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HENKES (La Haye) ; Rcuiiis: en conseil

l'initiative. Les victoires remportées sur une nature rude ont fortifié la confiance dans la personnalité. L'individu vaut par lui-même; il s'y efi'orce et entend mériter le respect en demeurant simple et toujours sur la brèche.

Prétendre que l'art Scandinave reproduit exactement cet état d'âme serait aller bien loin. Mais il y tend et il aura raison de ne pas chercher ailleurs des inspirations qu'il ne rencontrerait nulle part aussi fécondes. Dans plusieurs salles malencontreusement séparées les unes des autres, les

artistes russes exposaient de nombreuses toiles d'une allure généreuse et en

dehors. Expression fidèle d'un peuple robuste en pleine montée de sève, cet

art touffu dépense sa force en lignes violentes et en couleurs vives. Cette

exubérance se calmera,

ce qui est toujours plus

facile que d'apporter de

la vie là où elle manque,

et la peinture russe ne

tardera pas à compter

parmi les meilleures. ' Dans une immense

toile de M. Piechowski,

lû Procession, les types

de fonctionnaires et de

petite noblesse si minutieusement décrits par

Tolstoï revivaient avec

une na'iveté saisissante.

L'Exposition spéciale

de l'école finlandaise, p. 5, ^^^..^^ (Danemark) : Déjeuner.

LA PEINTURE ETRANGERE

A . zii R N : .s. A/. (Iscar II, rui Je' SiicJc cl de \iin\'gc.

Ces tableaux ne donnaient pas la sensation réconfortante que dégagent les belles oeuvres d'art. Généi'alement peints sans émotion, ils ne pouvaient pas émouvoir. Les figures de femmes elles-mêmes étaient plutôt dures; de presque toutes les physionomies la bonté était absente.

Impérieux, soucieux de paraître forts et redoutant la douceur à l'égal d'une faiblesse, les yeux regardaient sans la tendre lueur d'humanité qui fait la vraie beauté.

La terre de liberté et de libre développement de l'individu serait-elle devenue pardessus tout soucieuse de snobisme, et les

très distincte de l'école russe, et recherchant au contraire la simplicité, était foit appréciée. Edelfelt y montrait la vaillante figure de M""' Pasteur, digne compagne du grand homme.

Les salles de la Grande-Bretagne étaient meublées de nombreux tableaux d'une peinture généralement glacée, bonne à mettre et mise sous verre. Alma-Tadema, Burne Jones, lord Leigton n'y étaient pas représentés par des morceaux de choix ; le préraphaélisme brillait plutôt par son absence; l'ensemble était correct et froid.

WERENSkioi.D : Portrjit J7\m')i

L'EXPOSITION nr SIKCI.E

SOLDAN-EROFELDT : Kepjs SU Fitilauds.

faires, aucune scène intime d'une société au luxe raftlné.

Si les peintres américains sont libres de choisir leurs sujets et de dédaigner les modèles qu'ils ont sous les yeux, au moins leurs œuvres devraient-elles avoir une qualité d'art digne d'un peuple qui aurait besoin de racheter par une recherche d'idéal ce que son struggîe for Ufe a de matériel.

Pour étudier le cœur humain il faut surtout regarder les humbles, et ils ne sont pas en faveur outre-mer. Pour exprimer la pensée il faut avoir souffert, et la souffrance morale n'a pas encore eu le temps de s'épanouir là-bas.

De même que les fruits savoureux ne viennent qu'aux vieux arbres, les sociétés trop jeunes sont peut-être incapables de produire un art mûri.

artistes s'y préoccuperaient-ils de la mode autant que les tailleurs?

Les salles des Etats- Unis causaient une vive déception. On n'y trouvait rien des merveilles naturelles et si variées de l'immense territoire, rien des faubourgs populeux des ^"illes où circulent tant de tvpes curieux, point d'ouvriers aux visages énergiques, pas de tètes enlevées de courageux hommes d'af-

VLADIMIR -M A K 0 V S K Y (Russie) : Le bcau-fén et la bru.

LA PKINTURF. KTRANGERR

Les peintres suisses sont nombreux et d'un art généralement consciencieux. On pouvait leur reprocher de ne pas demander à leur beau pays et aux pittoresques costumes de ses habitants d'assez fréquentes inspirations, mais l'esprit souffle oi^i il veut et leurs toiles sont toujours solidement traitées.

Après plusieurs salles d'hospitalité internationale d'où ne se dégageait aucune saveur d'exotisme, l'exposition étrangère se terminait avec le Japon, de façon très intéressante. C'étaient bien encore les panneaux peints sur papier ou sur soie, avec l'habileté monotone de ces œuvres où se rencontrent des détails exquis, mais qui ne reposent que sur la convention.

Toutefois d'autres artistes japonais abordaient franchement la peinture européenne et montraient que la finesse de leur observation ne tarderait pas à les conduire, aussi bien pour la figure que pour le paysage, vers des oeuvres de haute expression artistique.

E. j. GUEGukv: /.j l'amhe, le dimanche.

La sculpture étrangère occupait la partie gauche de la grande nef. Elle était peu distincte de l'exposition française et les diverses nationalités s'}^ entremêlaient dans un ordre plutôt confus. L'Italie, les Etats-Unis, la Hongrie surtout dominaient la situation par des pièces colossales d'un art un peu gros. Les plâtres étaient plus nombreux que les marbres.

Dans les conditions médiocres de son installation, ce peuple de statues fatiguait l'attention et les œuvres de valeur disparaissaient à côté de grandes machines à effet dont il est inutilede perpétuer le souvenir.

Il paraîtra intéressant de voir comment se répartissaient les 4.0(17 oeuvres envoyées par 2.S22 artistes, et nous en donnons le tableau.

Allemagne

Autriche

Belgique

Bosnie-Herzégovine.

Bulgarie

Croatie-Slavonie . .

Cuba

Danemark

Equateur

Espagne

États-Unis

Grande-Bretagne . .

Grèce

Hongrie

Italie

Japon

Luxembourg . . . .

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