EXPOS . FOREST
ât 2 EXPOSITION FORESTIÈRE A EDIMBOURG.
sept fois aussi la valeur de ce rendement tel qu'il est coté sur les marchés*.
Ij-^ C'est, en effet, en Angleterre, mieux que partout ailleurs, que se
vérifie la loi économique mise en lumière par M. Broilliard, à savoir que la consommation du bpis d'oeuvre, loin de diminuer au fur et à mesure que celle de la houille et du fer augmente, prpgresse en môme temps que cette dernière.
2. Origine de rExposition d'Edimbourg. — Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que l'idée d'une exposition internationale, consa-
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1. Diaprés V Annuaire d'éconortiie politique et de statistique de M. Maurice Block pour 1882 (Paris, Guillaumin et G'®, 1882)Je8 importations du Royaume- Uni se sont élevées, en 1881, aux chiffres suivants, en ce qui concerne les ^: bois:
!;> Bois équarris. . . . 1,900,000 /oad^, valant 4,800,000 livres sterl.
Bois sciés et parés . 3,700,000 — — 9,200,000 —
Douves. 100,000 — — 000,000 —
Acajou 42,000 tonnes — 400,000 —
Total 15,000,000 livres sterl.
Comme le load équivaut à 50 pieds cubes, soit l'"<^,416, et la tonne à 40 pieds cubes, soit 1™«,132, on peut admettre que les quantités énoncées cidessus deviennent en mètres cubes et en francs :
Bois équarris. . 2,690,400 m. c. valant 120,000,000 fr. Bois sciés . . . 5,239,200 — — 230,000,000
Douves 141,600 — — 15,000,000
Acajou 47,500 — — 10,000,000
Totaux. . . 8,018,700 — — 375,000,000 fr.
Ces marchandises proviennent d'arbres ayant au moins 0™,30 de diamètre à la base.
Or, d'après M. Broilliard (cours professé à TÉcole forestière), la quantité de bois d'œuvre de même catégorie produite annuellement en France par les forêts soumises au régime forestier peut être évaluée, en nombre rond, à 2,400,000 mètres cubes en gmme, qui représentent, après équarrissage, un volume de 1,200,000 mètres cubes, obtenu par le cubage au */s déduit.
Enfin, en se fondant sur des évaluations émanant de la même autorité, on peut calculer approximativement la valeur sur les marchés de cette même production de la façon 'suivante :
600,000 m. c. en grume de chêne à 40 fr., ci. . 24,000,000fr. 600,000 — — de bois feuillus divers
h 20 fr., ci 12,000,000
1, 200, 000 m. c. en grume de bois résineux à 20 fr., ci. 24,000,000
ensemble: 2,400,000 m. c. 60,000, OOOfr.
crée excUisivemeiit au bois et à sa prodiiclion, ait pris naissaDce et ait été réalisée pour la première fois chez un peuple dont ractivilé industrielle dépasse celle de toutes les autres nations considérées séparément.
L'entreprise dont il s'agit est née de Tinitiative d*un certain nombre de notables écossais parmi lesquels nous citerons M. F. N. Menzies, secrétaire de la Société d'agriculture d'Ecosse, et M. le D' Hugh F. C. Cleghorn, ancien conservateur des forêts à Madras et -actuellement professeur de botanique à l'université de Saint-Andrews.
Ces promoteurs de l'œuvre constituèrent un Comité exécutif qni^ après avoir donné la présidence de l'exposition au très honorable marquis de Lothian, et la vice-présidence à sir James Gibson-Graig, baronet, eut soin de se placer sous le patronage de S. M. la Reine, de la famille royale, des principaux représentants de la noblesse, de hauts dignitaires de la Couronne, de membres du Parlement, de sociétés savantes, en un mot de personnalités éminentes de tous ordres. '
Enfin le Comité exécutif s'adjoignit un Comité général, comprenant près de 200 membres choisis parmi les fonctionnaires supérieurs et les spécialistes les plus distingués du Royaume-Uni, les gouverneurs des possessions, britanniques, les agents forestiers coloniaux, les consuls et autres notabilités des pays étrangers.
