‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 45 sur 64 · LISTE DES PRIX DÉCERNÉS · texte numérisé non relu

LISTE DES PRIX DÉCERNÉS

Nous ne voulons pas entrer dans les détails rétrospectifs des fêtes qui ont dignement clôturé, le 6 mai, TExposition d'Alger, mais nous aurions été heureux de faire précéder le discours prononcé, par M. le Gouverneur général à la distribution solennelle- des récompenses de celui de M. De Bonand, président de la Société d'agriculture ; malheureusement le manuscrit en a été égaré et force nous est de prier le lecteur de se contenter des éloquentes paroles que M. le général Chanzy a fait entendre en présence de la nombreuse assemblée, comprenant toutes les autorités civiles et mihtaires que contenait à peine la vaste salle du Théâtre national choisie pour cette solennité.

Voici dans quels termes s'est exprimé M. le général Chanzy :

Monsieur le Président, Messieurs,

Je crois pouvoir revendiquer le titré d'Algérien.

Il y a 33 ans que j'arrivais ici pour la première fois, et*

depuis lors, j'y ai passé presque toute ma vie. Si je suis fier de la haute position qui m'y est faite ; si elle est, pour les services que j'ai pu rendre, une récompense à laquelle j'étais loin de prétendre, il est cependant pour moi une satisfaction plus grande encore, c'est celle que j'éprouve chaque fois que je puis constater que ce pays, auquel je jne suis voué entièrement, prospère et répond à ce que la France attend de lui.

Vous venez de rappeler le passé, monsieur le Président, c'est prouver que l'Algérie sait se souvenir. Vous l'avez fait en termes tels qu'on sent qu'elle est fière de son hisrtoire, bien que cette histoire, déjà si remplie, ne compte pas encore un demi-siècle, et qu'elle sait être reconnaissante de ce qui s'est fait pour elle dans les moments difficiles qu'il a fallu traverser.

Oui, la conquête est terminée ! Dès 1848, ce pays était Dien a la France, et si, depuis lors, des secousses se sont parfois produites, elles n'ont pu ébranler le monument que nos armes ont élevé à la civilisation et- qu'ont cimenté avec le sang de nos soldats répandu dans une lutte glorieuse pour tous, l'intérêt que la mère-patrie porte aux populations qu'elle s'est annexées, et la justice avec laquelle elle entend toujours les traiter.

Il est profondément regrettable qu'un pays qui ne demande qu'à être- connu pour être apprécié, se voie à chaque instant l'objet des exagérations avec lesquelles sont trop souvent exposés les événements qui peuvent se produire.

Ce qui vient de se passer dans une des oasis extrêmes dos Zibans, en est un exemple frappant. D'un fait isolé, on a déduit une situation menaçante ; de la rébellion do quelques égarés, on a conclu "à un danger pouvant compromettre la sécurité de tous. Comme si la répression si prompte et si énergique de l'insurrection, qu'ont amenée on 1871 des circonstances trop pénibles pour les rappeler ici, le calme dont le pays jouit depuis cinq ans, la réprobation de la masse des indigènes eux-mêmes pour une tentative insensée, le vide qui s'est fait autour d'El-Amri, n'étaient point la démonstration la plus évidente de l'état satisfaisant dans lequel se trouve le pays et de nos moyens de le maintenir.

Que restera-t-il de la révolte des Bou-Azid ? Un exemple pour ceux qui seraient tentés jle les imiter ; pour les rebelles, on châtiment qui sera ^e qu'il doit être, dès que Tenquête à laquelle on procède avec la forme volonté d'arriver à la vérité, nous aura mis à même d'apprécier les causes de ce mouvement, de découvrir les coupables, et d'atteindre toutes les responsabilités.

Oui, vous l'avez dit, monsieur le président, rien, dorénavant, no peut compromettre l'œuvre que la France a entreprise en plantant soii drapeau snr la Casbah d'Alger ; c'est mainteoiant a ragriculture, au commerce, à l'indus-» trie à la compléter, ea tirant parti des prodigieuses ressources qu'offre cet admirable pays.

La belle Exposition qui se termine et qui est due à Finitiative des véritables colons, est la meilleure réponse à faire à ceux qui doutent encore de l'avenir de l'Algérie. Il suffit de jeter un coup-d'œil sur les produits étalés poUr eiï constater la ïichesse et la variété. Les échantillons de vos vins, jàe vos textiles, do vos minerais, de vos bois prouvent assez que ce sol si riche ne refuse rien à votre travail, et que lès capitaux peuvent venir ici avec avantage et sécurité! Quant à la partie scolaire de l'Exposition, n'est-ce point l'affirmation des progrès si réels que fait l'instruction publique préparant la voie à la civilisation ?

-Ce qu'il faut à l'Algérie, c'est le calme dans les esprits, i;union dans les vues, dans les efforts, dans le travail, la confiance réciproque entre les divers éléments qui composent sa population. On y arrivera en se gardant des agitations stériles de la politique qui surexcitent les imaginations, divisent les meilleurs esprits, en ne songeant qu'au résultat à atteindre, en suivant enfin les sages conseils que vous venez de rappeler.

Quant à moi, mon devoir est d'aider à vos efforts, je n'y faillirai pas; je ne vous demande, pourto'encourager dans ma tâche, parfois si difficile, que d'avoir en moi la même confiance que j'ai dans votre dévouement et votre patriotisme.

Il a été ensuite procédé comme suit à l'appel des lauréats :

Première divisloii

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