LE GLOBE CELESTE
En iSS(), les danses du ventre de la rue du Caire avaient eu un grand succès de curiosité ; depuis, elles étaient tombées dans la banalité et la grossièreté.
On en trouvait encore en iQOo, où elles faisaient le fonds de tous les spectacles orientaux, généralement dénués d'intérêt.
Au Théâtre exotique, situé dans le bâtiment du p a n o r a m a du T o u r d u Monde, des Indiens charmeurs de serpents ne charmaient rien du tout, ni leurs bêtes ni les spectateurs, et des danseuses javanaises se contorsionnaient lentement. 11 paraît que celles de i88q appartenaient aux harems de princes malaisiens, et que celles de 1900 étaient des bayadères de carrefours. Pour être moins distinguées, elles n'en avaient pas pilus d'entrain.
Le Théâtre égyptien n'était pas avare de dénominations poétiques : danses des frissons, danses des cristaux, danses des lumières étiquetaient les contorsions toujours semblables de cette mimique fastidieuse, sans art et sans idée. Ces aimées étaient d'ailleurs presque des enfants, de pauvres llUes privées de grâce et de beauté. Elles manœuvraient au milieu des sons monotones émis par des Arbis faiseurs de bruit, et tout le monde avait Tair de s'ennuyer beaucoup.
Dans la rue d'Alger s'ouvraient une succession de petits bouges indignes de foires campagnardes. Quelque pseudo Ouled-Naïl donnait un instant la vision du désert; le reste était simplement malpropre.
Les danses les plus gracieuses étaient exécutées au Théâtre cambodgien. Ces femmes légères, aux mouvements félins, si naturelles dans leurs poses exotiques, étaient des artistes... du corps de ballet de l'Opéra de Paris.
De \-éritables Espagnoles, aux jupes écarlates, brûlaient les planches de la scène du restaurant de La Féria, S(jus le pavillon de l'Espagne. La salle était toujours
[.ES ATTRACTIONS
comble, mariant son excitation à l'entrain des danseuses. < Boléros qui enivrent et fandangos qui enflamment », voire danses d'enfants qu'on aurait pu écarter, menaientleurtrain rapide au son des castagnettes. La grâce de ces danses faisait passer leur vive sensualité.
On ne pouvait imaginer spectacles plus attirants que ceux qui s'étaient donné rendez- danseusks cynchalaisks du théatrk exoti^uk
vous à l'Andalousie au temps des Maures, tels que danses des gitanas andalouses, terriliants exercices des Aïssaouas et des Hamadchas, fantasias emportées des galops arabes. Le cadre était Grenade, Cordoue et Séville, l'Alcazar et l'Alliambra reconstitués
dans leurs plus pures merveilles.
Bien que situés à une extrémité perdue du Trocadéro, ils étaient signalés au loin par la haute tour de la Giralda, que l'on pouvait gravir à dos d'âne comme autrefois les califes de Séville y montaient à cheval pour voir se coucher le soleil.
Mais les visiteurs ont été hésitants là où ils auraient dû se presser en foule, et les spectacles se sont ressentis de ces vides.
Des entreprises bien conçues et bien exécutées comme celle-ci ont subi les conséquences de l'infériorité des autres et sont restées dans la note terne, alors qu'elles auraient mérité plus de succès que la Rue du Caire, oîi l'on s'écrasait en iSSg.
DANSE D OULED-NAIU
De Venise à Paris, situé à côté du Palais de l'optique, de Paris en 1400, perdu derrière l'Ecole Militaire, de diverses autres sollicitations restées sans écho, le mieux serait de ne pas parler, si ces exhibitions n'avaient pas eu le tort de mettre le public en défiance.
Enfin, en dehors de l'enceinte.