3*. Installation matérielle. — L'exposition organisée avec le concours de toutes ces bonnes volontés a été installée à l'extrémité occidentale d'Edimbourg, dans un vaste terrain dépendant de l'hôpital de Donaldson et situé sur le prolongement de Prince's Street, la principale rue de la ville. L'emplacement était fort bien choisi, car il joignait à l'avantage de n'être ni trop restreint ni trop excentrique, celui de se trouver à la fois près d'une gare de chemin de fer (Haymarketstation) et sur le parcours d'une ligne de tramway. On devait prévoir, d'ailleurs, que l'esprit si pratique de nos voisins d'outre-Manche, se révélerait dans les facilités d'accès données au public comme dans toutes les dispositions prises pour satisfaire le visiteur le plus exigeant au point de vue du confort.
Le local de l'exhibition se composait de deux parties. A droite
de rentrée principale se dressait un grand bâiiment en bois, de î: 200 mètres de long sur 20 mètres de large, d'une architecture assez
simple mais non disgracieuse.
11 présentait à ses deux extrémités et en son milieu comme trois transepts reliés eux-mêmes, du côté du Nord, par une galerie latérale parallèle à la nef principale. L'emploi du bois dans la construction d'un édifice destiné à loger des produits forestiers était le fait d'une heureuse inspiration, et l'énorme quantité de poutres et de planches d'épicéa et de pin mises en œuvre pour la circonstance montrait le rôle important que peut jouer la matière ligneuse, même dans le pays le mieux pourvu de richesses métallurgiques. — A gauche de |: l'entrée principale, dans un enclos d'environ 4 hectares de super-
? V ficie, on avait élevé divers pavillons : les uns abritaient des objets
exclus, faute de place, de la grande halle ; les autres constituaient eux-mêmes des articles du catalogue. Ces édicules étaient entourés de plates-bandes et de massifs où les pépiniéristes d'Ecosse avaient placé les spécimens des innombrables essences forestières, indigènes et exotiques, qui prospèrent dans là région, grâce au climat maritime dont elle jouit. L'ensemble formait une sorte de parc où la foule se pressait pendant les belles journées qui ont marqué l'automne de Tannée 188i.
4. Double aspect de l'Exposition. — Il ne faut pas se dissimuler, du reste, que l'Exposition forestière d'Edimbourg, outre son côté scientifique et industriel, avait un côté artistique et commercial qui a, peut-être, contribué autant que l'autre au succès de l'entreprise. Le jardin était illuminé plusieurs fois par semaine au moyen de lampes électriques et de verres de couleur ; des corps de musique s'y faisaient entendre l'après-midi ou le soir ; un petit train de chemin de fer, mû par l'électricité, permettait aux visiteurs d'essayer d'un nouveau mode de locomotion ; enfin, parmi les objets étalés dans les galeries, un grand nombre, tels que des pianos, des tableaux à l'huile, des bijoux, n'avaient que des rapports très éloignés avec les différentes branches de la sylviculture.
C'est qu'il ^st indispensable, pour attirer le grand public dans une exposition scientifique quelconque, et pour la faire réussir, de procurer aux visiteurs des distractions et des amusements. Qui
sait môme si les hommes spéciaux, venus uniquement dans l'intention de se renseigner et de s'instruire, ne seraient pas les premiers à regretter l'absence de tout hors-d'œuvre dans l'arrangement des étalages? Après quelques heures consacrées à l'étude d'un groupa ou d'une section, l'observateur le plus zélé n'éprouve-t-il pas le besoin de se récréer à la vue d'objets divers qui lui fassent oublier un instant ses travaux professionnels ?
5. Écueils évités. -- Mais, si le Comité exécutif de l'Exposition d'Edimbourg a dû payer à la faiblesse humaine le tribut dont il vient d'être question, il a, par contre, résisté à une tendance à laquelle on est peut-être trop disposé à obéir, môme dans les pays où l'exercice du droit de chasse n'appartient pas aux gérants des domaines boisés. Nous voulons parler de la propension qu'on a à donner, dans les expositions forestières, une place considérable aux trophées cynégétiques, au risque de faire croire, ce qui a déjà eu lieu, qu'administrer les forêts consiste surtout à y chasser. En parcourant les galeries de la Forestry-Exhibition, nous avons vu fort peu de traces de la connexité, d'ailleurs incontestable, qui existe entre la sylviculture et la vénerie. 11 n'y a guère à mentionner, dans cet ordre d'idées, que la magnifique collection de têtes d'animaux sauvages, tels que tigres et rhinocéros, réunie par les soins de M. le colonel Michael, qui est bien connu dans l'Inde comme destructeur de fauves. Et pourtant les forestiers des colonies britanniques, appelés à traverser sans cesse, le fusil sur l'épaule, de vastes territoires giboyeux où la chasse est une nécessité autant qu'un plaisir, eussent été excusés à coup sûr s'ils avaient profité de la circonstance pour exhiber en masse les preuves matérielles de leurs exploits.
