‹ L'exposition forestière internationale de 1884 à Edimbourg, Écosse: Aperçu de la situationChapitre 12 sur 74 · Voir l'annexe V · texte numérisé non relu

Voir l'annexe V

bitation à I*oucst, vers Tlndus , jusqu'au pied de rHimalaya. Son aubier est jaune-blanc, son bois parfait rouge, tantôt clair, tantôt foncé, extrêmement dur. Il se dessèche sans se tourmenter et prend un beau poli; sa durée est très grande. Il n*esl attaqué ni par les fourmis blanches ni par le taret. On l'emploie pour faire des mortiers où Ton broie le riz, des pressoirs pour écraser les graines oléagineuses et la canne à sucre, des ustensiles aratoires, des jougs, des pièces de charronnage. Il sert, en Birmanie, à la construction des maisons et les steamers de la flottille de riraouaddy )e consomment en grande quantité dans leurs machines. Dans le nord do l'Inde, on en fait d'excellent charbon. Il a été trouvé bon pour l'emploi en traverses de chemin de fer, et les faibles dimensions de sa tige, par conséquent le grand déchet occasionné par son débit, sont probablement les seules causes qui l'empêchent d'être plus souvent mis en œuvre.

73. Adansonia digitata. — VÂdansonia digitata (le baobab d'Afrique) est probablement l'arbre le plus colossal du monde. On en a vu des sujets de 9 mètres de diamètre. Il provient de l'Afrique tropicale, mais il a été introduit avec succès sur quelques points de rinde. Son bois est clair, tendre et poreux. Les pêcheurs en font des radeaux pour naviguer sur les étangs.

. 74. Aquilaria Agallocha. — VAquilaria Agallocha (colamboc ou bois d'aigle) est un grand arbre vert qu'on rencontre surtout dans la presqu'île de Malacca et l'archipel Malais. Son bois est blanc, tendre, même spongieux, odorant quand il est fraîchement coupé. Il ne pèse guère que 333 kilogrammes par mètre cube. Dans l'intérieur des vieux troncs se trouvent des masses irrégulières de bois plus dur et plus foncé qui constituent le fameux bois d'aigle du commerce (eagle-wood)^ appelé haya garu par les^Malais et akyau par les Birmans. L'akyau est, dit-on, le produit foreîslier le plus important de la région située au sud de Tenasserim, ainsi que de l'archipel de Mergouï. On le trouve en fragments de formes et de dimensions variables, habituellement, sinon toujours, aux endroits où l'arbre a reçu jadis quelque blessure. Pour le récolter, on permet aux concessionnaires d'abattre les arbres et de les laisser pourrir sur place pendant 3 ans ; au bout de ce laps de

temps, ils débitent les troncs et en détachent facilement les parties précieuses.

75. Areca Catechu. — VAreca Catechu, ou palmier de bétel, est cultivé dans toute l'Inde tropicale. Il porte un fruit appelé noix d'areca ou noix de bétel. C'est un des palmiers les plus élégants de cette contrée ; son stipe cylindrique et élancé atteint 30 mètres de hauteur. Laspathe qui enveloppe Taxe fructiféve peut servir à la fabrication du papier. Oh se sert de son bois pour faire des jougs, des hampes de piques, et, à Geylan, des poteaux d'échafaudage.

76. Bischoffia Javanca. — Cette essence fournit un bois rugueux, de dureté moyenne, un peu plus coloré au cœur que dans Taubier. On le regarde dans TAssam comme Tun des meilleurs bois de service et il sert à faire des ponts et d'autres constructions. Ou rappelle quelquefois cèdre rouge.

77. Cedrus Deodara. — Le Cedrus Deodara ou cèdre de VHimalaya constitue une des essences résineuses les plus abondantes et les plus utiles de la région montagneuse de Tlnde septentrionale.- Son bois paraît avoir les qualités de celui du cèdre du Liban. Il donne, en tous cas, d'excellentes traverses de chemin de fer, qu'on n'a pas besoin d'injecter. Nous avons vu qu'on l'a naturalisé avec succès en Ecosse.

