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UCHINB8 ET INVENTIONS DIVERSES

Dans cette section, que n'avait pas prévu le program- 91e primitif^ Français, Algériens et môme Étrangers ont fait assaut d'esprit inventif; et si, en ce qui touche les machines métropolitaines^ nous n*avons pas eu la primeur d'applications industrielles nouvelles, l'Exposition du mois d'avril dernier a du moins offert à notre population l'occasion d'apprécier bien des découvertes ingénieuses jusqu'ici généralement ignorées.

Après avoir signalé, sans entrer dans de longs détails, les tubes fondus en partie avec des minerais algériens, les briques réfractaires de la Société métallurgique des usines du Périgord et le chauffe-vin à chauffage méthodique de M. Vigoureux, de Nîmes, nous appellerons notamment l'attention sur les instruments et machines suivants qui nous semblent appelés à jouer un rôle important dans la fabrication algérienne.

Machine à découper les boicchons. — Une machine, devant laquelle le public s'est toujours arrêté avec curiosité, est celle de M""* V^® Derbuel, de Marseille, destinée à fabriquer des bouchons. C'est une heureuse importation dans la Colonie où l'industrie du liège est si importante, Cdr en fabricant dans le pays, on évite le transport des déchets et on occupe des bras sur place, ce qui est un double avantage.

Cette machine ingénieuse, dont le mécanisme se comprend à première vue, peut produire entre le» mains d'un homme exercé cinq mille bouchons par jour, c'est-rà-dire autant que quatre bons ouvriers. Son apprentissage ne nécessite que peu de temps ; des femmes peuvent parfaitement la conduire ; elle conserve aux carrés de liège toute la grosseur qu'ils peuvent avoir, comme elle peut les réduire jusqu'à, ce qu ils aient rendu toute la quotité possible..

Aussi' eât-ce arec' empressement que M. Hamoud s'est rendu acquéreur du modèle qui figurait à l'Exposition, donnant ainsi un exemple qui sera suivi pat toU3 ceux qui exploitent lesforêta de liège, ou dont le commerce nécessite l'emploi d'une grande quantité de bouchon».

Le succègf de cetle machine ne sera pas moins grand en Algérie, où elle paraissait pour la première fois; ^u'en France, en Italie et en Espagne où de nombreux fabricants l'ont déjà mise en oeuvre.

Machine à casser les amandes. — La machiné à. casser les amandes envoyée par M. Lobîn, d^Aix, est très ingénieuse. La façon dont les amandes s'engagent dans des gaînes coniques où, quelle que soit leur grosseur, elles se présentent sur champ sous le coup d'une sorte de marteau qui se meut horizontalement, est d'une combinaison fort intelligente ; il n'y a pas d'écrasement possible. Cette machiné peut se mouvoir par l'action des bras et par celle de la vapeur ; un enfant de 13 à 14 ans peut, dans une journée, casser 250 kilogrammes d amandes en coques.

Les ateliers de constructions mécaniques et fonderie de la maison Lobin fils comptent parmi les plu» remar-^ quables de la région provençale ; il s'y construit des locomobiles, des pompes, des turbines, des moulins et du matériel complet pour entrepreneurs de chemin de fer. Nous regrettons que cette Maison n'ait pas jugé à propos d'envoyer une collection variée de ses machines* elle eût peut-être jeté en Algérie le» bases de grandes relations commerciales.

Hachoir malaxeur, — Le hachoir malaxeur à couteaux mobiles inventé par M . Sénamaud, de Bordeaux , est aussi une excellente importation. D'un prix peu élevé, d'un entretien facile, son usage s'impose non seulement à certaines spécialités, telles que charcutiers, cuisiniers, confiseuts, fabricants de conserves alimentaires et aux établissements publics, collèges, hôpitaux, lycées, séminaires, etc., mais encore aux maisons bourgeoises dans lesquelles on doit préparer les reipas

(}^otidien3 pour un certain nombre de bouches. En un instant les viandes ou les légumes introduit^ dans cet appareil sont triturés, hachés à la grctsseur désirée sans effort,: sans fatigue pour l'opérateur, et ce n'est pas sans durprise qu'on les voit quelques minutes après leur introduction dans l'orifice supérieur, disposé en forme d'entonnoir, ressortir par l'extrémité inférieure littéralement réduits en chair à saucisses.

Une mention est due aussi dans pette catégorie à la petite machine inventée par M, Rabouel, cultivateur k Dely-Ibrahim, pour débiter les légumes.

Machines à coudre. — La machine à coudre a passé dans nos mœurs. Non seulement les couturières, les tailleurs et tous ceux ou celles qui emploient une aiguille et du fil par état et pour gagner leur vie, se sont faits à son usage, mais elle a pénétré dans les familles où elle tient souvent une place d'honneur à côté du piano obligatoire.

