduit de la gouttière du sinus latéral).

La technique nécessite aussi la prise de l’autre mastoïide, dans des conditions de symétrie parfaite si l’on veut lui accorder une valeur comparative. Pour lui, du reste, chez le même individu, les structures des deux mastoïdes saines sont identiques.

Le second article nous fait part des résultats obtenus au point de vue clinique. En cas de mastoïdite, il classe ainsi les renseignements fournis par les rayons :

dé Simple trouble dans la transparence cellulaire (atteinte légère, les cellules contiennent de la sérosité) ;

2° Disparition de la netteté des contours cellulaires (atteinte osseuse) ;

3° Perte complète de la structure qui semble uniforme (nécrose totale) ;

4° Disparition cellulaire avec condensation osseuse (sclérose).

A son avis, cette image de sclérose mastoïdienne semble être la conséquence d’une atteinte ancienne ou chronique des cavités auditives, et il lui semblerait intéressant de savoir, dans le cas de mastoïde compacte, si l’on ne trouverait pas à l’origine, en l'espèce dans le jeune âge du sujet, une lésion suppurée de l'oreille. Il rapporte trois observations à l'appui de cette opinion.

Dans un autre ordre d'idées, LANGE insiste sur la valeur de l'examen radiologique en cas de réaction mastoidienne au cours des otites aiguës suppurées. Les cel-

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lules se montrent-elles seulement troubles, mais avec limites intercellulaires précises, c'est qu'il ne s'agit que de rétention séreuse ou purulente dans les cavités, mais sans atteinte du tissu osseux, et l'intervention, sur l'indication de laquelle le seul examen clinique pourrait laisser des doutes, est à éviter. Un cas rapporté est particulièrement net à cet égard : une otite aiguë avec réaction clinique mastoïdienne assez vive, est paracentésée à deux reprises à huit jours d'intervalle. Malgré cela, la céphalée persiste et l'exploration mastoïdienne est douloureuse. La radiographie montrant une intégrité de l'os, l'opération n'est pas pratiquée et la guérison complète de l’otite, survenue deux semaines après, confirme la valeur des renseignements fournis. L'examen ‘systématique aux rayons d’un grand nombre d’otites aiguës, même sans aucun symptôme mastoïdien, lui aurait montré que 50 % des cas dénotent une diminution de transparence des cavités mastoïdiennes du côté malade. Le fait n'est évidemment pas pour nous surprendre, attendu qu'il est généralement admis que l'otite aiguë suppurée s'accompagne presque toujours d’une participation de l'antre et des cellules à la suppuration, maïs la vérification de ces faits tirée de l’étude des radiogrammes prend une certaine valeur, étant donnée la grande extension que l’on peut donner aux recherches.

Si l’on ajoute à ces deux importants travaux l'étude que donna le même auteur sur l’application des procédés stéréoscopiques à l’exploration de la mastoïde, on voit la valeur que prennent ses recherches à une époque où les moyens techniques n’ont pas encore acquis le degré de perfectionnement qu’ils ont aujourd’hui: la plu-

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part des travaux faits consécutivernent par les auteurs anglais ou américains procèdent des règles techniques et des résultats qu’il a formulés.

- BIRKETT, à la British Medical Association de 1910, présente plusieurs épreuves mastoïdiennes où les lésions sont lisibles et où l’on peut délimiter le trajet du sinus latéral.

Aux réunions de la Société Royale de Médecine de Londres (session de juin 1912 et octobre 1913), plusieurs auteurs viennent apporter le résultat de leurs recherches.

BarKkLAY et MILLIGAN ont employé la radiographie dans tous les cas cliniquement douteux, suivant une technique qui n’apparaît pas clairement au cours de leur communication, maïs qui semble se rapprocher beaucoup de celle de LANGE (postéro-latérale oblique). Ils rapportent onze observations où la radiographie donna des renseignements confirmés par l'opération et insistent sur le fait que la méthode doit servir plus souvent à éliminer la présence de lésions mastoïdiennes qu’à apprécier leur degré, quand elles existent : avantage que l’on se plaît à reconnaître à toute exploration radiologique.

CHEATLE, au cours de la discussion, reconnaît la valeur de ces recherches, surtout en ce qui concerne la délimitation du type anatomique de mastoïde que le chirüurgien devra trépaner.