78. Dalbergia Sissoo. — heDalbergia Sissoo (le sisoo ou sissu des indigènes) est un bois d'une longue durée, qui se dessèche sans se gondoler ni se déjeter. Nul autre ne lui est préférable pour les moyeux et les jantes de roues, les carcasses de voitures, la sculpture. Autrefois on l'employait en grande quantité à la fabrication des affûts de canons, et il convenait admirablement à cet usage, comme le prouve le fait suivant. Pendant la campagne de l'Afghanistan, des batteries montées sur des atfûts en sissu ont roulé constamment sur le terrain le plus raboteux qu'on puisse imaginer, sans éprouver aucune avarie, tandis qu'il est notoire que les roues faites à Woolwich, spécialement pour le service de l'Inde, avec les meilleurs bois des arsenaux de la métropole, tombent presque en pièces après quelques mois d'usage dans les plaines du Gange.

79. Diospyros Eurzii. — Le Diospyros Kurzii {bois de marbre) est un arbre vert originaire des îles Andaman. La matière ligneuse

EXPOSITION yORESTlÉBE A ËDIMBOUnG-

aurait est veinée de blanc et de gris et les parties foncées en xlrémemeat dures. La masse d'ébëne qui occupe tout le centre ne est de forme irrégulière; on s'en sert ponr l'ébénislerie. Fagrœ.a fragrane. — Tel est le nom d'une essence t feuilles .anles de la Birmanie, dont le bois brun, dur, à grains serrés, laillé, est (rës durable et ne craint pas les attaques du taret. me des essences les plus importantes de la Birmanie \ il sert à itruction des édifices, des ponts, des jetées. Ficus bengalensis. — Le Ficus bengalensis (le banyan) tre considéré comme l'on des arbres les plus caractéristiques de. Il forme souvent à lui seul des forêts entières, par suite

propriété d'émettre des racines adventiTcs parlant de ses les. Le célèbre banyan du jardin botanique de Calcutta, né, il, en 1782, d'une graine déposée dans la couronne d'un ', présentait, en 1863, une cime de 100 mètres d'envergure

mËlres de hauteur. Son bois est peu estimé, mais il se conbien sous l'eau ; aussi l'emploie-t-on pour cuveler les puits. Garcinia traTancorica, — Le Garcinia travancorica a un [irfait rouge foncé, très dur, à texture serrée, avec de belles

plus claires. Il n'a pas beaucoup d'usages, mais sa spleudide tion, ainsi que la façon dont il se travaille et se polit devraient 3 rechercher par l'ébénisterie.

Hopea odorata. — Le Hopea odorala (thingaa) donne des !es de chemin de fer.

Lager&tromia flos regînae. — Le LagerstrSmia ftos re- )asse en Birmanie pour l'essence la plus précieuse après le Ou l'emploie pour la construction des navires, bateaux et , pour celle des édifices, pour le charronnage, et ii Ceylaa i fabrication des tonneaux.

Pinus ezcelsa et P. longifolia. — Le Pinus excetsa oa <ine (pin bleu) et le Pinus longifolia ou chir des indigènes icenl, dans k région de l'Himalaya, notre pin sylvestre. Plstacia integerrima. — Le bols du Pislacia integerrima ssu dur, t grains serrés et égaux, de couleur brune, avec de veines jaunes; il prend un beau poli. L'aubier est attaqué : insectes, mais le bois parfait a une longue durée et est très

estimé : c*est le meilleur beis du N.-O. de l'Himalaya pour la menuiserie. Aussi cette essence est-elle exploitée d*une façon immodérée,

87. Shorea robusta. — Le Shorea rohusta (le saï) est presque sans rival au point de vue de la force, de Télasticité et de la durée. C'est le bois d'œuvre le plus usité dans le nord de l'Inde. On a recours à lui constamment pour faire les palées, les travures et les tabliers des ponts, le solivage et les poteaux d'huisserie des maisons, des affûts de canons, des coffres de chariots, et, avant tout, des traverses de chemins de fer.