Deux exposants algériens représentaient les machines à coudre : — M. Bord, le système Elias Howe, M"*® Petit de Lavieuville^ le système Wheler et Wilson. Nous ne noua arrêterons qu'à ce dernier qui nous paraît réunir tous les perfectionnements que lexpérience et le temps ont apportés à ces coquets et utiles instruments, et qui se résume ainsi: — Point indécousable à double piqûre ; vitesse dépassant de moitié celle dé toutes les machines à navette de va-et-vient ; mouvement doux sans bruit ni fatigue; simplicité, solidité et précision du mécanisme; emploi pour toutes espèces de tissus,, depuis la mousseline jusqu'à la plus forte toile, depuis la soierie jusqu'au gros drap.

Quelques-unes de ces machines sont enfermées dans une élégante caisse formant meuble, ce qui leur permet dejjgurer dans le plus aristocratique boudoir.

La fabrication annuelle de Wheler et Wilson atteint le chiffre de 176.088 machines ; c'est le plus bel éloge qu'on en puisse faire, c'est la consécration de leur utilité pratique, la sanction de la vaLeur et de la supériorité de ce système.

Appareil d'induction électrique. — Ce n est pas «ans un certain étonnement que Ton a yu la Commission se déclarer incompétente pour appréciier l'appareil d'induction électrique exposé et inventé par M. Martin Ziégler. Toutefois, quand ou songe qu'il s'agit là d'uûê découverte ayant pour but de substituer aux agents médicamentaux connus un fluide nouveau baptisé par l'auteur du nom à'Atonicité, la surprise diminue et on comprend la réserve de membres dont aucun n'appartenait au corps médical. Depuis la clôture de l'Exposition, le soin d'étudier cet appareil et les services qu'il peut rendre à la science et à l'humanité a été confié aux médecins traitants de l'hôpital d'Alger, circonstance qui nous impose à nous-mêmes la plus grande réserve. Néanmoins, nous pouvons dès à présent dire que des premiers résultats, qui appellent une sérieuse attention du monde médical, ont été obtenus dans le traitement de plusieurs cas de fièvres paludéennes rebelles à l'action du sulfate de quinine.

Inutile d'insister sur l'importance qu'aurait enÂlgé-^ rie la découverte de M. Martin Ziégler, si une expérimentation suivie vient confirmer les espérances qu'ont fait naître les expériences déjà faites.

Parmi les Algériens, nous aurons de plus nombreuses citations à faire, car la plupart des inventions que nous allons succintement examiner ont été surtout inspirées par des besoins urgents qui réclamaient prompte satisfaction et aue pouvaient seuls donner des hommes connaissant à fond le pays et les nécessités exceptionnelles auxquelles ils avaient à faire face.

Appareil protecteur des fermes. ' — L*appareil Léard était inscrit au catalogue sous la dénomination de : Système électro-mécanique pour préserver les fermes. Nous n'entrerons pas dans sa description technique, nous en constaterons seulement les effets.

Un fil métallique continu, entourant tous les bâtiments et clôtures d'une ferme ou d'une habitation quelconque, correspond à uue 3oiiMri© électrique placée ,

dans la chambre du maître. Un malfaiteur vient-il k escalader la clôture ou à forcer une porte, il rencontre forcément ce fil ; s'il le touche, la sonnerie se met en mouvement et annonce à l'intérieur cette visite insolite. Mais, objecte-on à première vue, le voleur coupera le fil ; alors c'est bien pire eûcore: la sonnerie ne s*arrôte plus, elle exécute un carillon ctésordonné jusqu'à ce qu'on vienne y mettre fin en supprimant le contact des éléments. — Qu'on entre ou qu'on sorte, hôtes ou gens, autre part que par la porte réservée, l'avertisseur fait inexorablement son devoir*

La tension des fils a lieu par un rappel fort simple : une tournée faite le soir avant le cou^îher suffit pour mettre l'appareil en sensibilité ; c'est une sentinelle qui ne s'endort pas, qui est à l'abri de toute corruption. On peut l'appliquer à tous les tiroirs des meubles avec la même facilité, en sorte qu'un voleur, fùt-il même parvenu à s'introduire pendant le jour et à se cacher dans la maison, serait découvert à la première tentative qu'il ferait pour se livrer à ses opérations.

L'appareil Léard est précieux pour les colons isolés ; il est si peu coûteux, d'une application si facile partout, que nous pouvons lui prédire un grand succès en Algérie.

Appareil contreies criquets. — M. Durand, vétérinaire militaire, directeur de la ferme de Ben-Chicao, a exposé un appareil qui donne la solution d'une question de premier ordre : — ► la destruction des sauterelles (criquets) par un moyen aussi simple dans son applica1;ion que radical dans ses effets.

