MOYENS DE COMMUNICATION
Pendant la période préparatoire, on était fort préoccupé des voies de transport nécessaires pour amener à l'Exposition et en emmener les foules prévues. En fait, elles se sont trouvées suffisantes.
La porte monumentale de la place de la Concorde, aménagée en vue des encombrements, fut la plus fréquentée et reçut lo millions d'entrées.
La porte des Champs-Elysées, entre les deux palais, était l'entrée préférée du monde élégant; celle du Trocadéro servait beaucoup aux étrangers logés dans le quartier de l'Étoile, et la porte Rapp fut beaucoup moins fréquentée qu'en 1889.
On avait heureusement disposé un très grand nombre de portes, et chacun prenait celle à sa convenance. Le tramw^ay de la gare Montparnasse à l'Étoile desservait les portes les plus centrales, celles qui s'ouvraient de chaque côté des extrémités du pont de l'Aima, et qui, à elles quatre, virent passer plus de =, millions de visiteurs. Le plus grand mouvement s'effectuait par les gares de la Compagnie de l'Ouest, laquelle récoltait ainsi le fruit des tra\aux supérieurement conduits
L'EXPOSITION DU SIECLK
qui avaient doublé les ^■oies de la Ceinture, traversé Passv et Auteuil, franchi la Seine et longé les quais en passant sous la rue des Nations, au prix de grandes difficultés vaincues. Les portes situées au coin de l'avenue de Suffren et de la Seine, qui semblaient devoir être les plus excentriques, se sont trouvées être
très utilisées, grâce à la gare du Champ de Mars. Quant à la gare des Invalides, dont les voies passaient sous l'Esplanade, tout le monde rendait justice à la sobre élégance de son architecture.
L'enceinte de l'Exposition était traversée par des ponts et d'importantes voies de communication. Aussi diverses passerelles furent-elles installées pour permettre de franchir ces voies publiques en passant par-dessus; elles furent le triomphe des charpentiers et donnèrent lieu à des motifs pittoresques, mais leur ascension était assez pénible. Ces passerelles étaient construites avec la plus grande solidité, et l'accident qui s'est produit à celle de l'avenue de La Tour-Maubourg prouve que toutes les précautions sont vaines devant la poussée de foules affolées.
Au pont Alexandre 111, la difficulté était inverse, et les tramwa^-s longeant la Seine durent passer par-dessous le pont, ce qui nécessita des travaux importants. Entre les ponts des Invalides et de l'Aima, deux passerelles intérieures réunissaient les deux rives de la Seine, en entourant le <( bassin des fêtes ». Une troisième fut établie entre les ponts de l'Aima et d'Iéna, ce dernier compris dans l'Exposition ; elle conduisait du Palais des Armées de terre et de mer au Vieux Paris.
Le problème ne s'était pas arrêté là. Il fallait faciliter aux visiteurs entrés dans l'enceinte les moyens de se transporter rapidement aux divers points, si éloignés les uns des autres. Ce fut le but du chemin de fer électrique et du pont roulant appelé aussi plate-forme ou trottoir mobile.
Le pont roulant fut une des joies de l'Exposition. Acteurs et spectateurs prenaient plaisir à sa double manœuvre, qui permettait une étude philosophique de caractères, les simples, les peureux, les crânes. La première bande du trottoir était immobile; la seconde marchait avec une vitesse de 4 kilomètres et demi à