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GRANDE GALERIE AU PREMIER ÉTAGE DU PAVILLON DE LA GRANDE-BRETAGNE

toile de Paul Vago. Ils y défilaient au tram de charge, superbes d'élan et d'enthousiasme, devant les hussards des armées étrangères, ayant à leur tête Napoléon I"', qui leur rendait hommage d'un salut.

L'Empereur avait éprouvé leur choc et connaissait leur vaillance. '< Avec l'infanterie française, l'artillerie autrichienne et la cavalerie hongroise, disait-il, je conquiers le monde entier. » Peut-être n'était-il pas juste pour ses propres soldats, pour Murât en particulier, qui figurait parmi les dix-huit portraits de cavaliers célébrés dans la salle des Hussards.

Les Hongrois peuvent être fiers. Pour la première fois, jouissant enfin d'une autonomie si longtemps poursuivie, ils se mesuraient avec les autres nations sur le terrain pacifique d'une Exposition. Ils ont remporté une complète victoire.

Si les Anglais ont apporté en général peu d'entrain à leur exposition des diverses classes, il faut reconnaître la grandeur cossue de leur pavillon officiel. Ils avaient reconstitué dans ses lignes générales un de leurs plus typiques manoirs: Kingston house de Bradford-sur-Avon. La distribution intérieure était empruntée

LA RUE DES NATIONS

à ce château et à d'autres demeures historiques, notamment à Knole house, où se trouve la -k Chambre d'argent de Jacques I" », transportée ainsi à Paris.

Il faut citer les pièces de ce pavillon pour se rendre compte de la fidélité avec laquelle l'intérieur somptueux d'une grande habitation anglaise avait été reconstitué :

hall d'entrée et dégagements, bibliothèque, salle à manger, grand et petit salon, escalier d'honneur, puis, au premier étage, une longue galerie, un cabinet chinois, une salle de bains et une série de chambres à coucher, le tout parfaitement distribué pour le confortable, en donnant à ce mot le sens qu'il a véritablement en Angleterre et qui est celui d'un haut luxe.

Ces vastes pièces avaient été transformées en un musée d'autant plus précieux que les toiles qui y étaient suspendues, toutes des chefs-d'œuvre, sortaient en majorité de collections particulières, qu'on n'avait jamais eu l'occasion de les voir et qu'on ne les retrouvera sans doute plus jamais.

Reynolds, Hoppner, Gainsborough, Romney, Raeburn, Turner, Morland. Bonnington, Constable. Lawrence, Hogarth y figuraient avec des œuvres de premier ordre. C'était toute l'ancienne école anglaise, si savoureuse, d'un art si prenant. Surtout des portraits apparaissaient d'une élégance suprême, véritable aristocratie de l'art et des personnages.

Des tapisseries d'après Burne Jones étaient la seule et heureuse concession au goût moderne dans cet ensemble de fierté hautaine où s'affirmait posément la séculaire richesse britannique.

t'Uohij Brauii.

HOPPNER : La princesse Sophie (Exposé au pavillon de la Grande-Bretagne).

Etrange puissance des choses de l'art, qui parlent plus éloquemment que tous les discours et qui, mieux que toutes les créations de leur génie industriel, découvrent l'âme d'un peuple dans ses profondeurs !

A peine franchi le seuil de cette demeure, la grandeur anglaise apparaissait dans ce qu'elle a de noble et d'indépendant.

Le calme reposé de ces salles à la fois magnifiques et familières faisait oublier son âpreté dans le combat pour la vie, et la Grande-Bretagne peut être reconnaissante à ceux qui ont édifié son pavillon.

Une heureuse rencontre de dimensions avait permis à la Belgique de transporter sur le quai d'Orsav, non pas une réduction ou un assemblage de motifs divers, mais en entier et dans sa véritable grandeur, l'hôtel de ville d'Audenarde.

Les moulages en avaient été faits sur place et transportés à Paris. Le plâtre ayant reçu la couleur de la pierre, c'est le chef-d'œuvre même de l'architecte 'Van Peede, construit en 1527 dans le style ogival flamboyant, qu'il nous a été donné de contempler.

A l'intérieur on avait également reproduit la salle des Echevins de cette maison de ville, avec sa haute cheminée. Elle contenait des objets en petit nombre, mais bien choisis pour donner une idée générale de l'art flamand : des tapisseries, des coffres sculptés et peints d'origine espagnole, un tableau d'autel à cinq volets, une châsse de saint Antoine et saint Nicolas, un tableau de Rubens.

Une ingénieuse présentation des curiosités naturelles de la Belgique occupait les salles voûtées du rez-de-chaussée de ce monument unique en son genre dans la rue des Nations.

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