‹ L'Exposition du siècleChapitre 146 sur 217 · de plus de 40 hectares · texte numérisé non relu

de plus de 40 hectares

et que leur personnel se décomposait en :

Propriétaires cultivant eux-mêmes

Fermiers et métayers

Salariés

Ce qui équivaut à dire que plus des huit dixièmes des électeurs appartiendraient au monde agricole : constatation bien curieuse quand on pense que l'agriculture est l'éternelle sacrifiée, malgré tous les beaux discours prononcés en sa faveur.

Dans tous les cas, on voit l'étendue du domaine de l'agronomie. Cette science repose sur l'histoire naturelle, la chimie, la géologie et la statistique agricole. Si les trois premières parties sont certaines, la dernière est fertile en déceptions; tout au moins, malgré les progrès réalisés, son organisation est-elle loin d'être parfaite.

L'exposition du Ministère de l'Agriculture était assez mince, sauf pour la partie relevant de la Direction de l'hydraulique agricole. Les écoles d'agriculture

L'AGRICULTURE ET LES ALIMENTS

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officielles et privées, les Sociétés agricoles, les syndicats et comités locaux, régionaux, départementaux, les comices, les exploitations particulières montraient les résultats obtenus. Mais des graphiques complaisants étalaient les rendements en se taisant sur les sommes dépensées pour les obtenir; des résultats de champs d'expérience étaient généralisés par un calcul exact en arithmétique, mais faux dans la pratique, et l'ensemble était symbolique de l'état de l'agriculture en France, où l'équilibre ne s'est pas encore produit entre la théorie prometteuse et la pratique décevante.

Ce n'était pas aux instruments agricoles qu'il fallait reprocher de ne pas pousser à la confiance. Leurs fers polis, leurs couleurs éclatantes, leurs dispositions se prêtant à tous les usages semblaient devoir transformer en plaisir un travail plutôt pénible. Encore ne comprend-on pas pourquoi cette industrie ne peut pas livrer avantageusement certains instruments, comme les faucheuses et les moissonneuses, qui nous sont presque toutes fournies par les États-Unis.

Le détail des produits alimentaires ne saurait être abordé ici, même de loin. Ils sè.,préseataient sous les aspects les plus appétissants, volontiers plus jolis que la franche nature.

Dans le cycle infernal de la classe des spiritueux, ils étaient innombrables, habillés de verres aux formes élégantes ou étranges, sous des couleurs d'un éclat et d'une limpidité chimiques, avec des étiquettes d'or et de clinquant, les poisons tueurs de i-aces. Plus fiers que tous les autres, dans de hauts cristaux taillés, les alcools de grains d'une pureté absolue scintillaient comme des diamants.

Et la foule pressée des exposants, l'apparence cossue de leurs expositions indiquaient la prospérité de l'industrie. Spectacle agréable peut-être

..,•. . ,., EXPOSITION COL r. ECTIVE DES VINS ALL KM. \NDS

au spécialiste, mais triste

^ sous LE p. \ VILLON IMPERIAL, A COTE DU RESTAURANT ALLE M AND

pour le penseur. (Tableau de Mullcr Schoenefeld )

L'EXPOSITION nu SIÈCLE

Les Sociétés de tempérance et les lois demeureront impuissantes. Le salut est plutôt dans le vin, le vin qui réconforte quand l'alcool déprime. Les seuls vins de France étaient présentés par sept mille exposants. Cette reconstitution de notre produit national renaissant des ruines du phylloxéra, malgré tous les autres ennemis de la vigne, éclatait comme une preuve manifeste de la persévérance de notre race.

Les sections étrangères occupaient la partie de la galerie donnant sur l'avenue de Suffren.

L'Allemagne avait construit d'une façon pratique et confortable un léger édifice,

l'exposition agricole du danemark

étage, où ses produits étaient pré-

et les

avec rez-de-chaussée et premier sentes avec l'entente parfaite particuliers, qui est sa note générale. Comme dans toutes ses classes, les produits étaient plutôt choisis que nombreux, avec un aspect rassurant de sincérité. Des tableaux et des graphiques bien ordonnés attestaient l'importance des encouragements officiels.

Son exposition spéciale des vins occupait, près du restaurant allemand, sous le pavillon impérial de la rue des Nations, une salle agencée avec des devants sculptés de vieilles tonnes, des vues de crus célèbres et des peintures d'un art supérieur.

Si l'utilité de l'art appliqué pouvait être contestée, elle aurait trouvé une nouvelle confirmation dans les expositions de l'Autriche et de la Hongrie, voi-

les VINS DU PORTUGAL

L'AGRICULTURE ET LES ALIMENTS

sines mais distinctes, et cependant le domaine agricole est un de ceux où ces préoccupations semblent le moins nécessaires. Les produits si variés de l'empire des Habsbourg étaient présentés dans un cadre à souhait pour les faire valoir.

Le Japon révélait une prospérité agricole insoupçonnée. Des' produits occupant toute l'échelle des cultures allant de l'orge au café, attestaient les ressources d'un pavs que la nature a privilégié.

La plus captivante des expositions agricoles était peut-être celle du Danemarlv. Dans un cadre de haut goût et d'une originalité bien spéciale, les produits du pavs, limités essentiellement au laitage et aux chevaux, montraient à quel deo-ré de perfection ils sont parvenus sous l'effort de l'initiative individuelle encouragée par lin Gouvernement qui, dès 1781, prenait des mesures pour une sage répartition des terres, et qui subventionne les sociétés d'élevage, ainsi que le prouvaient des tableaux suggestifs. Ce n'est pas tout de produire, il faut vendre; dans le Danemark encore, on trouvait des modèles de syndicats de défense et d'expansion commerciales. En Suède et en Norvège, le Gouvernement est loin aussi de rester inactif, mais son intervention n'apparaissait pas dans les exhibitions purement individuelles et commerciales, fort bien présentées, d'ailleurs, dans des vitrines de formes jolies.

L'exposition belge était convenable, sans rien de bien saillant. L'Italie offrait des produits généralement connus, sous des vitrines volontiers multicolores. La Roumanie méritait l'attention, surtout par ses céréales.

Les Russes, laissés à leur initiative personnelle, sans statistiques et sans graphiques qui eussent été intéressants pour l'ensemble de l'immense empii'e, avaient l'air quelque peu chagrin du peu d'importance de leur exposition.

Quanta celle del'Angleterre, elle était à peu près nulle. Deux ou trois vues en relief montraient cependant l'importance

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