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LE PAVILLON DE LA NORVEGE VUE DE L INTERIEUR ET DE LEXTERIEUR

Le pavillon norvégien reproduisait le type des riches constructions rurales du pays. Il était recouvert de bardeaux, morceaux de sapin éclaté peints en ton rougeàtre. Des ornementations à entrelacs s'y découpaient en blanc.

L'intérieur était occupé par une salle unique, coupée d'une galerie de premier étage. De la toiture, semblable à une carène Je vaisseau renversée, pendait un réseau de filets de pêche soutenus par des cordages.

La pèche y était représentée par ses instruments et ses produits. Des phoques et des cachalots naturalisés animaient des vues panoramiques de fjords. Des barques toutes gréées étaient figurées en maquettes précises. La vie norvégienne apparaissait avec cette activité étonnante qui fait marcher ce peuple à pas de géant.

Le clou était une vitrine contenant une reproduction du Frain et les objets mêmes dont Nansen s'était servi : ses patins, ses raquettes à neige, le petit fourneau où il faisait sa monotone cuisine, le sac de peau dans lequel il dormait ses interminables nuits. La pensée remontait à cette expédition du Pôle Nord où la volonté humaine s'est exprimée avec son maximum d'intensité.

-EXPOSITION DU SIECLF.

Le symbolisme cher à l'Allemagne trouvait son expression suprême dans le pavillon impéi'ial, construit par Johannes Radke, sur les inspirations mêmes de l'empereur. Avec sa flèche dominatrice, ses peintures allégoriques, ses dorures étincelantes, tout l'élancement d'un stvle inspiré de la transition du gothique à la Renaissance, il détachait fièrement sa haute silhouette, emblème de force et de prospérité.

A l'intérieur, la puissance protectrice affirmée au dehors se changeaiten une courtoisie 'réelle

et s'exprimait ainsi dans une notice explicative :

« Peut-on plus noblement contribuer à la grande fête pacifique de l'Exposition universelle qu'en rappelant par ce retour sur le passé la mémoire de ce que le peuple allemand doit, dans le domaine de l'art, à la nation voisine, et le souvenir de l'hommage rendu par le grand Frédéric, un des plus grands esprits de tous les temps, à la civilisation et à l'art français ? »

Ils étaient en effet tout à la grâce, ces salons reconstitués d'après les appartements de Frédéric le Grand à Potsdam et

FAÇADE LATERALE DU PAVILLON I.MI'ERIAL

LA RUE DES NATIONS

à Sans-Souci. Notre xviir siècle y revivait avec ses maîtres les plus charmants, Watteau, Lancret, Pater, Chardin, qui nous apparaissaient plus grands que jamais' Le buste de Voltaire, par Houdon, souriait dans les salons; des portraits en tapisserie des Gobelins représentaient Henri IV et Louis XVI; les meubles avaient été exécutés par les ébénistes de Louis XV. On était en France, au temps volontairement choisi des relations amicales. Ces belles choses jouaient leur rôle

L'EXPOSITION DU SIHCLE

SALON DE FRÉDÉRIC LE GRAND A POTSDAM ( Plafond dapiès la cliambie de iiiusique de Sans-Souci ).

de beauté; elles répandaient la joie et l'apaisement. Les salons contenaient aussi un mobilier exécuté en Allemagne. Notre st3'le s'était en quelque sorte transposé en notes plus aiguës pour devenir le style dit rococo. L'argent, substitué à l'or pour la décoration des meubles et des boiseries, nous paraît rappeler les ornements funéraires. C'est une question d'habitude.

Deux choses avaient été non seulement jugées dignes de figurer dans le pavillon impérial à côté de ces richesses artistiques, mais conviées pour en rehausser l'éclat : les Œuvres de Salut social et l'Édition. Là encore le symbolisme s'affirmait et donnait une leçon de choses. Quoi de plus capable en etïet d'aider à la grandeur d'une nation que le livre qui l'instruit et les institutions qui la moralisent!

L'introduction d'un important travail, consacré à ces œuvres sociales, disait que l'Allemagne est le pays où la loi couvre l'ouvrier de la protection la plus étendue; que l'État et les communes y ont reconnu l'obligation d'assurer un minimum d'existence aux pauvres incapables de travailler; que les institutions de bien-être

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social ne doivent pas avoir un caractère de bienfaisance, mais celui de Tauto-assistance. Il faut remarquer que ce n'est point une brochure socialiste, mais un document officiel qui s'exprime ainsi.

Quant à l'Édition allemande, elle méritait d'être à l'honneur en montrant, depuis ses ouvrages de haut luxe jusqu'à ses petits volumes, de ses estampes magistrales à ses cartes postales, une perfection de fabrication générale, une pi'atique surprenante de toutes les applications des procédés graphiques et la volonté de se dégager de toute bibliophilie étroite pour s'élever aux larges vulgarisations de l'Art.

Le commissariat général allemand avait édité en trois langues un ouvrage destiné à survivre à tous les monuments de l'Exposition. Ce

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