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FAÇADE DU MUSEE RETROSPECTIF DE LA SECTION DES ETATS-UMS

lise que pour la production du carbure de calcium, et cette industi'ie est en train de prendre des proportions énormes

L'électrothérapie semble nouvelle, et c'est cependant l'art de guérir qui utilisa les premières découvertes de l'électricité. De nombreux appareils électro-médicaux de radioscopie, de notation des actions ondulatoires, etc., apportaient à cette thérapeutique, pleine de promesses, au moins l'élégance de leur fine fabrication.

La télégraphie et la téléphonie montraient leurs appareils toujours enprogrès. et nulle part peut-être les applications de l'électricité ne paraissent plus stupéfiantes que dans ce que nous réservent la télégraphie sans fil et les télégraphones destinés à remplacer, à l'avantage de nos oreilles, les discordants phonographes.

Dans les mines, les chemins de fer, la locomotion sur terre et sur eau, comme dans les bateaux de la maison hollandaise Smit & Zoon, les applications de l'électricité ne connaissent point de limites, et les appareils scientifiques, les instruments de mesure, l'horlogerie témoignaient de ses qualités de précision.

Enfin, faisant un peu double emploi avec ceux exposés à l'Esplanade des Invalides, de nombreux appareils, de formes inédites et le plus souvent gracieuses, répondaient aux besoins multiples de féclairage nouveau; il n'est point jusqu'à la cuisine qui ne puisse se faire excellente, mais encore coûteuse, au moyen d'appareils électriques; les spécimens de cette catégorie obtenaient un vif succès de curiosité.

Ainsi la fée Électricité manifestait sous toutes ses formes sa puissance mysté-

f/F.XPOSITION DU SIECf.E

rieuse. Le Musée rétrospectif français, assez modestement installé, contenait un petit nombre d'instruments vénérables, en particclier un aimant naturel monté avec art et ayant appartenu à l'abbé NoUet, en 1745.

Les États-LJnis avaient établi le leur dans un véiilable temple avec des colonnades de marbre blanc et des statuettes de bronze vert du plus artistique effet.

La Société électrique de Berlin, l'A. E. G., comme on dit dans le monde de la science, dont le capital dépasse 125 millions de francs et qui occupe plus de 14.000 personnes, avait aussi élevé à la déesse moderne un petit temple, décoré d'admirables peintures par le grand artiste allemand Albert Maennchen. L'une d'elles montrait un homme et une femme tendant les bras l'un vers l'autre; du contact des doigts naît leur intime frisson, symbole du fluide que la nature a mis dans l'humanité et que la science moderne sait aujourd'hui dégager du contact des choses.

Avec le siècle qui finit, l'Électricité a franchi la première période de sa vie encore si jeune; cette Exposition aura été la manifestation de sa virilité; on ne peut mesurer son avenir, car c'est à elle qu'il appartiendra de mettre en valeur les forces constantes de la nature. De toutes les contrées du monde, par son océan aux reflux profonds et ses montagnes aux eaux abondantes, la France est une des mieux placées pour bénéficier de la révolution économique qui se prépare.

TABLEAU ALLEGORIQUE DE LORIGINE DE LELECTRICITE

Peint par A. Maennchen, dans le pavillon de l'A. E. G., société électrique de Berlin.

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L'AGRICULTURE ET LES ALIMENTS

On se rendra compte de l'importance de l'Agriculture et de l'Alimentation par le seul chiffre de leurs exposants : vingt-trois mille cent quatre-vingt-quatre, soil près du tiers de la totalité. Cette proportion est d'ailleurs plutôt inférieure au rôle que la nourriture joue dans les préoccupations de l'humanité.

11 faut se hâter de dire que la matérialité des produits était partout relevée par le plus vif souci d'une jolie présentation. Ces groupes avaient trouvé un local à peine suffisant dans ce qui restait de l'immense Galerie des Machines de i88t), et aucune partie de l'Exposition n'était plus pittoresque ni plus fréquentée.

On pénétrait dans la section française, occupant la partie ouvrant sur l'avenue de La Bourdonnais, en passant sous le navire, de grandeur naturelle, élevé par la maison Menier. La légende disait :

Le vaisseau du Roy

Le Triomphant

Battant pavillon de l'amiral d'Estrées,

revient à Brest le lo octobre ib-jt),

après avoir établi le commerce français aux Antilles;

il apporte au roi Louis XIV

le chocolat préparé avec le cacao

provenant des premières plantations de la Martinique.

C'était pendant la glorieuse époque de notre marine. A voir l'orgueilleux navire avec sa proue surchargée d'ornements , son château d'une hauteur pyramidale, on faisait avec les vapeurs modernes une com-

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