EDIFICE DES EAUX-DE-VIK DES CHARENTES
diquait hautement ses droits à un mérite qu'il était facile de vérifier, à côté, sur une série d'ingénieux comptoirs de dégustation parfaitement installés sous la galerie transversale, dont le plafond avait été transformé en voûte de taverne gothique. Une cidrerie normande complétait cet ensemble amusant, dû à l'architecte Léon Benouville ; une Eve sa\-oureuse, de Lenoir, y tendait la pomme aux passants. Dans le troisième angle du grand
quadrilatère, un palais de style rococo magnifiait le Champagne. Son intérieur était aménagé de façon à faire assister à toutes les manipulations du vin glorieux et élégant qui symbolise l'esprit français.
Les huiles présentaient à la suite une façade qui ne le cédait en rien à celle de la distillerie lui faisant face. Les amphores et les presses remplaçaient les alambics et les cornues, et deux tableaux chantaient l'olivier et le colza. Le modeste noyer était oublié, par ingratitude.
En revenant au point de départ, le quatrième angle était occupé par une construction consacrée au lait et à ses industries. Due à MM. Binet et Jean Veber, cet édifice était une surprise et un charme. Tout dans ses lignes et dans ses couleurs claires était inédit. Juchées au sommet, de blanches chèvres regardaient les chats courant sur la façade en forme d'immense buffet aux multiples portes. D'avenantes servantes s'y trémoussaient; une mère nourrice étalait ses appas, qui faisaient danser de joie des enfants de contes de fées.
Au milieu de la galerie surgissaient d'autres constructions, où nos vins avaient organisé leur exposition avec un goût vraiment digne du produit, sang généreux de la terre de France.
Le vieux bourgogne, fier de son long passé, n'avait trouvé digne de lui que la nef ogivale d'une antique église appuyée à un château dont l'escalier à jour et les mascarons reproduisaient les plus purs motifs de l'architecture bourguignonne.
Le bordeaux, de célébrité plus récente mais non moindre, avait édifié un cirque de treillages. Sur le pourtour extérieur, les châteaux des premiers crus étalaient leur royauté dans des peintures agréables. A l'intérieur, quatre panoramas un peu pâles laissaient le regard se perdre sur Bordeaux, le Médoc, le Saint-Émilionais et le pays de Graves. Les premiers plans étaient occupés par des bouteilles couchées, le négoce ne devant pas perdre ses droits.
Les Charentes avaient
logé leurs eaux-de-vie dans une construction mi-église, mi-château, romane et gothique, avec un cloître aux pampres verts.
Un assemblage COm- bergers landais et hangar de l'exposition rétrospective
L'AGRICULTURE ET LES ALIMENTS