88. Xylia dolabriformis. — Enfin le Xylia dolahriformis (le bois de fer du Pégou et de TArakan) sert, en Birmanie, à laconfec^tion des bateaux, des ustensiles aratoires, des chariots, des manches d'outils. Dans l'Inde méridionale, on en fait des traverses de chemins de fer ; en Birmanie et au Bengale, des poteaux télégraphiques. Il a pour densité 0,866.

89. Écorces. — La section de l'Inde à l'Exposition d'Edimbourg renfermait aussi des échantillons d'écorces en nombre considérable. Les unes, comme celles du manguier (Mangifera indica)^ du ber (Zizyphus jujuba)^ du katuwa (Garuga pinnata), de Vamaltas {Cassia fistula)^ servent à la tannerie; d'autres, par exemple celles du maijan (Bauhinia Vahl) et de Vudala {Sterculia villosa)^ sont textiles et employées à la fabrication des cordes et des nattes; d'autres encore, comme celles du jiko (Daphne oleoides) et du bair (Quercus incana)^ servent à la teinturerie; il y en a enfin, notamment Técorce d'un bouleau {Betula bhojpatra)^ qui fournissent du liège.

90. Fruits. — Puis venaient les fruits. Quelques-uns sont comestibles : tel est celui du manguier, cultivé dans l'Inde entière. D'autres, en quantité innombrable, renferment des graines dont on tire de l'huile.

91. Bambous. — Les bambous, les rotins et autres tiges creuses ou flexibles des genres Bambusa, Calamus, Dendvocalamus, avec lesquelles on fait des cannes, des tuyaux, des meubles légers, étaient groupés en bottes ou faisceaux. Certains bambous avaient jusqu'à 24 mètres de long.

EXPOS. FORBST. 4

■in

ïhq

iJ

■Vi

92. Plantes sous-ligneuses et herbacées. — Enfin, h côté des végéliiux ligneux, on avait aussi placÉ les plantes sous-ligneuses et herbacées qui croissent sponlanémenl dans les Torâls et dont le^ usages, comme matières textiles ou tinctoriales el comme subslancea médicinales, drogues, épices, formeraient une liste interminable.

93. Produits fabriqués. Bois mis en œuvre. — Outre les objets que nous venons d'énumérer et qui, nous le répétons, étaient exposés bruts, le service forestier de l'Inde avait envoyé des produits déjà plus ou moins transformés par l'industrie.

Ainsi, en ce qui concerne les bois d'œuvre, le conservateur des forêts de Rangouo (cercle du Pégou, Birmanie) montrait des traverses de chemin de fer en bois de Xytia dolabriformis, Lagerstrômia Flos Reginx, Hopea odoraïa.

Les bois parvenus à un degré de fabrication encore plus avancé el présentés sous forme de meubles, de chariots, d'ustensiles aratoires, d'outils ne manquaient pas non plus. Mais c'étaient surtout les menus objets, tels que coffrets en santal, coupes, pUoirs, encriers en ébène qui pullulaient sur les étagères.

94. Produits fabriqués autres que ceux en bois. — Les produits forestiers autres que le bois occupaient une large place, et nous leur consacrerons quelques lignes, à cause du rôle considérable que jouent certains d'entre eux dans l'importation et dans l'industrie européennes.

95. Gommes et résines. — Les gommes et les résines con.stituent la branche de produits accessoires la plus importante des forêts de l'Inde. Elles proviennent notamment des espèces végétales

L'Àcaàa arabica, qui foamit, dans l'HindousIan, la gomme arabique.