LOGAN-TURNER accorde une valeur clinique à la méthode, se basant sur les constatations de Becr (de Chicago) qui, sur 300 individus, trouva sur la plaque la similitude de structure mastoïdienne dans tous les cas, sauf un. Il cite à ce sujet une observation caractéris-

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tique : Un enfant, ayant une suppuration auriculaire depuis six mois, se plaint de douleurs mastoïdiennes avec température et œdème de la région. On intervient sans attendre le résultat de l'épreuve radiographique. Les cellules et l’antre se montrent sains, ce que confirme la lecture du radiogramme, faite après coup. D'autre part, il lui semble certain que les rayons peuvent donner d'importants renseignements dans les cas de mastoidite latente où manquent la plupart de ceux que l’on peut attendre de l’examen clinique. Il montre des clichés qui viennent à l’appui de sa communication.

A la session d'octobre 1913, BARKLAY et MILLIGAN annoncent qu'ils ont systématiquement passé aux rayons tous les cas de mastoïdite qui se sont présentés à leur service de Manchester. Le plus souvent les résultats ont été conformes à ceux de l'examen; cependant, plusieurs épreuves, en montrant des cellules claires et nettes, ont permis d'éviter l’opération. ;

On ne peut pas préciser, disent-ils, des détails de structure ou des lésions siégeant sur la partie pétreuse du temporal.

STEWART (1913) eut, dans ses recherches, un but surtout anatomique. Il put établir: que déjà au-dessous de 2 ans il y a des cellules mastoïdiennes bien formées, mais que jusqu’à 10 ans le développement de ces cellules varie considérablement selon les sujets. Dans la majorité des cas (85 %) les deux mastoïdes, chez le même individu, sont de structure identique. Mais il peut y avoir des différences très marquées. Enfin, la radiographie lui fit déceler, en cas d’os pneumatique, la présence fréquente de cellules en arrière du sinus, dans l'os occipital

ot dans la portion squameuse du temporal ou dans la ra-

cine du zygoma.

Les travaux de PrRte HowarD n’apportent pas de faits nouveaux (1912).

SONNENKALB (1914) adopte une technique à peu près semblable à celle de S. LaNGe (prise postéro-latérale oblique) et aboutit par ses recherches à des conclusions analogues, notamment en ce qui concerne l'influence causale des suppurations chroniques de l'oreille moyenne sur l’évolution scléreuse de l’6s.

Pendant les années qui suivent, ces divers procédés techniques sont utilisés pour la recherche des corps étrangers ou des lésions traumatiques de la région. Les blessures de guerre fournissent un large champ d'action et accaparent l’attention.

CLEATON et PFAHLER parviennent à dévoiler sur la plaque une fracture limitée de la portion pétreuse du temporal (1915).

PERUSSIA fait une étude radiologique des fractures de la base du crâne (1916).

STEWART et LUCKETT (1915) emploient une technique qui se rapproche de celle décrite récemment par HIRTZ et que nous étudierons, et qui leur permet une vue étalée de toute la base du crâne.

En Allemagne et én Autriche les publications abondent sur ce sujet.

En France, nous trouvons à signaler deux articles de VILLANDRE (1916) avec schéma, relatifs à la lecture des radiographies du crâne et de la face. Pour ce qui nous intéresse, l’auteur ne propose que les deux techniques classiques, symétriques: postéro-antérieure et transver-

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sale, qui lui permettent d'isoler, dans la première, le bord supérieur du rocher et même certains détails: conduit auditif interne, trou déchiré postérieur, caïsse, cellules mastoïdiennes et, dans la prise transversale, le sinus latéral dans sa partie descendante.

Grâce à la précision des résultats fournis par M. ARr- CELIN, M. le Professeur LANNOIS attira à plusieurs reprises l'attention des chirurgiens sur les services que pouvait rendre la radiographie pour la localisation des projectiles de la région mastoïdienne, soït à la Société médico-militaire de la XIV® région, soit dans un mémoire (LANNOIS et SARGNON) paru dans les Annales d’otologie 1914-1915. M. ARCELIN publia en 1916 une étude détaillée de ces résultats radiographiques qu'il illustra de 13 planches au trait. Notons que M. ARCELIN est encore à ce moment à la période de tâtonnement technique. La localisation d’un projectile nécessitant, là comme ailleurs, l'emploi de deux épreuves permettant un recoupement, il utilise là prise transversale symétrique, tout en reconnaissant qu’elle ne permet pas toujours une lecture claire du cliché (superposition des deux mastoïdes), et une prise postéro-antérieure légèrement oblique, grâce à jaquelle il peut isoler l’image mastoïdienne de celle de la branche montante du maxillaire inférieur. Voici deux des observations prises au hasard et les reproductions des planches qui s’y rapportent :

OBSERVATION I Eclat d’obus mastoide gauche.

Epreuve de face, tête légèrement tournée à droite ; éclat assez volumineux en superposition avec l'ombre du rocher, à 145 millimètres en dedans de la surface externe du temporal

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