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LE CONCERT DES ANGES

Volels supérieurs du retable de l'.Airneaii mysUtjue- peint par les frères Van Eyck.

Gazetle des Beaux-Arts

imp.A.Porcabeuf. Par

h\M l; r tVE. l'Ail llLUKIiT ET ,1 A X VAX EYCK

(Musi'e de Dru\clk's.)

Flrmallo, (lonl des porlrails oxislent aux musées de Londres et de Bruxelles.

Si nous en croyons le catalogue, outre les deux frères van Eyck, leur sœur Marguerite serait représentée à l'exposition. Hubert et IMarguerile, bien que mentionnés dans l'histoire, n'ont pu jus([u'à ce jour être identifiés avec certitude. C'est donc hypothétiquement qu'on leur attribue telle ou telle production. Naturellement, les figures d'Adam et d'Eve de V Adoration de l'A(jncau peuvent être assignées avec assez de probabilité à Hubert, que l'on sait avoir eu une part à ce vaste ensemble.

l'iiur ce qui concerne V Adoration des Mar/es. cataloguée comme de la sœur, il suffira d'un mot pour faire justice de l'attribution : les volets se composent d'emprunts faits à des estampes de Martin Scluingauer et de Lucas d<? Leydel

A Hubert van Eyck M. NYeale, dans les colonnes mêmes de la (iazellr, a donné la remai(|iiable peinture appartenant à sir Fié(l(''ric (liioU, de lîichmoud : Ia's Saintes Femmes an londjeaii du Christ. D'autres auteurs y voient plutôt une production du pinceau di' .lan. Nous l'ayons, pour notre part, rattachée à l'œuvre (lu maître qui traça diverses peintures à Madrid, à Douai, etc., ioujdurs rénigmati(iu(' ai'lisli\ désigné comme de Flémalle, localité d'oîi proviennent les volets du musée Stanlel, à b'rancforl '. Que le tableau fût d'Hubcil van Eyck. serait à la rigueur admissible, mais sûrement les caractères de .Jan y paraissent effacés. Or, c'est à Jan que l'attribue M. de Tschudi. Ces femmes en turban, ce vase oriental, ces coiffures étranges, chargées de caractères hébraïques tracés en or, sont des particularités qui se rencontrent avec constance chez le mailre dil de l'Iénialle; nous n'en connaissons jioint d'exemple chez van Eyck. Que si l'on m'objecte le pittoresque fond de ville, les montagnes loiutaines chargées de neige, les plantes du Midi, le ciel bleu où llottent de légers cirrus, rien de tout cela n'est étranger au maître, tour à tour confondu avec van Eyck et van der Weydcn, que M. Firmenich-Richartz identifie même avec ce dernier, l'our ce savant, l'imaginaire maître de Flémalle ne serait autre que van der Weydcn jeune.

L'a'uvre est, du reste, remarquable à tous les titres. Elle l'est à la fois par la composition et par l'exécution, par l'originalité des accessoires, des types et le charme du fond de paysage. L'ange, vêtu de blanc, assis sur le sé|)ulcre oll're quelque analogie avec les

1. GnzAlc des Dcaiu--Ai-ts, :;• ji.'r., I. I\, p. .380 el suiv.

types d'anges de van liyck ou, plus jusleinenl, avec ceux du Triomphe de rÉglise stir la Synagogue du nius(?e de Madrid. Mais, oulre que cette peinture, si vantée autrefois par nombre d'auteurs, Passavant en tête, n'est sûrement pas une création originale, chose reconnue

I'. Il A. NUI. NE l.liUllI.K FR.\GMENT DE LA

\AN 111. H l'AELE, l'Ail JAN VAN EYI VIEHOE nu CHAXOINE PAELE "

(Musi'>e do Bruges.)

actuellement par tous les connaisseurs, nous conservons des doutes sérieux sur l'intervention de \\n\ ]']yek en ce qui concerne sa conception mcnie.

La National Gallery, à Londres, possède une peinture d'origine flamande, cataloguée sous le n" 108G, représentant l'épisode où le Christ apparaît à sa mère après la Résurrection. Il y a de

sérieuses raisons pour voir ici, non pas une créalion authentique. mais la copie d'une u'uvre de « Flémalle ». En y regardant de près, on verra, dans le paysage du fond, le tombeau sur lequel est assis l'ange et, tout autour du sépulcre, les soldats endormis, disposition très proche de celle du tableau attribué à Hubert van Eyck. La rencontre ne nous paraît pas un simple cITet du hasard.

L'attribution à Jan van Eyci< nous paraît bien ébranlée, du reste, par le voisinage de l'exquis petit portrait d'homme en chaperon bli'u. tenant de la main liniitc un anneau, d'abord signalé par ^I. Th. de Erinimel dans ses Gulcriestudien. Appartenant à la galerie du collège évangélique de Herniannstadt, en Transylvanie, le morceau ne nous est point parvenu intact. Le champ du panneau a été agrandi; on y a appliqué même le monogramme d'Albert Diîrer avec la date li!>7. Le [)inceau du retduclieur ne l'a 'point épargné non plus. A'empéche (|ne tant d'outrages n'y rendent point méconnaissable la main de son auteur. Comme partout, van Eyck est ici le plus vivant, le plus inexorable des interprètes de la nature. S'agit-il de quelqu'un des nombreux orfèvres au service de Philippe de Bourgogne ou, plus probablement, de (jurlque fiancé de noble maison? ■N'importe, l'onivre nous domine par la fierté de son styh', la haulmir de son expression. Elle a dû compter parmi les productions capitales de son auteur.

Remarquons, au surplus, que van Eyeiv était représenté à Bruges par un enseinlile de pages de si haute portée, d'une perfection technique si absolue, que leur voisinage faisait nécessairement pâlir des productions qui. en tout autre milieu, réclameraient une part plus considérable d atlenliim. La remarque toutefois ne s'applique pas à l'œuvre précitée. Si elle ne nous est point parvenue dans un état de conservation irn'qirochable, elle n'en demeure pas moins une page de très haute signification, un des objets les plus curieux (le la splendidc réunion qui nous occupe.

Une pièce des plus intéressantes encore, bien que mal (•(Uiservée, était la petite Vieri/e exposée par M"" Edouard André, où l'Enfant Jésus trempe dans l'écritoire. tenue |iar sa mère, la plume dont il se servira pour signer peut-être un document mis à >a portée. Celte curieuse manière de représenter la Madone n'est point uniqiie. Nous en pouvons citer d'autres exemples, notamment une Vierge sculptée à la fa(:ade de l'Ancienne Boucherie, à (iand. Le symbolisme de l'épisode est diversement expliqué. Sans avoir rien de commun avec Jan van Eyik. la petite i)eiuture est reniai-

Jean van Eyck pinx

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