LE PALAIS DE L'ÉLECTRICITÉ
Le Palais de l'Électricité est dû à M. Hénard et le Château d'Eau fut l'œuvre de M. Paulin, tous deux lauréats des premières primes du grand concours initial pour l'ensemble de l'Exposition.
Comme la (Paierie des Machines, gloire de M. Dutert en 18S9, avait été justement maintenue et qu'il importait de donner à l'Exposition nouvelle une physionomie sans ressemblance avec la précédente, il s'agissait tout d'abord de masquer sa façade sur le Champ de Mars. La difficulté était rendue grande par l'élévation de sa toiture.
Une autre idée devait inspirer la construction du monument central des palais du Champ de Mars, celle de l'apothéose de l'Electricité.
Aussi était-ce une sorte de couronne gigantesque, formée des trois lobes surbaissés d'une feuille de trètle, s'élevant à 70 mètres de hauteur à son point culminant, que M. Hénard a\ait édifiée pour surmonter le Château d'Eau qui lui servait de motif central.
DÉTAIL DE LA CRÊTE DV PALAIS DE L ' E L E CT R I C I T E D E R R I i; R E LE CHATEAU D EAU
Elle était construite en zinc repoussé, ajourée comme une dentelle et enchâssait dans ses multiples réseaux des cristaux transparents; pour la première fois, le verre et le métal étaient associés de la sorte dans la construction monumentale.
Au faîte, la statue de l'Electricité haute de plus de 6 mètres, debout sur un char traîné par des hippogriffes, s'appuyait sur une radieuse étoile. Due au sculpteur Marqueste, elle dominait superbement tous les palais où s'étendait sa domination et semblait convier le monde à son triomphe. Au-dessous, des chiffres gigantesques fixaient la date inoubliable de 1900.
Le premier sentiment inspiré par cette décoration était celui de l'étonnement; rien de semblable n'avait encore été vu. On ne pouvait se défendre d'admirer l'audace de la conception et la légèreté apparente de cette crête dont le poids devait être formidable. Le reproche de manquer de base et de sembler comme suspendue en l'air est plutôt un éloge, puisque c'était précisément là l'effet voulu et qu'il ne s'agissait pas d'édifier la façade d'un palais particulier, mais de donner comme un diadème à l'ensemble des palais du Champ de Mars.
Le soir, quand la lumière entrait en jeu, l'effet était féerique au sens propre