‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 24 sur 64 · FOUDRES ET FUTAILLES · texte numérisé non relu

FOUDRES ET FUTAILLES

Nous avons passé, à plusieurs reprises différentes, quelques minutes en contemplation devant les magnifiques tonneaux qui formaient la 21"^ section ; ils nous rappelaient le fameux tonneau de Heidelberg, de classique mémoire chez les buveurs d'outre-Rhin. Ils avaient quelque chose de rabelaisien dans leurs formes, et nous aurions voulu les voir surmontés de ces vieux hanaps du moyen-âge que les robustes paladins vidaient d'un trait et dont le contenu foudroierait nos buveurs modernes, habitués aux verres mousseline.

Cîes foudres étaient tous très bien faits et font honneur à la tonnellerie algérienne ; il y en avait un, • entre autres, sur toute la surface duquel on n'aurait pu trouver la trace d'un coup de doloire ; on l'eût dit fait au tour ; pas le moindre méplat ne s'apercevait sur son ample rotondité.

Cette section comprenait quatre exposants algériens . — M. David Alexandre, d'Alger ; MM. David frères, de Mustapha ; MM. Gay et fils, de St-Eugène ; et enfin M. Lasalle. de Mustapha.

M. Legré, de Saumur (France), avait envoyé de son côté une collection de petits barils fort bienfaits, mais qui sont des vases portatifs pour les usages des champs et non des tonneaux.

Les foudres dont nous venons de parler sont faits les uns avec des bois de Bourgogne, les autres avec des bois de Russie. Nous eussions préféré voir l'em^ ploi des bois d'Algérie, et nous espérons que lorsque le développement, chaque jour plus rapide dé la vigne,

donnera une plus grande importance à la tonnellerie , celle-ci n'ira pas chercher ses bois à l'étranger ni même en France, puisque les forêts d& tout le littoral contiennent des chênes excellents pour cette industrie. L'eucalyptj^s même, comme on le verra plus loin, paraît très propre à cet usage.

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