L'Acacia Catechu, déjà nommé dans la liste des bois d'œuvre. La résine qu'on en extrait, appelée cac/iou en français, sert en médecine et dans le tannage des cuirs. On le prépare en faisant évaporer une décoction de bois et de gousses fraiclics. Quand la décoction commence à bouillir, on plonge dans le liquide de menus branchages : il s'y dépose une substance cristalline appelée k(Uh que les

indigènes consomment comme aliment. Après l'enlèvement dukalli, on continue à laisser bouillir jusqu'à ce que le cachou solide se dépose.

h' Acacia Sénégal produit une gomme qu'on recueille et vend dans le Sind, en mélange avec celle de VA. arabica, sous le nom de gomme arabique.

Le Canarium strictum, grand arbre de l'Inde méridionale. On en tire une résine brillante qu'on emploie en pharmacie et aussi comme succédané de la poix de Bourgogne. On la récolte en pratiquant des incisions verticales dans Técorce de l'arbre sur pied, puis en mettant le feu au tronc.

Le Ficus elastica (India rubber tree), qui fournit, comme on sait, le caoutchouc. On le cultive en grand, notamment dans l'Assam, où, en 1880, on en avait déjà planté plus de 300 hectares.

Le Pterocarpus marsupium. Commun dans l'Inde centrale et méridionale, cet arbre produit une gomme-résine rouge appelée kino. C'est un bon astringent, très usité en médecine. Ou l'extrait de l'arbre au moment de la floraison, en faisant des incisions dans l'écorce.

Le Shorea robusta ou sal, déjà mentionné dans la liste des bois d'oeuvre. Sa résine est un astringent employé en cas de dysenterie.

96. Matières tinctoriales ou tannantes. — Les matières tinctoriales ou tannantes et les mordants étaient exposés sous forme de poudres ou de menus fragments. Parmi les végétaux dont ils étaient tirés, il convient de citer :

Le Mangifera indica ou manguier, dont nous avons déjà signalé le fruit comestible et l'écorce propre au tannage des cuirs;

Le Semecarpus Anacardium, dont le fruit contient dans son péricarpe un principe très astringent, universellement employé comme encre à marquer le linge.

97. Fibres textiles. — Les fibres libériennes ou ligneuses utilisées par les cordiers, les vanniers, les fabricants de papier, etc., avaient été expédiées à Edimbourg, tantôt à l'état demi-brut (pâte à papier), tantôt complètement transformées en câbles, nattes, paniers et autres articles du même genre. Une des sources les plus importantes de cette classe de produits est le Caryota urens, beau

52 EXPOSITION FOHESTIÉRE A finiMROUHG.

palmier donl les feuilles donnent une fibre Irôa résistanle convertie en cordes, filots, brosses, balais.

98. Huiles, savons et parfums. — Les huiles, savons et parfums remplissaient des files de bocaux sur les ëllquetles desquels figuraient les noms des espèces viigétalos dont provenaientces substances. Nous nous rappelons :

Le Cinnaniomum seyianicum (le dnname ou ciimamome des anciens), dont le liber fournit une huile essentielle Irès employée dans la parfumerie, tandis que les feuilles et les racines donnent il 'autres huiles moins estimées ;

Et le PogostemoH, don| on extrait le patchouli.

99. Analogie entre la flore de rindo-Chine et celle de rinde. — Nous bornerons là l'cnuméralion des objets ii faire rentrer dans le groupe des produits bruts ou fabriqués. Si, malgré les omissions que nous avons nâcessairement dH commettre en raison de la raultiplicilé desdits objets, on reprochait à notre nomenclature d'être trop longue et trop fastidieuse, noUs justifierions, peulèlre, les détails où nous sommes entrés, en rappelant que certaines essences de l'Inde britannique, el non tes moins estimables, se retrouvent à l'état spontané ou du moins pourraient être introduites avec avantage dans l'Indo-Chine française.

