‹ L'exposition forestière internationale de 1884 à Edimbourg, Écosse: Aperçu de la situationChapitre 5 sur 74 · On y adjoint parfois quelques châtaigniers · texte numérisé non relu

On y adjoint parfois quelques châtaigniers

on constate que les chênes sont de fort belle venue. Gela tient, sans nul cloute, à ce que, sous le climat maritime de la Grande-Bretagne, des pratiques qui, ailleurs, seraient détestables, sont inoffensives, grâce à la grande humidité de l'atmosphère.

20. Traitement et exploitation des chênaies. — Quoi qu'il en soit, les chênaies dont nous venons d'indiquer le mode de création et de traitement jusqu'à l'état de perchis continuent à être éclaircies progressivement, au fur et à mesure que les cimes se développent, de façon à former toujours un massif clair. Quand le peuplement est parvenu à l'état de vieille futaie et que les tiges, présentant un espacement* approximatif de 10 mètres, ont en moyenne de 0",50 à 0°',60 de diamètre, on les abat et on les vend pour le compte du Trésor *. Les sujets de choix sont employés aux constructions navales*.

Les chênes de moins bonne qualité donnent du bois de menuiserie, notamment pour la fabrication des wagons. Geux de petites dimensions, ainsi que les perches d'essences diverses enlevées dans les éclaircies, fournissent des traverses de chemin de fer, des poteaux télégraphiques, des pavés, des étais de mine ^ ; ils constituent enfin les matériaux avec lesquels on fait les clôtures et les barrières des enceintes mises en défens.

21. Taillis sous futaie de Highmeadow Woods. — Une partie de la forêt de Dean, connue plus spécialement sous le nom de Highmeadow Woods, d'une contenance approximative de 1,400 hectares, a été achetée par la Gouronne à lord Gage, il y a environ 50 ans. Elle est affranchie de tout droit d'usage, ce qui permet d'y avoir des sous-bois, et c'est là sans doute la raison pour laquelle on la traite en taillis sous futaie. La révolution du taillis est courte (18 ans), mais suffisante pour donner des perches à, mine.

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1. La valeur sur pied des gros chênes s'élève jusqu'à 140 fr. le mètre cube en grume ; pour les chênes de 0",30 de diamètre elle s'arrête à 45 fr.

2. A répoque où les vaisseaux se faisaient exclusivement en bois, la marine royale recrutait dans la forêt de Dean une grande partie de sa matière première.

3. 11 y a, sous le sol même de la forêt de Dean , des gisements houillers très importants dépendant du bassin de Gardiff.

La réserve, principalement formée par le chône, est d'ailleurs très nombreuse, presque en massif, riche en baliveaux anciens, rappelant, en un mot, celle qui surmonte les bons taillis domaniaux de France quand on a su y appliquer avec discernement les ordonnances de 1669 et de 1827. Elle diiTère cependant de nos futaies sur taillis, en ce que les arbres qui la composent ont tous, paraît-il, été plantés artificiellement, peut-ôlre à cause d*anciens droits de pâturage aujourd'hui éteints, peut-être aussi par suite des idées préconçues qui régnent en Angleterre sur l'éducation des arbres de franc-pied.

Les baliveaux de toute catégorie (baliveaux de l'âge, modernes et anciens) dont le mélange intime constitue cette réserve, ne paraissent pas moins bien venants que les sujets élevés en futaie d'un seul âge dans les cantons voisins. Les arbres de choix sont exploités quand ils ont atteint 1°',20 de diamètre à l^jSO du sol ; parfois, tout en présentant cette dimension, ils n'ont pas plus de 150 ans. •

Voilà les quelques faits que nous avons pu constater dans le.canlon de Highmeadow Woods, au sujet d'une forme de peuplement qui provoque tant de controverses : si arrêtée que soit la conviction qu'on ait sur ce point, on admettra sans doute que de pareils taillis méritaient d'être mentionnés et qu'ils appellent une étude plus approfondie que celle à laquelle nous avons pu nous livrer.

22. Envois de la forêt de Dean. Objets divers. — On comprend aussi, après cette description sommaire de la forêt de Dean, que la partie de l'Exposition qui s'y rapportait ait dépassé en intérêt les envois des autres forêts de la Couronne. 11 ne pouvait d'ailleurs en être autrement, car sir James Campbell, conservateur de ce domaine, est devenu, depuis les nombreuses années qu'ill'administre, un véritable sylviculteur, doué tout à la fois d'un esprit d'observation très développé et d'un goût éclairé pour ces recherches statistiques et expérimentales sans lesquelles le traitement des forêts est condamné à osciller sans cesse entre les spéculations aventureuses et les méthodes routinières.

