‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 25 sur 64 · BASCULES ET ROMAINES · texte numérisé non relu

BASCULES ET ROMAINES

M. Arnaud, balancier à Crest (Drôme), a fait exposer une romaine qui n'est pas sans mérite, mais nous sommes heureux de constater que dans cette section Alger remporte tellement que, partout où M. Subra, le balancier émérite de la rue Jénina, eût exposé les objets de sa fabrication, la première place lui eût été acquise sans contestation possible.

Sa bascule est un type de précision : elle pèse jusqu'à 1000 kilogrammes sans le secours d'aucun poids en donnant la fraction de 100 grammes avec la justesse d'une balance de marchand de diamants- ; sa sensibilité est de 3 décigrammes par kilogramme ; un petit curseur supplémentaire peut môme donner les fractions de 25 grammes ; cependant, Tensemble a toute la solidité exigée pour un appareil devant porter 1000 kilogrammes.

Le fléau suspendu au poteau est un curieux échantillon d'ajustement; il pèse 72 kil., et, sous son apparence grossière, il est assez sensible pour qu'une feuille de papier, posée sur un des poids de 20 kil. accrochés à l'extrémité de ses bras, le fasse incliner sensiblement.

Par exemple, les marchands peu délicats ne feront pas une clientèle à M. Subra, car sa romaine à curseur garantit contre la fraude, et nous espérons bien lavoir un jour imposée dans les marchés publics, où elle ne fera pas le bonheur des industriels habitués à tricher sur le poids.

Ce curseur porte l'énoncé de son poids gravé sous, la poire, et pour qu'on ne puisse ni mettre, ni retirer

de la matière à Tintérieur pour ea augmenter ou ea diminuer le poids, suivant qu'oa achète ou qu'on vend, Porifice en est fermé par un boulon qui porte sur son pas une vis rivé^ complémentaire en cuivre marquée sur sa tête du poinçon de la garantie, eu sorte qu'on ne peut rien y changer sans éveillei' le soupçon, et la vérification est facile puisqu'il n'y a qu'à peser le curseur pours'assurer si son poids est bien celui indiqué.

On devrait nommer M. Subra fournisseur de la Justice. Ses balances sont dignes., par leur précision, de remplacer celles de la pauvre vieille Théniis dont ies côuteaiix doivent commencer à s'user.

babates, f0b©es portatives, ustensiles d'intérieur.

Pour les fermières, comme pour les gourmets, la -question du beurre* est une grosse affaire ; revenu pour les unes, satisfaction du palais pour les autres. — A la ferme, on tient à faire le beurre vite, et cependant à le faire bon pour le vendre plus cher.

Les barates horizontales ou verticales sont toujours des cylindres dans lesquels une manivelle met en mouvement un système de palettes qui battent la crème pour la convertir en- beurre.

M. de Bichemont, de Baba- Ali, avait exposé une barate bretonne.

M. Riudavetz, d'Alger, un modèle de barate qui lui appartient.

C'est l'usage seul qui peut dire aux intéressés les avantages de qes divers ustensiles.

Les forges portatives, si utiles dans les campagnes pour toutes les réparations journalières de l'outillage, nous ont paru réunir chez tous les exposants des qualités de solidité, de légèreté et^de ventilation. Nous avons remarqué surtout celle de MM. Caillât et Cie, d'Alger, et la forge roulante avec caisse à outils de MM. Fauché et Cie, de France.

Tous les ustensiles qui servent aux besoins jour

^aaliers d'une ferme (m d'une famille étaient fort bien représentés à l'Exposition par les fabricants alg-éiiens.

MM, Castellano et Uzac père, d'Alger, exhibaient également des échantillons de tamis en toiles métalliques en crin ou en soie pour tous les usages.

M. Amet, d'Alger, avait une collection de baignoires en zinc et d'appareils à douches fort appréciables dans ce pays si fortement caressé par le soleil.

Nous devons une mention spéciale à M. Riudavets, d'Alger, pour son rafraichissoir à eau et à bière qui sera un bienfeit pour les habitants de l'Algérie, lorsque la facilité de son emploi l'aura fait pénétrer dans les familles. — La ferblanterie du môme fabricant était irréprochable.

Nous citerons encore MM. Ruquet, de Mustapha ; Laramée, d'Alger, pour leurs, divers ustensiles de ménage. MM. Limozinet Cie, fto^^ir Jeur fuges en fonte, leurs diverses lessive^^ses et l^^ur collection d'ustensiles d'intérieur.

La Suisse avait envoyé des fourneaux-cuisines chauffés au pétrole, tçès répandus en. Angleterre et en# Allemagne où nous avons eja occasion d'en voir dans plusieurs famill^. Dans les campagnes surtout, ces fourneaux Sunt appçlés à rendre de grands services, car une fois bleu réglés, leur marche r^ulière peut permettre à la ménagère de vaquer à ses occupations sans se .préoccuper de la cuisine qui se fait en quelque sorte toute seule. Leur consommation est insignifiante, comparée au charbon où au bois ; ils ne donnent ni fumée, ni odeur, n'offrent aucun danger ; leur mise en action est instantanée ; ils sont d'une irréprochable propreté. Il y avait 12 types différents dbnt la fabrication soignée était surtout remarquable. Us étaient exposés par M. Laval, transitaire à Alger, qui en est dépositaire.

M. Marcel Pochet avait exposé de beaux spécimens des meules de la Ferté, si renommées dauâ toute la meunerie française et qui s'exportent par le mo^de eutier.

La maréchalerie avait aussi ses représentants dan» cette section : — M. Caaalla, de Mustapha ; M. Pradal, d'Ager, exposaient divers modèles de fers pour chevaux. — M. Charlier, de Paris, avait envoyé ses modèles de ferrures qui ont valu à leur auteur la . réputation . dont il jouit justement dans tout le monde hippique européen.

Nous terminerons cette section, en a^ppelant Tattention sur la pâte préservatrice pour désincruster les chaudières, exposée par M. Malière, dô Bône ; des attestations dignes de foi nous ont affirmé son efficacité; elle intéresse tous ceux qui vivent en contact avec les machines à vapeur.

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