PALAIS OFFICIEL DE L ALGERIE
On avait donné à l'Algérie la place d'honneur. Au pied du Trocadéro, de chaque côté de l'avenue centrale, son palais officiel à droite et l'îlot de ses attractions à gauche offraient au midi la blancheur crue de leurs murailles. Le soleil aidant, l'impression était arabe à souhait, sans être pour cela très attirante.
L'architecte, M. Albert Ballu, n'avait pu éviter dans une reconstitution consciencieuse de monuments réels, cette nudité extérieure où les musulmans affichent leur mépris des choses du monde. Encore l'avait-il relevée de bandeaux et de parements en carreaux de faïence vernissée. Le haut minaret de 28 mètres qui se détachait à l'angle ouest du palais officiel, reproduisait celui de Sidi Bou-Médine près de Tlemcen. Ces minarets se terminent tous en plate-forme, puisque le muezzin doit y monter pour se tourner vers La Mecque et réciter les prières sacrées; la couleur locale n'allait pas jusque-là, encore que ces voix chantantes eussent été curieusement écoutées sur les pentes du Trocadéro.
Si les dehors de l'architecture arabe sont en somme peu avenants, la légèreté des intérieurs est charmante, mais elle ne va pas sans la fraîcheur des eaux vives que l'on cherchait vainement dans le palais.
Timgad, dont le plan en relief occupait la salle d'arrivée au rez-de-chaussée, était une des nombreuses villes romaines qui peuplaient la Tunisie et la province de Constantine. On l'a retrouvée entre Constantine et Biskra. "Vidée au jour de
l'invasioi^ arabe, le sable s'en était peu à peu emparé, plus lentement mais aussi complètepient que la lave du Vésuve de Pompeï. Des travaux de déblaiement qui se continuent mettent à jour des maisons, des rues, des places publiques, toute une ville perdue qui apparaît, mélancolique témoin de Toubii des siècles.
De nombreux restes de l'art romain étaient disposés autour de ce plan, pour témoigner que l'art arabe n'a rien pris aux monuments qu'il avait détruits. Comme style s'entend, car les colonnes des mosquées musulmanes sont en partie formées des fûts de marbre enlevés aux temples romains.
La race qui portait avec elle le néant de son fatalisme a tout détruit là où elle s'est installée. Les travaux romains qui conservaient avec les eaux la fertilité des terres, ont été éventrés; les oliviers qui donnaient la fraîcheur de leur ombre et la richesse de leurs fruits, ont été coupés ; les chèvres ont achevé ce que les arabes avaient laissé. Cette entrée était bien ce qui convenait pour rappeler l'œuvre détestable de l'Islam et dans quel état la colonisation a trouvé ce malheureux pays.
Aussi les débuts furent pénibles. La sécurité était loin d'être complète. Les
orages et les sauterelles apportaient leurs ravages périodiques.
Les premières cultures se ressentirent de l'inexpérience. Des capitaux perdus ne se reconstituèrent pas. L'administration, éternellement ballottée entre le pouvoir civil et l'autorité militaii^e, s'occupait plus de politique que de colonisation. En 1S70, quarante ans après notre occupation du n mai 1830, la colonie était encore loin dune ère de prospérité.
Depuis, de meilleurs jours sont venus à grands pas. La surface des vignes plantées est passée de 13.000 à 13s. 000 hectares; on connaît les cépages qui conviennent au sol. et les difficultés de la vinification sont vaincues. Sans entrer dans le détail des produits, qui comportent tous ceux de la France, la culture du tabac se développe assez pour donner déjà une exportation de
SALLE INTERIEURE Uf P.\LAIS L>E LALGERIL
LES COLONIES FRANÇAISES