‹ L'exposition des primitifs flamands à BrugesChapitre 20 sur 20 · LE BOUFFON · texte numérisé non relu

LE BOUFFON

Musée Impérial de Vienne

ces ûeaux-Ans

Le somptueux purliait d'Jsaùellr d'Aidrithc, par ^labuso, appartenant à M. Gardon, est tout ensemlile un morceau de haute valeur artistique et do vif intérêt pour l'histoire. C'est une excellente chose également que le portrait de Philippe de Bourgogne — tout au moins le personnage est présumé tel, — à M. Mac(|uoid, de Londres.

Nullement de JMabuse, mais de Jean BoUegambe, est la Vierge du musée de Glasgow, reproduite par notre gravure. Le coloris, le

LE PAYS UE eue Ali Mi, l' A U I' I K l> U E [lUELiillEL LE ViELX

(Collection do M. R. von Kaufmana, Berlin.)

type de l'Enfant Jésus et de la Madone, enlin.le fond d'architecture, sont caractéristiques du maître.

A Dirck Velaert peut être attribué le charmant petit triptyque n" 191, L'Adoration des Mages, La Pentecôte et La Vierge dans une gloire, exposé par sir F. Gook sous le nom de Mabuse. On sait que Velaert a été récemment identifié par M. Gliick avec le fameux D* V.

Trois peintures authentiques de Pierre Breughel, dont deux jusqu'à ce jour inédites, forment le contingent très important de ce grand peintre. V Adoration des Mages appartenant à ^L Roth, de Vienne, est un morceau de haute saveur, remarquable par la gamme claire des colorations et l'expression des types, confinant à la caricature. Cette œuvre précieuse est datée de 136.3. Le souvenir de Jérôme Bosch y est très apparent; mais, certainement, Breughel

reste inférieur à la grandiose interprétation de son devancier.

Le Pays de cocaijnc, en revanclie, à M. von Kaul'niann, est de conception et d'exécution également délicieuses. On ne se lasse point d"en admirer le détail : le ravissant paysage où poussent des arlu'es en gâteaux, oîi h' cochon tout rôti court déjà entamé, où les haies sont en saucisses, où un lleuve de lait serpente entre des montagnes de sucre, où l'œuf môme, prêt à être gohé, marche vers la houche du désœuvré. Et, dans ce pays de délices, sont étendus, à l'omhre d'une tahle servie, les représentants des diverses classes sociales : l'étudiant, le lahoureur, le guerrier. La gamme des tons est aussi claire, aussi joyeuse C[ue la ilonnée elle-même. Le rose temire du costume du jeune clerc, les chausses rouges du soldat, le vêlement gris du laboureur, tout cela forme une harmonie ex{[uise. Disons que ce charmant tableau est daté de 1507. Le Ui-nombrcmeid " Bethléem, au musée de Bruxelles, est de ITiOli. (^es diverses peintures sont donc de la dernière période de la carrière de leur auteur, illustrée par le petit tableau des Giieii.r du Louvre et coui'onnée par la Paraholc i/rs /irri/i//es (lu inusiV' de .Naples.

La Jddil/i. (|ue leproduil mitre gravure d'après l'nriginal de Jan Massys appartenant à M. Uannat, est un morceau de gi'and style, non seulement un des plus beaux de son auteur, mais un des plus remarquables d'une période de l'arl llamaud jugée par quelques critiques avec une sévérité presque excessive. Li- tableau est signé sur la lame du glaive tenu par l'héroïne biblique.

Nous nous sommes demandé, en considérant cette peinture, si, en dernière analyse, Jan Massys ne serait pas l'auteur de la fameuse Betlisabrc d(^ Stuttgart, comme déjà nous en avions le soupçon.

En déposant la plume, mitre tâche serait imparfaitement remplie sans l'expression d'une gratitude très vive envers les promoteurs et les organisateurs d'une manifestation d'art destinée, non pas seulement à laisser d'inell'açables souvenirs à ceux (jui dut eu le bonheur de la Vdir, uuiis destinée aussi, nous en avons l'espérance, à devenir le point de départ de nouvelles et fructueuses études sur l'histoire de la peinture au xv" et au xvi" siècle.

A ce titre même, nous avons à exprimer le regret de n'avoir consacré qu'un espace relativement restreint à l'analyse de ses trésors. Beaucoup d'ceuvres aussi, arrivées tardivement, n'ont pas [)u être étudiées à la place qui logiquement leur appartenait. C'est notamment le cas des précieux panneaux appartenant à M. Théo-

phile Belin, Ui Lnjciidc ilc ■^ai/it Georges, dont il nous eût élé ayrôaljle de pouvoir donncM- l'analyse et la reproduction. Il on est de même des panneaux de M. E. Delignières, d'Abheville, lesquels, comme les

.1 L nrni , \'.\ [; ,i \ N m assvs (C.li'Clinn do M. D:.iHiat, Paris.'

précédents, nous ont paru français. Parmi les historiens darl qui les ont vus à Bruges, il s'en trouvera, nous nous plaisons à le croire, de plus renseignés qu(> nous sur r(U'igine de ces intéressantes créations '.

1. Déjà M. Georges Hulin, dans le dernier fascicule do sou catalogue crilique, leur consacre quelques pages inléressaules.

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