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EXPOSITION M ETA LI.11RGIQU1-; RUSSE

Telles sont en général les industries - — dont l'importance s'estime par un personnel employé de sept cent soixante-dix mille individus — qui occupaient le Palais des Mines et de la Métallurgie et s'y présentaient par de véritables édifices élevés avec un art ingénieux. La rutilance des cuivres et le miroitement de l'acier faisaient ressortir le ton plus sombre des fers et des fontes ; des rubans s'enroulaient autour des colonnes; des disques, des cercles, des tuyaux s'enchevêtraient comme une forêt de lianes; la pesanteur se faisait légère et la force se courbait en grâce. Logé dans le campanile du porche d'angle, un carillon sonnait joyeusement les matines d'une industrie qui avait voulu se faire aimable pour cacher sa rudesse.

Le musée centennal mettait une fois de plus en valeur l'inépuisable fonds des collectionneurs, sollicités de mille côtés et trouvant moj'cn de répondre à tous. Vieilles serrures et clefs vénérables, grilles forgées, landiers des flambées d'antan, enseignes provocantes, sonnettes bizarres, rampes et balcons d'hôtels disparus, mortiers d'apothicaires, heurtoirs retentissants, coffres de sûreté, poterie d'étain, dinanderie fantastique, innombrables et anciens objets produits par la fantaisie souveraine des artisans d'autrefois.

Les expositions étrangères étaient, comme partout, d'un intérêt capital. Avec des outils et des clous, la Suède avait édifié un pittoresque portique, la Russie construit de véritables châteaux de fer, la Hongrie symbolisé le travail des mineurs.

De nombreux dispositifs de mines réduits à réchelle de petits modèles, évoquaient le problème qui tourmente notre société humanitaire. Attendra-t-on toujours l'outillage mécanique qui ramènera à un minimum supportable de fatigue et de danger l'exploitation des mines? L'exposition se complétait au Trocadéro par une utilisation inattendue des vastes carrières abandonnées qui existent sous la butte. Le Comité central des houillères de France avait demandé à M. Louis de Launay d"y organiser une mine typique de charbon. Le programme primitif s'était élargi sous son heureuse initiative, et deux expositions, Tune des mines en général et l'autre du monde souterrain, s'y développèrent sur 700 à 800 mètres de galeries. On pénétrait dans les mines par le pavillon d'Anzin, rue de Magdebourg, où fonctionnait la plus puissante machine d'extraction de la France. Une cage de puits descendant réellement d'une quarantaine de pieds, donnait l'illusion d'une chute au fond à 300 mètres. On voyait les mineurs demi-nus, courbés ou couchés en travers, dans des attitudes de supplice, abattre du véritable charbon. Un cheval vivant donnait une apparence de vie aux mannequins figurant les hommes, et la pitié était accrue par la fatigue que l'on subissait soi-même quelques secondes, en passant accroupi sous des boisages disposés comme dans la réalité.

Une ardoisière, des exploitations de sel gemme, de plomb argentifère, de zinc, de pyrite de fer complétaient l'exposition avec le tableau final d'une mine d'or du Transvaal. On avait fait venir du minerai réel, contenant effectivement de l'or, et ce scrupule d'exactitude nuisait à l'effet, l'or ne décelant sa présence par aucun éclat. Des Cafres et des Zoulous, plumes aux cheveux et bracelets aux pieds, s'escrimaient du ciseau contre la roche dure et grisâtre.

Au-dessus, on broyait cette roche réelle, on l'amalgamait, et on obtenait, par la cyanuration, des lingots d'or véritable. Le bruit des marteaux-pilons vous y rendait sourd. Enfer en dessous, enfer en dessus.

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