‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 33 sur 64 · MIEL ET CIRE · texte numérisé non relu

MIEL ET CIRE

»Le miel n'était représenté que par deux échantillons, Tun indigène, Tautre récolté dans la ferme ïoumier. Quant à la cire, plusieurs gâteaux ont été exposés par les Arabes des cercles d'Orléansville et de Miliana. Diaprés les indications fournies par les producteurs, cette denrée vîmdrait 4 fr. le kilogramme.*

Ceci ,dit, nous pouvons exprimer avec d- autant plus de raison le regret de voir les. cultivateurs français dédaigner les bénéfices certains que leur procurerait l'apiculture, qu'ils, peuvent désormais trouver sur place l'écoulement de leur cire, grâce à rinstallation,.à Alger, d'une fabrique déjà importante créée depuis peu par deux jeunes industriels algériens MM. Bénetet Parodi, lesquels promettent aussi de faire bientôt concurrence àl'industrie qui a le plus contribué dans le passé, à la fortune de la grande cité marseillaise : — la savonnerie.

Des essais, malheureux dans leur conséquence commerciale, avaient été tentés déjà à Alger ; mais en industrie comme à la guerre, ceux qui succombent ont fait le chemin aux jeunes, aux survivants; ils laissent au moins après eux un enseignement qui profite aux autres. C'est ce qui a été compris par MM. Bénet et Parodi, qui se sont dit: — Puisqu'il y a en Algérie toutes les matières premières nécessaires pour faire

da bon savon, il est inutile qu'elle reste tributaire de la métropole pour ce produit de nécessité première. Comme tous les jeunes gens, ils se sont mis avec ardeur au travail, étudiant les procédés nouveaux, cherchant loA meilleures matières, les installations perfectionnées, et ils sont arrivés à un résultat qui doit frapper le commerce algérien.

C'est à Taide de la vapeur, avec des matières pre^ . mières spéciales à T Algérie, que les divers i)roduits qu'ilslivrent au commerce sont fabriqués. — Les cire», qu'ils blanchissent eux-mêmes, proviennent de la Kabylie aiQsi que les huiles qui entrent dans la fabrication des savons si bien réussis que nous avons pu remarquer à l'Exposition ; les parfums qui entrent dans les savonnettes sont composés avec des essences du pays, provenant de Boufarik et de Chéragas. Enfin, les potasses employées sont produites par l'incinération des broussailles des environs.

Le blanchiment des cires, la confection des cierges en cire pure ou mélangée, et des cierges indigènes colorés, ont déjà valu à cette maison qui en est à ses débuts, une médaille à TExposition de Lyon.

D'autre part, il est constant que les fleurs innombrables des eucalyptus dont se couvre l'Algérie, grâce à l'initiative et au zèle infatigable de M. Ramel, peuvent fournir aux abeilles une nourriture d'autant plus recherchée par elles, que la floraison de ces arbres providentiels a lieu précisément au moment où le reste de la nature se repose, c'est-à-dire à la fin de l'automne et pendant Thiver.

Dès 1864, M, Ramel signalait ce fait, fruit de ses observations, à M. Mercier-Lacombe, alors Directeur des affaires civiles. Dans une note qui fut insérée au Moniteur de U Algérie (décembre 1864), note basée sur les expériences faites à Melboijrne par M. Templeton, il indiquait aussi la race des,abeil!es liguriennes comme susceptible d'être acclimatée avec grand profit en Algérie en raison de son incroyable fécondité.

Nous ne savons s'il a été tenu compte de cette dernière indication, mais les abeilles algériennes s 3

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sont chargées de démontrer elleà-raèmea lef goM qu'elles ont pour les fleura d'eucalyptus. A la fia du mois de décembre dernier, M. Ramel constatait de visu que des abeilles, en quantité* innombrables, avait élu domicile sur un magnifique eucalyptuij convèrt de fleurs, dépendant de la propriété de M. Cordîer,. et qu'elles y récoltaient une abondante moisson de cire et de miel.

L'écoulement de ces dedx produit» h d&B prix trèâ rémunérateurs étant assuré, le cultivateur européen doit sérieusement songer à ne pas laisser plus longtemps aux indigÀ^îies le monopole de l'apiculture.

Trois modèles de ruche ont été exposés : le premier en paille, par la ferme ïournier ; le second en ciment et sable^ par M. Brunet, maçon à Alger; le troisième en boiSy par M. Brincat, propriétaire à Alger.

Ce derniefr modèle j formé de lattes mobiles, aurait, s'il faut en croire l'inventeur qui l'a expérimenté, le grand avantage de permettre de changer^ toutes le» fois que k chose est nécessaire, telle ou telle partie de la ruche sans troubler les abeilles dans leur travail, et de leur procurer par suite un logement toujours propre . et salubre, résultat que Ton ne peut obtenir avec les autres S3''stèmeî^ de ruche ; elles doivent eq effet être remplacées tous les deux ans, lorsque l'on tient à avoir ime cire de belle apparence, non piquée de taches noires, et un miel exempt du mauvais goût que lui communique le voisinage des vieux couvains.

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