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CIDRKRIK NORMANDE DANS L K FOND, L EDIFICE DES BIERES

posite des principaux monuments du pa3's, également romans et gothiques, contenait les vins abondants du ^ud-Ouest.

Saumur avait choisi avec à-propos un élégant campanile de la Renaissance.

Une construction réunissant divers motifs d'architecture abritait les vins de diverses contrées, entre autres l'Auvergne et la Touraine qui aurait été digne d'un château de la Loire et qui a eu le tort de ne pas s'affirmer plus particulièrement. Tous ces vins ont aussi figuré avec éclat dans la fête des vendanges qui eut lieu en octobre et ont été magnifiés par le ban de M. Jules Claretie.

L'exposition rétrospective était des plus intéressantes. Le Ministère de l'Agriculture avait réuni dans des bâtiments de vieilles fermes d'anciens instruments de culture, surtout le respectable appareil de la vinification d'autrefois, pressoirs aux madriers pesants, pichets familiaux, honnêtes bouteilles qui ne contenaient alors que des vins purs. Cette préoccupation du bon vin avait dicté une bien

curieuse affiche, exposée aussi et qui reproduisait une orcionnance royale de Le Nain, intendant du Languedoc, en date du 21 mars 174S. Il y était interdit de fumer les vignes « en aucune manière que ce puisse être», parce que les

COMPTOIRS DE Dli GUSTATION DES BIÈRES FRANÇAISES

terres de culture auraient d'autant été privées de fumier, mais surtout parce que la qualité du vin s'en ressentait, « ce qui ne peut jamais être compensé par la quantité». Admirable maxime, combien oubliée!

En dehors du Ministère, le groupe de l'agriculture avait installé aussi dans deux vieilles granges, dont l'une était une ancienne salle de couvent, les instruments d'autrefois : rouets et fuseaux, barattes et moules à fromage et à beurre, peignes à carder et à teiller le chanvre, fléaux et charrues; modestes et touchants objets, dont quelques-uns sont toujours en usage.

Une ancienne épicerie montrait son comptoir ignorant des faux poids; ses

L'AGRICULTURE ET LES ALIMENTS

pots lleurdelisés aux armes royales garantissaient l'excellence de la moutarde ; à côté, une confiserie qui n'employait alors ni glucose au lieu de sucre, ni margarine en guise de beurre ; par derrière, une distillerie dont les sages alambics laissaient sans doute passer des esprits malsains, mais ne les distribuaient qu'en petite quantité.

Enfin une cuisine de ferme assez cossue, avec la salle des gens. Dans la cheminée, au pied du four de famille, des landiers monumentaux et l'énorme cafetière; au mur, un long buffet bourguignon contenant une vaisselle aux Heurs riantes et une confortable poterie d'étain ; sur des tables massives, les ustensiles de la vie quotidienne, aux formes solides et d'un art réel dans sa naïveté. Des moules à gaufres, des grils pendaient au plafond.

Il existe derrière la cathédrale de Bâle plusieurs salles

de chapitre pleines de ces objets rustiques;

ils forment un des plus curieux

musées qui se

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