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SALLE SOUTERRAINE DU TEJIPLE DANG-KOR

climats do ces vastes contrées sont susceptibles des cultures les plus variées, dont les échantillons, ainsi que les minerais de mines à leur aurore, témoignaient des richesses que donneront des exploitations bien dirigées.

«^^ .- Un troisième et plus modeste pavillon, copie

d'une riche maison annamite de la haute Cochinchine, contenait les essences forestières, les instruments et les produits de la chasse et de la pêche. Ses panneaux de bois ajouré produisaient d'autant plus d'effet qu'ils étaient relativement plus sobres de sculptures.

Le monument le plus curieux de l'Exposition entière était la reconstitution de toute une colline sacrée de la ville de Pnôm-Penh, au Cambodge. Un rude escalier de 10 mètres de hauteur, gardé par des tigres grimaçants, conduisait au sommet, occupé par la pagode des Bouddhas. Là, des divinités, des personnages bouddhiques ou brahmaniques, des briile-parfums, des tables d'autel, des modèles de pagodes, des vases à encens et tous les objets du culte formaient une exposition aussi intéressante qu'inattendue.

De la plate-forme du temple, la vue s'étendait sur le Trocadéro et le Champ de Mars. De légères sonnettes suspendues à la toiture portaient une feuille de métal à leur battant; la brise les agitait doucement et des sons aériens accompagnaient la magie du spectacle.

Après avoir traversé des galeries où la mission Pavie avait exposé les résultats étonnants de ses explorations de quinze années dans Tlndo-Chine, on arrivait à un monumental escalier situé sous le grand Pnom funéraire, pyramide conique dont la pointe dorée s'élevait à 47 mètres du sol.

Il aboutissait à une immense salle de sous-sol, et c'est un malheur que, pour ménager la surprise, on n'ait pas mieux annoncé cette salle. Les nombreux visiteurs qui ne l'auront pas vue seront passés à côté d'une chose admirable. Le Gouvernement général de l'Indo-Chine, qui avait supporté tous les frais de son exposition, avait largement fait les choses et donné un exemple peu suivi. Il a\-ait laissé gratuite cette attraction de premier ordre.

De gigantesques éléphants de pierre soutenaient un plafond formé de dalles immenses, desquelles pendaient des stalactites produites par des suintements séculaires. A l'infini, des monstres, des dragons, des najas à sept tètes, tous les animaux symboliques dubouddhisme peuplaient les murailles, dont pas une pierre ne restait sans sculpture.

Ainsi l'architecte M. Marcel, avait reconstitué avec un étonnant caractère de vérité et de grandeur les plus belles parties du temple d'Ang-Kor et du palais de Beng-Mealea, ces merveilles de l'art kmer, dont les ruines formidables sont les plus saisissantes du monde archéologique.

Pendant une période de quinze siècles, du cinquième avant au dixième après Jésus-Christ, "'[ la race kmer a régné au Cambodge, et les restes indestructibles de sa puissance, perdus aujourd'hui au milieu des forêts, indiquent un développement monumental supérieur même à celui de l'Inde.

Pour aider à sortir de la sensation d'écrasement causée par de pareilles graadeurs, un cinématographe projetait des visions rapides de la vie contemporaine qui anime les rues de Saigon, et des dioramas très soignés évoquaient poétique-

BOUOOHA A DOUBLK FACE

Matue recouverte de lianes, reconstituée dans les iardins de l'exposition de l'Indo-Cliine.

LES COLONIES FRANÇAISES

ment des paysages de la baie d'Along, au Tonkin, et des rives du Mé-Kong, à Mytho, en Cochinchine.

L'Exposition indochinoise était complétée par quelques ateliers où des artisans annamites se livraient à de délicates et patientes besognes, sous l'œil bienveillant de la foule, qu'ils regardaient eux-mêmes d'un airamusé.

Les soldats, gardant çà et là des factions peu rigoureuses, avaient très bonne mine sous leur coquet accoutrement, et beaucoup monti'àient des membres bien pris dans leur petitesse. Aucune hostilité cachée sur les visages de ce peuple habitué depuis des siècles à des servitudes successives et pesantes, qui ne peut voir en nous que des émancipateurs et que nous nous attacherons facilement.

Il y avait aussi un éléphant blanc, répondant au nom de Chérie, et un théâtre indo-chinois, dans un joli pavillon

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d architecture cambodgienne. Mais les

ballets de la cour de Norodom étaient dansés par les artistes de l'Opéra de Paris.

Il fallait sortir du Trocadéro pour retrouver l'énorme cirque élevé sur l'emplacement du bassin de la place supérieure et qui contenait l'exposition de Madagascar. Sans s'arrêter aux dioramas représentant Majunga, Suberbieville et les autres étapes de la route, et sans être retenue par un prix d'entrée au moins étonnant dans une exposition officielle, la curiosité publique montait tout droit au panorama de Louis Tinayre, représentant la prise de Tananarive en 1895.

Cette immense toile de 120 mètres de tour sur 14 de hauteur, animée de 250 silhouettes distinctes, dont la plupart étaient des portraits, évoquait avec une saisissante vérité la minute suprême où le drapeau blanc fut hissé au sommet du

palais de la reine. Les généraux Duchesne, Metzinger, Voyron sont là, attendant le signal avec anxiété. Ils savent que les troupes, épuisées par la maladie, sont incapables d'un assaut. Ce pavsage de terre rouge et de mamelons dominés par la haute ville aurait pu être le témoin d'un désastre.

Aujourd'hui, la conquête est faite et l'organisation marche à pas rapides; trois étages de galeries faisant le tour du cirque en montraient les résultats acquis et les espérances.

Aurez-de-chaussée, la profonde forêt malgache était figurée avec ses torrents et ses animaux, et deux dioramas représentaient la culture du riz et l'exploitation du caoutchouc. Sur le pourtour, des indigènes se livraient à leurs occupations

habituelles, filant la soie du V bombyx ou de l'araignée à

soie, tressant des roseaux ou du raphia, tournant des poteries primitives, lavant même l'or dans des calebasses. Quelques musiciens, grattant une sorte de Ivre à trois cordes et un cvlindre de bambou entouré d'une vingtaine de fibres, ou souftlant dans des roseaux et des manières de cornemuse, essayaient de réveiller de leur langueur engourdie ces êtres parqués dans de basses cases, comme des animaux. Ils ne regardaient point leurs vainqueurs avec de tendres regards.

La galerie du premier étage contenait de nombreux plans, des leçons de choses utiles à l'explorateur et au planteur, des objets du travail indigène, sans caractère, une faune naturalisée assez pauvre et un musée ethnographique qui se poursuivait dans la galerie du second étage.

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