100. Envois provenant d'anciens élèves de Nancy. — Bien que la partie de l'Exposition qui nous occupe fût l'œuvre collective de yi>-tdian Forest Deparlmeni, chaque envoi figurait au catalogue sous le nom du fonctionnaire dont il émanait. Nous avons ainsi pu constater que plusieurs anciens élèves de l'École de Nancy ont contribué à recueillir les objets ci-dessus mentionnés. Ce sont : MM. A. Moir, conservateur des foréls du Cercle de l'École, à Dehra-Dun ; J. P. S. Gamble, conservateur des forûts du Cercle nord de la présidence de Madras; E. D. M. Hooper, conservateur, et A. W. Lushington, aide-conservaleur dans la même présidence. M. Gamble avait fait insérer dans le catalogue, à hk suite de la liste des objets recueillis par ses soins, une intéressante notice sur les forèls de sa conservation.

101. Appareils et instraments divers. — Ce groupe était beaucoup moins riche que le précédent. 11 comprenait surtout des

ÏNDJB BRITANNIQUE. 53

modèles de huttes de bûcherons et de pouls rustiques en troncs d'arbres, envoyés, pour la plupart, par les officiers forestiers du- Punjab.

Gomme il, fallait s'y attendre, les dendromètres n'avaient pas été oubliés. Nous en avons aperçu un inventé par M. G. Hight, du ser-vice de Bombay, G'était une planchette en forme de quart de cercle munie d'une alidade suivant un de ses rayons, avec un perpendicule au centre, et dont le limbe portait l'indication des tangentes naturelles des angles de visée.

102. Collections scientifiques. — Sous cette rubrique, il faut mentionner tout d'abord VIndex Collection, c'est-à-dire la Collectiontype, envoyée par le gouvernement de l'Inde. C'est l'ensemble de spécimens le plus complet qu'on puisse mettre sous les yeux du savant, du commerçant et de l'industriel, pour leur donner une idée des ressources forestières de l'empire. Gelte collection fait grand honneur à M. G. W. Strettell, vice-conservateur de la division des Sunderbunds, qui a été chargé de la réunir, et il serait regrettable qu'elle eût été dispersée après la clôture de l'Exposition. Elle formerait un excellent fonds pour le musée de la nouvelle école forestière de Gooper's Hill. Nous avons compté, sur la partie du catalogue relative à celte collection, 1,064 espèces d'arbres aptes à fournir du bois d'œuvre dans Tlnde entière. L'énoncé seul de ce chiffre montre les difficultés de la tâche qu'assumerait un forestier qui ne voudrait pas se spécialiser dans une seule région.

Signalons encore, dans le groupe qui nous occupe, des échantillons de bois de teak perforés par les galeries d'un gros coléoptère dont le nom vulgaire est Borer Beetle, Cet envoi de M. J. Mein, viceconservateur dans TAssara, prouve que la ressemblance du teak avec le chêne se complète par la simihtude des dangers auxquels sont exposées ces deux essences.

M. le D' Hugh Gleghorn avait aussi mis sous les yeux du public des échantillons montrant les dégradations causées par des insectes dans différentes sortes de bois.

103. Littérature et cartographie en général. — A notre avis, c'est là le groupe qui permet le mieux de juger du degré de perfectionnement auquel est arrivée la valeur technique d'un per*

fi'i

fe;*'^

Kv>

sonnel administratif. Vlndian Forest Department n'avait pas à redouter les résultats de ce critérium. Les livres et brochures sortis de la plume des forestiers du service indien se trouvaient en deux endroits de l'Exposition : les écrits qui n'avaient pas de caractère officiel étaient rangés, pôle-môle avec ceux des différentes nations, dans un meuble de la galerie principale; les ouvrages ou mémoires publiés avec l'attache du Gouvernement avaient été réunis et placés à part, dans le transept de la section indienne, par les soins de M. le D"" W. Schlich, inspecteur général des forôts du gouvernement de l'Inde.