La vue seule de cet appareil en indique le mécanisme. Une roulette métallique se développant comme une chaîne d'arpenteur, de légers piquets et une bande de coton renforcée par deux sangles forment tout le système. Chaque rouleau, pris isolément, mesure 100 mètres et se transporte comme un sac de soldat dont il a à peu près la forme et les dimensions.

Placé de front et perpendiciilairement à la ligne d'invasion des criquets, cet appareil leur barre le

chemin de la façon la plus absolue, et lés amène àî se précipiter dans une série de bassins pratiqués à la hâte, en retour sur la ligne de défense, où ils viennent s'enfouir spontanément. La sortie de ces bassins est elle-même rendue impossible par des bandes semblables; il ne reste plus alors qu'à détruire ces animaux, soit en les brûlant, soit de toute autre feçon.

D'après les chiffres présentés par M. Durand, l'appareil complet revient à 0.5U centimes le mètre courant, et les sauterelles enfouies diaprés son procédé occasionneraient une dépense approximative de 1 fr. la tonne.

Quant aux considérations subsidiaires sur l'emploi des sauterelles mortes, soit qu'on les utilise en en tirant du sulfate d'ammoniaque, ce qui nous paraît difficile pratiquement malgré le prix élevé de ce produit chimique, soit qu'on en f^se de l'appât pour la pêche de la sardine ou simplement de l'engrais, ce qui est le plus simple, nous ne nous y arrêterons pas. — Le principal, c'est qu'un cultivateur^ menacé par l'invasion de ces terribles locustes, puisse promptement réunir son monde et opposer une barrière à leurs colonnes dévastatrices ; nous croyons que M. Durand a parfaitement atteint ce but, et, à ce titre seulement, son invention est déjà un bienfait pour l'Algérie.

Pétrins mécaniques. — La fabrication du pain est une de celles qui intéressent tout le monde ; elle est très fatiguante pour ceux qui s'y livrent ; l'opération du pétrissage surtout est fort pénible.. Bien des systèmes de pétrins mécaniques ont été essayés ; ils n'ont donné de bons résultats que dans les établissements oh on: opère sur une grande échelle, comme les manutentions militaires, ou les boulangeries civiles qui fournissent les hôpitaux et autres maisons où la consommation se fait journellement par grandes quantités.

, Un mécanicien algérien, M. Guibert, de Mustapha, a exposé des pétrins de soq invention qui paraissent jMitisfeire à toutes les exigences de ce genre de manipulations ; ils se manoeuvrent ^ braâ>. et k tïituratioa de

la pâte s'y fait d'une façon complète, bien plus homogrène que par la main de l'homme. Ces pétrins seront employés avec succès non seulement dans les boulangeriesy mais surtout dans les fermes où ils assureront^ avec une économie réelle dans la main-d'œuvre, une panification régulière, et, ce qui est à considérer, une propreté à laquelle on n'arrive pas toujours par lei procédés ordinaires.

Fumirapte Riquier. — M. Riquier, quincaillier à Alger, avait dressé le long des clôtures de l'Exposition une cheminée surmontée d'un appareil destiné à en assurer le tirage. Les expériences faites en ont démontré l'efficacité : ij est peu coûteux, peut s'adapter indistinctement h tous les conduits, n'est nullement disgracieux et supprime dans les habitations cet horripilant supplice qu'on appelle : une cheminée qui fume.

Ignifère incombustible. — Cet appareil d'éclairage, inventé par M. Portier, est destiné à l'éclairage de tous les chantiers, des fouilles et transports de ballast, des réparations de voies ferrées, des embarquements, débarquements et ouvrages qui ne se peuvent faire de jour dans les ports et dans les bassins de radoub aux navires qui s'y réparent; il a, de plus, l'avantage de permettre à MM. les Ingénieurs de vérifier le degré d*avanqgment des maçonneries sous l'eau jusqu'à 5 mètres de profondeur.

Un seul de ces appareils éclaire trois cents mètres de superficie, de façon à pouvoir y travailler sur tous les points. Monté sur une simple brouette, il se transporte à volonté d'une place à une autre, sans cesser de fonctionner un seul moment. Une disposition spéciale assure à sa lumière une projection verticale, qui permet de l'élever sans qu'elle perde rien de son pouvoir éclairant, plus puissant que celui des torches, pots & feu et matières résineuses qui s^emploient encore pour les travaux de nuit. Une fois allumé, il n*est plus exposé à s'éteindre, sa lumière résiste au vent le plus fort, à la pluie la plui violente.

