‹ L'exposition de Saint-ÉtienneChapitre 7 sur 49 · ENVOI FRANCO DES TARIFS SUR DEMANDE · texte numérisé non relu

ENVOI FRANCO DES TARIFS SUR DEMANDE

jWsse Télégraphique : SOCIÉTÉ GIFFARD, Saint-Etienne.

(Adresse Tostale : P. BERTHOUD, Directeur

Exposition de Saint-Etienne

PRÉFACE OBLIGATOIRE. — SAINT - ÉTIENNE ANCIEN ET MODERNE. LA RÉGION INDUSTRIELLE. — i/ EXPOSITION DE l8qi

armi les grands artistes de la Renaissance française, il en est un que j'aime de tout mon cœur, Philibert de L'Orme; et ce n'est point parce 'y qu'il a bâti Anet et les Tuileries, mais pour la fierté qu'il a mise à faire suivre son nom illustre du titre provincial de « Lyonnois », en tête des ouvrages qu'il a écrits, et pour les paroles patriotiques, qu'il y a semées, presque à chaque page , contre la manie de vanter à tout propos la supériorité de l'étranger , et sur la justice à rendre à la France relativement à son génie et à la fertilité de son sol en richesses naturelles de tous genres. « Lyonnois » se proclamait hautement le grand architecte, en plein Paris qui Tadmirait, au milieu d'une cour peuplée d'étrangers, afin d'affirmer que la Province ne manquait pas d'hommes de valeur, et qu'il n'était point nécessaire de faire appel aux autres pays pour bien besogner d'oeuvres d'art et de science. « Mais quoy, ajoute-t-il, les singularité/, de son propre païs et royaume sont toujours moins prisées, principalement en France, que celles des estrangers... C'est la

montrait orgueilleusement ses célèbres hauts-fourneaux, ses forges puissantes, dont une catastrophe terrible a fait une ruine sinistre. De sa naissance, dans une gorge du Pilât, d'où il sourd, frais ruisselet de cristal, jusqu'à la chute.de ses eaux bourbeuses dans le Rhône, le Gier semble rouler du fer et de l'acier, tant l'étroite vallée, où il se rue, fourmille d'usines et d'ateliers, qui les transforment en rails, roues, essieux, blindages, arbres de couche, canons et obus. La nuit, du haut des montagnes du Lyonnais, du Forez et du Velay, toute cette vaste région enflammée met dans le ciel une large voie rouge et fait ressembler les sommets des collines à des bouches de volcans, qui remplacent ceux que la nature a laissés s'éteindre. Les cyclopes, qui allument leurs forges à ces. nombreux Etnas sont des montagnards des Cévennes, trapus, aux larges poitrines, dont la bise a trempé les poumons et les muscles, si durement qu'ils ne se flétriront point aux buées de feu des Bessemer et des fours à puddler. Ils sont plus de 16.000, et dans 18 usines, ils produisent et transforment annuellement pour 65 millions de fers, de fontes et d'aciers. On est loin des i5o ouvriers groupés audacieusement, vers 1820, par Jackson, Millerét et Neyrand.

La Manufacture nationale d'armes occupe 10.000 ouvriers et fabrique i.6oo fusils Lebel par. jour, 480.000 par an. L'armurerie stéphanoise, en dépit de la suppression des commandes d'armes de guerre à l'industrie privée et des lois restrictives de la production, donne du travail à 4.000 ouvriers, qui produisent annuellement 3o.ooo fusils à deux coups, 5. 000 à un coup et 3.ooo revolvers. Les 2.000 mineurs du commencement du siècle se sont multipliés. Aujourd'hui, ils sont près de iô.ooo, qui extrayent par an 3 millions et demi de tonnes de charbon, d'une valeur d'environ 43 millions de francs. Partout, dans cet immense bassin houiller, mesurant une superficie de 20.690 hectares, le sol est foré, creusé, fouillé en tous sens, pour livrer ses inépuisables richesses souterraines, à l'industrie et à la vie domestique. La quincaillerie donne du travail à 5. 000 ouvriers et représente une production annuelle de 1 5 millions de francs. Plus de 3.ooo ouvriers fabriquent pour 8 millions de francs de verreries à vitres, gobleterie et bouteilles.

Dans ces seules industries du feu, du fer et de la houille, la population ouvrière s'élève aujourd'hui à 53. 000 personnes, dont les bras remuent et mettent en œuvre annuellement tant de tonnes de fontes, fers et aciers, qu'elles pourraient former un cône de métal,' mesurant 5oo mètres à sa base et 88 mètres de hauteur, et assez de charbons pour élever une pyramide trois fois plus haute que la Tour Eiffel, ■ — 900 mètres, — avec la même superficie d'assises, — un hectare. — Et cette pyramide, ce cône, se dispersent presque instantanément, transformés en mille instruments de travail, en merveilles de mécanique,

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