‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 27 sur 64 · VOITURES ET BROUETTES · texte numérisé non relu

VOITURES ET BROUETTES

Nous avons longtemps cherché, mais sans pouvoir nous en rendre compte, le motif qui a poussé la Commission de classification à ranger sous une môme étiquette les brouettes, ret accessoire indispensable du terrassier et du cultivateur, et les voitures de hixe. Est-ce parce que les unes et les autres roulent, ou bien pour faire songer les riches du jour à l'instabilité de la fortune que la fable nous représente éternellement en équilibre sur une roue ? Nous laissons au lecteur le j»oin de décider.

Quoi qu'il en soit, l'Exposition de carrosserie de MM. Bressy frères, d'Alger, était vraiment remarquable, non seulement par Télégance des voitures et leur apparence de comfortet de solidité, mais surtout ])ar les innovations et les soins intelligents apporté» vdans la construction des trains et des caisses.

La voiture dite Sylphide à parasol est un type que Ton dirait sorti des meilleurs ateliers de Londres ou de Paris. Les sièges d'ayant et d'arrière se transforment, ou, pour mieux dire, se suppriment à volonté; le cocher devient valet de pied et réciproquement, suivant que le maître vent se laisser bercer mollement aux douceurs de ses huit-ressorts en admtrant la nature, ou faire Tautomédon et conduire lui-môme son attelage. Ce* transformations ne nuisent en rien à l'ensemble de la voiture et n'en compromettent nullement la solidité.

Dans Tavant-train, le bois a été entièrement supprimé, et c'est une heureuse innovation en ce pays où les grandes sécheresses font fendre les meilleurs bois, surtout quand ils sont, comme cela se fait dans la carrosserie, assemblés sur des bandelettes de fer dont la dilatation ou le retrait ajoute encore aux causes de dislocation causées par les transitions brusques de l'humidité au grand sec.

La cheville ouvrière se meut au centre de deux disques en fer, fort légers, très solides, qui offrent une stabilité complète et dégagent la suspension en lui donnant à Toeil une bien plus grande légèreté que les avant-trains en bois et fer combinés.

De même dans la construction des caisses, MM. Bressy frères se sont écartés des vieilles traditions qui ont cours dans le Nord ; — ils ont fait de la carrosserie pour l'Algérie, appropriée à son climat, à son atmosphère si variable ; ils ne font pas de bâtis, évitent les superpositions de bois, les nombreux assemblages et surtout les collages, et arrivent à faire d'un seul morceau, avec des bois choisis, des panneaux qui résistent admirablement au grand et chaud soleil de juillet, comme aux brouillards tièdesde décembre ou de février.

Binder et Erlher n'ont plus guère de chances commerciales en Algérie : c est la réflexion que chacun faisait en quittant la belle 'exhibition de MM. Bressy frères.

Quant aux brouettes, les modèles à se; exposé^ pir It. Bernard père, et ceux en fer sortant des ateliers de

MM. Eybert <Pont-St-Eflppit) et Deker et Mot eont depuis trop longftemps appréciés pour que nous fassions autre chose que d'en signaler la présence.

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