Enfermé dans une caisse légère qui contient tout es

qui «st nécessaire pous s'en servir, cet appareil fort simple se monte en trois minutes, soit comme il a été dit sur une brouette, soit sur Tavant d*un bateau, soit même sur le Bol,etde quelque façon qu'on le place il se. trouve toujours en équilibre. Un réservoir de pétrole contenu dans la. caisse d'emballage lui assure une nuit de service ; avec cette caisse garnie en magasin, on peut avoir toujours sous la main un appareil prêt ^ fonctionner une nuit entière.

Denx de ces appareils, placés en regard à 40 mètres l'un de Tautre, permettent d'éclairer parfaitement une superficie de 800 mètres, avec une dépense de 1 fr. 50 à Ifr. 75 par heure, soit deux litres de pétrole ou d'huile minérale environ par bec et par heure.

Mesure-rations-Rattier. — Quoique placé peu en évidence, \e Mesure-rations-Rattier, destiné à la mensuration des grains affectés à Talimemation dei animaux, réclame notre attention. .

Cet appareil, en usage déjà depuis plusieurs mois au palais de Mustapha, et qui a mérité à son inventeur une approbation complète de M. le vétérinaire en l*' Tixier, a été employé avec le plus grand succès par l'adjudicataire des fournitures de rations aux animaux exposés.

La simplicité, le mode de fonctionnement de cet appareil, dit M, Tixier, ne laissent rien à désirer ; avec lui pas de déperdition, jo/t/5 de fraude et mensuration exacte de la ration des animaux.

Nous ne pouvons donc que nous associer au vœu exprimé par cet honorable praticien pour qu'il soit mis en usage dans les corps de cavalerie et les étabHssements possédant un certain nombre de chevaux.

M. Rattier, nous sommes heureux de le constater, a en effet rendu commodes, efficaces, et surtout pratiques, le contrôle et la surveillance jusqné là si difficiles des approvisonnements destinés aux animaux, service immense que ne peuvent méconnaître les possesseurs de chevaux, simples particuliers. Administrations, Compagnies industrielles, çhe£s de corps de troupes à

cheval, qui, souvent, assistaient au dépérissement anticipé, et Bans cause apparente^ d'animaux représentant pour eux, dans des proportions variables mais réelles, un certain capital et des moyens d'action plus ou moins importants, plus ou moins indispensables^ mais toujours précieux à un titre quelconque.

Avec le Mesure-tations-Rattier , tel surtout qu'il vient d'être perfectionné par l'inventeur, aujourd'hui breveté, la sécurité est absolue.

L'appareil se fixe dans l'écurie même de manière à se trouver immédiatement au-dessous du coffre-magasin contenant l'approvisionnement général de» grains. Le coffre, fermant à clef, a été établi soit à une certaine hauteur dans Técurie môme, soit dans une pièce située au-dessus. Comme pièce principale, le Mesure-rations comporte : 1° une boîte fixe dans laquelle se meut, au moyen d'une n>anivelle, un cylindre mesureur, qui, après avoir reçu les grains à distribuer, lesreverse dans un récipient quelconque, musette, etc. , que l'on tient au-dessous de l'orifice au moment de la distribution ; 2* un compteur qui enregistre la quantité de ^rations délivrées ; enfin 3*^ un nettoyeur qui le surmonte, et dont le but est de débarrasser automatiquement les grains, avant leur arrivée dans le Mesure-rations^ de toutes les matières étrangères.

L'appareil est d'ailleurs misa l'abri de tout fonctionnement étranger qui pourrait être tenté en dehors de la présence de la personne préposée à la délivrance des rations, car un cadenas retient la manivelle prisonnière à la boîte môme du cylindre, dont les dispositions intérieures sont telles, qu'au moment où une ration arrive par suite de la demi-révolution que la noianivelleluiafait subir dans le récipient, une autre fationse trouve emmagasinée dans le compartiment. On évite ainsi toute perte de temps et on obtient une distribution régulière, chaque compartiment de cylindre ayant une capacité absolue et exacte de deux litres^ ration ordinaire.

Par le compteur, on sait instantanément le chiffre des rations délivrées ; ses cadrans étant à Tàbri de

tout attouchement extérieur ; chaque chiffre accusé est conservé intact, et deux ressorts indépendants placés, Tun sous la manivelle, l'autre dans le compteur même, s'opposent h toute marche rétrograde.

D'un autre cpté, le nettoyeur situé entre le réservoir et le mesure-rations assure Tarrivée des grains dans un état parfait de nettoyage : inutile de développer les conséquences de cette dernière opération. La description sommaire que nous venons de faire de cet appareil permet de se rendre compte qu'il répond aux trois desiderata poursuivis par M. Rattier: 1° Mesurage rapide et exact des rations à délivrer ; 2* Inscriptio n par le compteur du nombre de rations délivrées ; 3« Nettoyage des grains.

Le triple problème poursuivi, est complètement résolu.

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