‹ L'exposition des primitifs flamands à BrugesChapitre 2 sur 20 · I MUSEE DE BERLIN J · texte numérisé non relu

I MUSEE DE BERLIN J

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an xiY'' siècle, ne i'aisaienl présager eu rien la puissante expression d'art constituée par les van Eyck. Voyons-y des incunables et, à ce litre, signalons-les à Taltenlion de l'arcliéologMU'.

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Broederlani lui-même n'a-t-il [)oinl manié le pinceau du miniaturiste? C'est non seulement probable, mais, à notre avis, presque certain, à en juger par la miniature initiale de la Cité de Dieu, traduction de Raoul de Prestes, existant à la Bibliothèque royale

de Belgique in" iXJO.'J ilii calaloguoi, et où l'on voit saint Aiiiiustin écrivant son livre, ayant, non loin de lui, le roi Charles V. Or, ce précieux manuscrit provient de la biidiothèque des ducs de Bourgogne.

Par les beaux volets appartenant à M. Martin Le Roy, de Paris, où sont figurés les Pères de l'Eglise, la question des origines semble faire un pas de plus. Elle le semble, disons-nous, car, en réalité, rien ne prouve que ces belles et vigoureuses créations soient antérieures au xv"^ siècle.

Nous donnons, à la page précédente, la gravure d'un portrait de Jean sans Peur, appartenant à M. le comte Thierry de Limliurg- Stiruni, œuvre exposée à Bruges. S'agit-il de quelque production de jeunesse de van Eyck, ou de la copie de quelque peinture plus ancienne? L'assassinat de Jean de Bourgogne est de lil9: les deux choses peuvent, dès lors, se concilier.

A cette date, van Eyck est, pour l'histoire, im inconnu. 11 ne travaille point encore pour les ducs de Bourgogne. Le tableau qui, tout au moins par sa date, 1421, nous apprendrait à l'apprécier à une époque rapprochée de ses débuts, le Sacre de saint Thomas Becket, arrhcvèrjuc ih Cantorbéri/, au duc de Devonshire, est malheureusement sans valeur probante. A le supposer du maître, il ne nous est parvenu que dénaturé. M. Justi le range même parmi les productions initiales de Mabuse. Nous sommes loin de compte, on le voit. L'attribution n'a vraiment rien d'inacceptable, à s'en tenir à une autre peinture de la même galerie de Chatsworth, exposée également, et sous le nom de Mabuse cette fois. Le rapport est si complet entre cet épisode de la vie d'un saint ayant appartenu à quelque famille princière, abandonnant ses parents en larmes pour suivre un groupe de prélats, et la peinture dont il vient d'être fait mention, qu'en vérité la présomption de M. Justi se trouve puissamment confirmée. Rien de plus semblable que le procédé des deux œuvres, certainement anciennes, mais point du xV siècle.

Le portrait prétendu de Philippe le Hardi appartenant à M. Gilliodts van Severen, arcliivisle de Bruges, est de conservation médiocre. 11 garde pourtant les traces d'une réelle beauté. Le personnage, représenté à mi-corps, est coiffé d'un large chaperon rouge, à plis abondants, de forme assez rarement aperçue dans les portraits de l'époque. Le modelé du visage et du cou a dû être fort remarquable et fait songer à van Eyck. Nous inclinerions plutôt, cependant, à y voir une onivre du maître de

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