PORIE DU TRÉSOR DE DELPHES
Restauration exposée par l'école française d'.-Vthènes,
LES LETTRES ET L'ENSEIGNEMENT
poui" permettre à Ihomme d'exprimer sa pensée. Ce sont leurs efforts, ceux de la dizaine d'écoles nationales d'art décoratif que le budget permet d'entretenir, ceux aussi d'établissements privés, comme l'école Guérin, qui ont produit cette phalange d'ouvriers d'art à qui nous devons l'honneur de l'exposition française.
L'enseignement professionnel n'en avait pas moins, le long de l'avenue de Suffren, un pavillon spécial qui était particulièrement intéressant. L'École centrale des Arts et Manufactures y occupait la place d'honneur, encore qu'elle eût pu être moins modeste dans la manifestation de son importance. On y admirait les travaux variés et d'un aspect fini des élèves des. écoles spéciales, dont plusieurs étaient dus à l'initiative municipale, et le matériel d'enseignement professionnel des Frères des écoles chrétiennes méritait d'être remarqué.
Le catalogue ayant consacré une classe à part du groupe I à l'enseignement agricole, il faut bien en parler ici, quoique la place eût été préférable dans le groupe de l'Agriculture. C'est une chose qui confond la raison de voir combien, et cela à toutes les dates parlementaires de ce siècle, des députés, dont la grande majorité sont nommés par des cultivateurs, ont eu peu de souci de cet enseignement. Encore de nos jours, les crédits qui lui sont affectés sont une dérision.
Il en résulte un enseignement parfait sans doute dans la théorie, mais que l'absence de fonds paralyse dans la pratique.
Il en est de même de l'École coloniale, dépendant du Ministère des Colonies, qui prodigue son instruction pour des fonctionnaires, mais qui est incapable, malgré le programme, de fournir aux futurs colons des expérimentations pratiques de ce qu'ils pourront cultiver ou élever dans les contrées nouvelles.
Si les Facultés de droit et de médecine sont prospères et solidement établies, l'enseignement supérieur se ressent, pour ses Facultés, des lettres et des sciences, du malaise de l'enseignement secondaire. Une loi de 18^6 vient de leur donner un corps en reconstituant les anciennes Universités provinciales. Retrouveront-elles dans cette libei^té plus apparente que réelle une féconde autonomie, ou leur indépendance ne sera-t-elle qu'un isolement? Les départements accepteront-ils d'aider de leurs subventions une décentralisation qui ne pourrait d'ailleurs que leur être avantageuse? La réforme est trop récente pour pouvoir en préjuger les effets.