LA FRISE DES OUVRIEHS, PAR M. GUILLOT
feux, multipliés par les innombrables facettes de l'ornementation, et le but était
atteint. Une porte fantastique s'ouvrait sur un monde de féerie.
Dans le plan général de l'Exposition, une grande importance avait été attachée à l'encadrement du décor. Rien mieux que les arbres et les fleurs ne pouvait soutenir de couleurs aimables la blancheur un peu crue des palais, ni donner au goût parisien une meilleure occasion de s'affirmer. L'agi'ément de cette décoration fut pratiquement complété en faisant servir les jai"dins à l'exposition d'horticulture.
De la porte Binet au pont Alexandre, un parc touffu avait transfiguré cette partie du Cours-la-Reine. De petites serres s'y dissimulaient, de nombreuses statues décoraient les allées. Étaient-ce les sujets représentés , l'impression persistante de l'ancienne tristesse du lieu ou le dépit d'un long
LA STATUE DE MARC-ANTOl.Nh
EXPOSITION Dr SII-XI.F,
DEBOUCHE DU COUHS-LA-REINE SUl
L AXENUE NICOLAS II
trajet à parcourir, mais le surnom d'Alice des Tombeaux ne parut pas absolument immérité.
Tout s'éclairait en arrivant à l'avenue Nicolas II. Les palais y étaient bordés de parterres. Les deux palmiers-dattiers de l'arrivée par les Champs-Elysées excitaient l'admiration. Deux ans n'avaient pas été de trop pour les trouver en c<mditions parfaites et les préparer à leur périlleux voyage.
Une collection d'arbres verts, près de la passerelle de l'avenue d'Antin, étonnait
parla profusion des espèces. Non loin, sur l'emplacement de l'ancien Jardin de Paris, sous des arbres magnifiques qui étaient là depuis des siècles et qu'on semblait voir pour la première fois, on avait ingénieusement utilisé une sorte de chemin creux qui avait sen-i au transport des matériaux par le quai. Les plantes des rochers et celles des eaux s'v étaient donné rendez-vous.
Les arbres à fruit alignaient leurs cordons le long des
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LES .lARDlNS ET L'HORTICULTURE
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de la Seine, près du pont Alexandre. Leur rigidité n'était point déplacée et leurs alignements produisaient un curieux effet.
Des roseraies occupaient sur l'Esplanade des Invalides des jardins suspendus non sur des tours comme à Babvlone, mais sur la toiture des voies de la gare de l'Ouest. Elles se poursuivaient sur les pentes du Trocadéro.
L'abondance des constructions n'avait pas permis de laisser un grand développement aux jardins du Champ de Mars et du Trocadéro, encore que leur disposition fût très heureuse, avec nombre de coins charmants.
C'est ici l'occasion de parler des deux grandes serres, cathédrales de fer
recouvertes de gracieux treillages vei'ts, qui profilaient sur la Seine la double série de leurs chapelles latérales.
Dans le plan primitif de leur architecte M. Charles Gauthier, elles avaient de monumentales absides qui durent être diminuées pour raison d'économie.
De l'esplanade les séparant, les escaliers devaient descendre jusqu'au ni\'eau des eaux et servir d'accès fleuri à des barques de fête ; on y renonça par prudence.
11 V en avait enfin une troisième, entre elles deux, qui fut remplacée par une