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CHALET DU CI, UB ALPIN

L'ingéniosité des exposants, partout désireux de bien faire, avait été servie parles motifs naturels fournis parles produits, et si l'art embellit la nature, c'était vraiment là que le proverbe trouvait son application.

Les sections étrangères, qui étaient réunies dans la longue galerie du bord de l'eau, présentaient une succession de tableaux pittoresques, où des dioramas peuplés d'animaux naturalisés, donnaient l'illusion de chasses dans les forêts de la Russie, de l'Autriche, de la Suède. La faune ailée du Japon semblait d'une variété de rêve. Les ours, les lynx, les mouflons abondaient dans les montagnes hongroises. Une harde de cerfs d'Amérique s'était photographiée elle-même. Après avoir, de longs mois durant, épié leurs habitudes, un amateur obstiné avait disposé des appareils que les animaux sauvages, après les avoir brisés maintes fois, avaient un beau matin déclenchés au point voulu, au moment où ils bramaient à la rosée du matin. La vision stupéfiante fixée sur ces grandes plaques était bien le record de la nature prise sur le vif.

Les troncs gigantesques qui n'avaient pas pu trouver place dans le palais se dressaient à l'entrée comme des sentinelles. De combien de siècles se composait leur âge? Ils témoignaient de la philosophie de la science forestière, qui travaille surtout pour les générations futures. L'exposition des bois de l'étranger se poursuivait en superpositions ingénieuses de madriers, de planches et de billots, châteaux fantastiques, que dominait celui de la Hongrie.

De ce côté, l'Exposition se terminait, à la pointe de l'avenue de Suffren, par de puissantes pompes centrifuges du système Worthington, qui élevaient de la Seine, pour le service des eaux courantes du Château d'Eau et des bassins, i8o millions de litres par vingt-quatre heures.

C'est ici qu'il convient de parler des deux Sociétés amies des excursions dans les montagnes, le ro/zr/'/zo-C/^è et le Club Alpin.

Le Club .\lpin français avait élevé un coquet chalet, dont une partie était ouverte gratuitement au public et l'autre partie payante.

Dans les salles gratuites, de belles photographies de montagnes, des travaux

L'EXPOSITION DU SIKCLE

d'érudition, des costumes et aussi les accessoires divers de l'alpinisme étaient exposés. Des membres de la Société des peintres de montagne y avaient trouvé l'hospitalité pour de pittoresques tableaux.

Moyennant i franc, les amateurs plus curieux pouvaient contempler le panorama de la mer de Glace. Le spectateur placé sur les lianes du Tacul, à 2.000 mètres d'élévation, avait à sa gauche l'écroulement du glacier du Géant, à sa droite les glaciers de Leschaux et de Talèfre, dont la réunionforme la mer de Glace. A droite, le Montanvert, et plus loin, par delà la vallée de Chamonix, la Flégère; à l'horizon, devant lui, le sommet du mont Blanc. Le site était parfaitement choisi. Les familiers de la montagne s'v reconnaissaient aisément. Les autres éprouvaient une sensation assez exacte des grands sommets et pouvaient mesurer les distances en apercevant, points noirs perdus sur les glaces, une compagnie d'alpinistes se dirigeant vers le col du Géant, pour descendre en Italie par Courmayeur.

Ce panorama était annoncé aux promeneurs par la. subite vision d'un glacier qui, vu du pied de la tour Eiffel, paraissait surgir de ra\enue de La Bourdonnais. C'était une autre toile, représentant le mont Blanc vu de Chamonix, établie audessus de celle du panorama et du plus surprenant effet.

Les gaies céramiques du pavillon du Touring-Club formaient un coquet point de vue au-dessus du petit lac où se mirait la façade du Palais de l'Optique. La riche Société, dont la marche ascensionnelle était indiquée par d'éloquents graphiques, aurait pu édifier un luxueux pavillon. 11 aurait été le plus vaste du Champ de Mars, si tous ses membres s'y étaient donné rendez-vous. Elle préfère garder ses fonds pour ses campagnes d'assainissement comme celle que nous avons déjà signalée dans la section d'hvgiène du Palais des Armées de terre et de mer, pour les publications de luxe qu'elle entreprend maintenant, et surtout pour l'amélioration de certains passages dangereux, comme elle l'a fait sur maintes routes de France. Son prodigieux succès n'est pas dû à une simple i encontre de goûts sportifs, mais à des sentiments plus élevés. "Voyager, c'est s'instruire ; connaître la France, c'est l'aimer.

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