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EDUCATION ET ENSEIGNEMENT

La triple dénomination de ce palais suffirait à elle seule pour marquer, le flottement et les désaccords qui se sont produits dans cette partie de la classification.

Les Arts avaient leurs palais aux Champs-Elysées ; les Arts décoratifs étaient réunis sur l'Esplanade des Invalides.

On peut dire que tous les palais du Champ de Mars étaient des palais de la Science. Elle avait partout sa place et régnait partout.

Les Lettres, seules, n'avaient pas de palais déterminé. Malgré celui-ci, elles sont restées sans en avoir un, car il n'était pas digne d'elles.

De petits livres de classe qui contiennent en germe tout l'avenir d'une nation, de modestes volumes où le génie a condensé ses rayons, sont des choses de discrète apparence, cjui n'attirent point la curiosité de la foule. Ils sont cependant l'autre soleil sans lequel aussi tout s'éteindrait.

Pour ce culte sacré et nécessaire, il eût fallu un temple invitant à l'attention et au recueillement. Il eût été facile à remplir. Sa centennale eût réuni les œuvres des penseurs, des philosophes, des romanciers, des dramaturges, des poètes, dans une bibliothèque dont la richesse eût été stupéfiante. De quel respect

'eût-on salué les effigies de ces souverains de la pensée et sous quel angle de grandeur le xix" siècle eût-il soudain apparu I

Cette chose qui eût été si belle, a totalement fait défaut. Le premier rapport de M. Picard et le projet de M. Hénard avaient prévu cependant un Palais des Lettres. Pourquoi a-t-il été supprimé ?

A l'organisation supérieure d'une exposition sont appelés des administrateurs de premier ordre et des maîtres de l'industrie. Le concours des artistes et des savants s'impose et s'obtient aussitôt. Cela est parfait, puisque la méthode, la science et l'art sont ainsi représentés. Il est un absent cependant, Phœbus Apollon. C'est lui qui porte la lumière, réchauffe les calculs froids, donne la vie à l'art lui-même; en langage moins imagé, un représentant de la pensée littéraire eût imposé des idées qui ne sont point ve'nues ou qui ont été négligées et dont l'absence a jeté une ombre sur le succès général.

La Presse elle-même a été abandonnée et s'est abandonnée. Mal conviée, elle n'a pas exposé. Elle avait bien construit, sur le quai d'Orsay, un pavillon avec de curieuses décorations de R. Barbin, en métal repoussé, et des vitraux d'Albert Gsell, d'un joli modernisme. Tout y est resté lettre morte. Par un mystère inexpliqué, aucun journal ne se vendait dans l'intérieur de l'Exposition.

Ce n'était point une querelle matérielle, l'Administration n'avant pas de budget de publicité, ne pouvant pas en avoir et aucun journal n'avant eu la pensée de faire payer son concours. Mais il faut bien dire que l'on n'a pas su être aimable. On avait même négligé dédaigneusement, dans les recensements professionnels du catalogue officiel, les cent mille personnes et plus qui vivent directement de la presse.

A défaut du monument rêvé, il faut donc examiner, au Palais indécis des Lettres, Sciences et Arts, et dans la banalité générale de leur installation, le groupe de l'Enseignement et ce que le catalogue appelait « Instruments et procédés généraux des lettres, des sciences et des arts ;/.

La Monnaie de Paris occupait, sans le meubler, le grand vestibule d'anivée et y obtenait un vif succès. 11 y avait foule autour de sa grande presse monétaire du

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PAVILLON DE LA PRESSE (QUAI d'oRSAY)

LES LETTRES ET L'ENSEIGNEMENT

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