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ENTREE DU P A NO R A. M A M A B C 11 A N U

LES COLONIES FRANÇAISES

Celle-ci contenait encore, avec des échantillons de tous les produits agricoles, des objets de l'industrie de ce pays, où la distance morale est énorme entre la capitale, presque civilisée à l'européenne, et les campagnes, d'une sauvagerie primitive.

L'exposition, méthodiquement disposée par ovinces, indiquait une bonne organisation administrative.

L'île de Madagascar, grande comme la France, peut se prêter à toutes les cultures. Ses forêts et très probablement son sous-sol renferment de grandes richesses.: Mais il faudra créer partout des voies de communication qui font totalement défaut, et surveiller pendant longtemps des peuples de très médiocre moralité. Là, comme dans l'Afrique occidentale, la France s'est créé une réserve d'avenir.

Le présent est déjà satisfaisant.

Depuis la conquête, le commerce de l'île avec la France a décuplé; il a triplé avec les autres nations. Saurons-nous au moins, par des mesures douanières nécessaires, nous réserver un marché que nous avons créé, ou d'étranges principes de liberté internationale nous feront-ils, là encore, tirer pour les autres les marrons du feu? Le panorama voisin, de la mission Marchand, était une déception. M. Castellani avait choisi le poste central de Bangui, sur l'Oubangui, séparant à cet endroit le Congo belge du Congo français. Ce site n'avait rien de dramatique par lui-même, ni par les événements qui s'y sont passés, puisque ce n'est qu'à partir de là que la mission est entrée dans les contrées inconnues qui mirent à l'épreuve son héroïsme. La peinture, assez terne, n'était pas pour relever le pittoresque du paysage.

Si l'arrivée à Fachoda devait être politiquement écartée, au moins aurait-on pu choisir un site du Bahr-el-Ghazal, avec l'horreur de ses eaux limoneuses. Une douzaine de dioramas étaient plus intéressants que le panorama, mais l'effet général était manqué, car on sortait de là avec une ardeur patriotique plutôt rafraîchie qu'exaltée.

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