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Remarque est faite que les chiffres des visiteurs sont comptés, pour 1S89 et pour 1900, d'après les tickets perçus. Comme les entrées ont été fixées, le soir et certains jours, à deux tickets et plus, il faut ramener le nombre réel des visiteurs à 25 millions pour 1889 et à 45 millions pour 1900, en chiffres ronds. C'est plus de cinq fois les entrées de l'Exposition de 1867, citée souvent comme type, presque quatre fois celles de 1878 et 20 millions de plus qu'en 1889.
C'est le cas de dire que le succès est sans précédent, car les expositions internationales des autres pays sont bien en arrière de ces chiffres. L'ombre au tableau est formée par les is millions environ de tickets restés sans emploi sur les 65 millions émis. Par qui cette perte aura-t-elle été supportée? Sans doute en partie par les établissements de crédit qui les ont souscrits, mais en par1;ie seulement, car l'émission avait été presque totalement couverte. Les tickets non utilisés sont restés en majeure partie entre les mains des détenteurs de bons qui, pour des raisons multiples, n'auront pas pu s'en servir. Il se perd bien ainsi des obligations de 500 francs dans des proportions encore importantes. Les porteurs n'auront subi qu'une faible
LE TROCADERO, VU SOUS l'aRC Dp; LA TOUR KIFFEL
perte, car ils auront participé à des tirages et, s'ils n'ont pas gagné, c'est le cas de bien des billets de loterie. Personne n'aurait donc été fondé à se plaindre et personne ne s'est plaint, ceux qui ont pu entrer à l'Exposition pour quelques sous encore moins que les autres.
L'opération scra-t-elle heureuse en général et l'État aura-t-il à combler un déficit? On ne le saura que dans quelque temps. S'il y en a un, il ne sera certainement pas élevé. Il ne faut pas perdre de vue non plus les avantages énormes résultant de l'argent apporté en Francepar les visiteurs. En 1889, ces sommes ont été évaluées à plus de 750 millions. Elles dépasseront certainement le milliard pour 1900, et ces chiffres ne comprennent pas l'argent apporté à Paris par les départements, qui peut n'être considéré que comme un déplacement, mais seulement celui venant de l'étranger, qui est un accroissement indiscutable de notre richesse nationale.
La France, qui aurait pu payer sa glorification, n'aura donc pas à le faire. Elle lui aura, au contraire, été profitable.
Quant à vouloir évaluer la somme des richesses exposées pendant 213 jours — du 14 avril au 12 novembre iqoo — souslesyeux du public, il est impossible de se livrer à la moindre approximation. C'est par milliards qu'il faudrait compter les objets pouvant se coter, sans parler des trésors d'art qu'aucune somme d'argent n'aurait pu payer.
PËNSÇiE IDEAL