L'espèce de culte que les Anglais rendent aux grands arbres les a aussi empêchés de faire de trop larges concessions au goût qui porte le public vers tout ce qui est gigantesque et extraordinaire. Les colosses végétaux, si nombreux en Grande-Bretagne, ont été laissés religieusement sur pied, au milieu des forêts et des parcs dont ils sont la gloire et l'ornement, et la plupart des rondelles de dimen-. sions exceptionnelles envoyées à Edimbourg provenaient de sujets brisés par le vent ou arrivés au terme extrême de leur longévité.
6. Examen méthodique de TExposition. — Après cel aperçu géaéral de rËxposition et de ses origiuea, nous allons procéder à Texamen détaillé de ses différentes parties, en nous attachant surtout à en dégager deux groupes de faits :
D'abord ceux qui nous ont paru intéressants au point de vue scientifique et, par suite, susceptibles de contribuer au progrès de la sylviculture dans notre pays;
Ensuite ceux qui nous ont semblé propres à renseigner les industriels et les commerçants français sur la nature et la provenance des produits qu'ils ont à demander à l'étranger.
Pour entreprendre cette étude avec méthode, nous passerons successivement en revue les diverses puissances représentées àTExposilion, en partageant môme, au besoin, un grand État en ses régions naturelles constitutives. Puis, dans chacune de ces divisions, nous consacrerons des articles spéciaux aux exposants les plus importants, par exemple aux administrations publiques et aux associations scientifiques. Enfin, lorsque les objets provenant d'un même pays ou envoyés par le même exposant demanderont, en raison de leur nombre ou de leur variété, à être énumérés avec méthode, nous les grouperons de la façon suivante :
Produits forestiers, bruts et manufacturés;
Appareils, instruments et outils employés en économie forestière;
Collections formées dans un intérêt scientifique;
Littératures et cartographie forestières ;
Objets divers*.
7. Concours bienveillant obtenu. — Ces préliminaires posés, nous pouvons entrer dans le cœur du sujet et étudier successivement les envois de différentes contrées qui ont répondu à l'appel du Comité exécutif. Nous commencerons naturellement par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.
Mais, auparavant, exprimons ici notre gratitude aux nombreuses
1. Nous avions d'abord songé à recourir au classement adopté par le Comité exécutif en vue de l'établissement du catalogue. Mais il nous a paru trop compliqué pour être utilisé avec avantage dans un simple compte rendu. Néanmoins, nous croyons devoir le faire figurer aux annexes (voir l'Annexe I), afin qu'on puisse le consulter à l'occasion.
personnes qui, soit pendant notre présence à Edimbourg, soit depuis notre retour à Nancy, ont bien voulu nous aider dans Taccomplissement de notre lâche.
Nous devons des remerciements tout particuliers à M^ le D' Clegborn. Ce vénérable doyen du corps forestier de l'Inde a daigné se rappeler, dès notre arrivée, les agréables moments qu'il nous avait fait passer en 1881, lors de notre premier voyage en Ecosse, et il nous a traité avec une bienveillance paternelle. C'est grâce à ses bojis offices que nous avons -eu toutes les facilités désirables pour examiner les objets exposés et consulter les documents nécessaires à la rédaction de notre travail.
M. le colonel James Michael, un des organisateurs de la section de rinde; — M. George Cadell, ancien fonctionnaire de ïlndlan Forest Department, secrétaire de l'Exposition ; — M. Edward Jack, délégué du Nouveau-Brunswick ; — M. F. Meldrum, administrateur des scieries de Johor, ont également eu pour nous des attentions délicates pendant les journées que nous avons consacrées à la visite des galeries.
M. le major Bailey, représentant de VIndian office auprès de l'École de Nancy, et M. Takasima, secrétaire de M. Takeï, directeur général des forêts du Japon, nous ont permis, par les explications qu'ils nous ont données, de rectifier les notes que nous avions prises sur les sections indienne et japonaise.
Enfin, n'oublions pas le digne et excellent colonel Pearson que connaissent, au moins de nom, la plupart des forestiers français et qui, s'arrachant aux douceurs de la retraite, n'a pas hésité à franchir sept cents kilomètres, pour nous faire goûter le charme si justement vanté de l'hospitalité écossaise. On a beau connaître l'extrême bonté de certains hommes, elle tient en réserve des marques d'amitié qui dépassent toutes les prévisions.