104. Manuel de Sylviculture de H. Bagneris. — Parlons d'àbord de la première série de publications. Nous y avons vu avec plaisir figurer le Manuel de Sylviculture de notre regretté maître M. Bagneris, traduit en anglais par deux de ses anciens élèves, MM. Fernandez et Smythies*. Ces deux jeunes agents ont fort bien reproduit la physionomie sans prétention de ce petit traité élémentaire. Et pourtant leur tâche était assez délicate, car une terminologie forestière consacrée par l'usage n'existant pas encore en anglais, il leur fallait inventer des expressions nouvelles ou attribuer des sens nouveaux à des mots anciens pour rendre les idées de l'auteur. Mais si leurs néologismes ne sont pas à l'abri de la critique, il faut peut-être en rejeter, au moins en partie, la faute sur les imperfections de notre propre terminologie forestière qui semble manquer parfois de la précision scientifique qu'on exige aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, la publication dont il s'agit a eu le succès qu'elle méritait : accueillie avec éloges par la presse anglaise, elle est employée actuellement, comme livre de classe, dans certains établissements d'instruction professionnelle, notamment dans VAgricultural Collège de Gircenster.

105. Traité d'aménagement et d'estimation des forêts par M. Mac-Gregor. — A côté de la sylviculture française se trouvait la sylviculture allemande. M. J.-L. Mac-Gregor est un officier du service de Bombay qui a, sans doute, fait ses études en Allemagne,

1. Eléments of Sylviculture, translated from the French of Bagneris, brj Messrs Fernandez and Smythies. — London, W. Rider and Son, 1883.

car il semble ôire très au courant des lliéories savantes dont l'amé-' nagement et l'estimation des forêts oiit été l'objet dans ce dernier pays. Il les expose d'une façon méthodique dans un ouvrage qui sera consulté avec fruit par les agents anglais sortis de l'École de Nancy qui seraient désireux de connaître la façon dont certaines questions forestières sont envisagées dans d'autres milieux *. Le livre se divise en deux parties : Tune traitant des principes généraux qui régissent la matière, l'autre du levé des parcelles et de l'étude analytique des forêts, avec l'application à leur aménagement des règles posées dans la première partie. L'auteur donne toutes les formules employées par les Allemands, d'une part, pour la détermination de \d. possibilité, c'est-à-dire de la quotité de matière qu'on peut retirer des forêts, tout en cherchant à les constituer d'une façon normale, et d'autre part, pour la fixation de leur renie foncière, c'est-à-dire du revenu net annuel de leur capital-sol, déduction faite des intérêts du capital superficiel ou ligneux engagé. L'auteur termine son ouvrage par des tables de cubage et d'intérêts.

106. « The Indian Forester ». — Citons encore, parmi les publications de la première catégorie, la Revue forestière indienne^ rédigée par M. W.-R. Fisher, le zélé sous-directeur de l'École de Dehra-Dun^ Ce recueil périodique contieot non seulement des articles relatifs aux forêts de l'Inde, mais encore des travaux originaux d'intérêt général sur la sylviculture, l'histoire naturelle, ainsi que des traductions d'ouvrages forestiers européens. C'est cet organe qu'a choisi M. Fisher pour répandre dans le personnel indien les excellentes notions pratiques que renferme le petit traité d'aména-r gement de M. Puton, directeur de notre École nationale forestière K

107. Publications officielles. Généralités. — Nous arrivons maintenant aux publications officielles de ï Indian Forest Department, Afin de mettre un certain ordre dans leur énumération, nous

1. The Organisation and Valuation of Forests on the continental System, in Theory and Practice, by J. L. L. Mac Gregor (of tke Forest Service Bombay). S^ pp. 313. — London, Wyman and Sons, 74-76 Great Queen Street W. G. 1883.

Page 1