Les yeux du visiteur étaient tout d'abord attirés par une collection de vingt-neuf rondelles de chêne provenant de sujets âgés de 30 à 228 ans, ayant crû sur différents sols et élevés soit en futaie sur taillis, soit à l'état de futaie d'un seul âge livrée au parcours.

L*une et l'aulre méthode avaient donné de bons résultats, à en juger par la qualité du bois et répaisseur des accroissements.

A côté de ces échantillons de chêne, se trouvaient aussi deux belles sections de châtaignier de 70 ans et onze rondelles de mélèze, de 25 à 70 ans. Ces dernières ne laissaient rien à désirer non plus. L'une d'elles, prise à 1™,50 du sol, sur un sujet de 60 ans, avait 0'°,55 de diamètre, avec un aubier de0'°,04 d'épaisseur et une écorce de O^jOI seulement; le bois en était en outre d'un très beau grain. Il paraît, d'ailleurs, que le bois des mélèzes de 0",30 et audessus se vend jusqu'à 50 fr. le mètre cube dans Dean-Forest. Ce fait mérite d'être rapproché de ceux du môme genre que nous avons eu l'occasion de constater dans le pays de Galles et dans la Forêt- Noire, sans parler de l'Ecosse dont le climat se rapproche quelque peu de celui des Alpes, pays d'origine de cette précieuse essence*.

Sir James Gampbeli avait exposé, en outre, des tronçons de tiges et de branches montrant les effets de l'élagage, et une foule d'outils pour abattre les bois ou décortiquer les chênes.

23. Relevés relatifs à la croissance des chênes. — Mais ce qui nous a paru le plus remarquable dans son exhibition et ce qui donnait à celle-ci un véritable cachet scientifique, c'est un relevé des mensurations effectuées depvis un siècle, par les différents administrateurs qui se sont succédé à Dean-Forest, relativement à la croissance d'un certain nombre de chênes plantés vers 1784. Ce document, imprimé à un grand nombre d'exemplaires par les soins de Sir James Campbell, fait le plus grand honneur au service forestier de la Couronne, surtout en raison de l'époque à laquelle il remonte, et il est un heureux présage pour les destinées scientifiques de l'école forestière anglaise qu'on vient de créer à Gooper's Hill : les professeurs de cet établissement, lorsqu'ils dresseront un programme d'expériences, trouveront facilement des hommes de bonne

1. Voir VÉtude sur l'expérimentation forestière en Allemagne et en Autriche, par MM. Reoss et Bartet, page 258 ad notant (Nancy, Berger-Levrault etC'%1884).

On assure même que Téducation du mélèze comme arbre de réserve dans les taillis sous futaie de TAUemagne centrale et de la partie de la Suisse qui avoisine le lac de Constance donne de très bons résultats.

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&;; volonté pour rappliquer. Nous ne manquons pas de reproduire aux

annexes * le relevé dont il s'agit, afin que le lecteur puisse le consulter au besoin et en tirer les différentes données intéressantes qu'il renferme sur la croissance des chênes en Angleterre.

24. Coup d*œil jeté sur les autres envois d'Angleterre. — Les limites qui s'imposent à notre compte rendu nous interdisent de nous occuper longuement des autres envois provenant de l'Angleterre proprement dite. Un grand nombre d'entre eux n'offraient d'ailleurs qu'un intérêt de curiosité, sans fournir matière à des remarques utiles. Il y en avait même plus d'un qui ne touchait à la sylviculture que d'une façon très détournée.

Nous nous contenterons donc de prendre les quelques numéros du catalogue qui ont plus spécialement attiré notre attention.

25. Ministère de la guerre. — Le département de la guerre avait exposé des échantillons de bois pour affûts de canons, crosses de fusils et lances, ^insi que des spécimens de charbons servant à la

|j fabrication de la poudre.

26. Jardins de Kew. — La direction dos célèbres jardins royaux de Kew, qui possède une belle collection de bois bruts et manufacturés, s'était dessaisie, pour la circonstance, d'une partie de ses richesses.

27. Forêt d'Epping. — M. A. Macken^ie, conservateur d'Eppiflg- Forest, avait également fait preuve de bon vouloir; mais la forêt d'Epping, qui appartient à la cité de Londres et est située à une trentaine de Idiomètres au nord-est de cette ville, joue, par rapport à ses habitants, le même rôle que le bois de Vincennes à l'égard des Parisiens ; c'est un lieu de promenade sans importance au point de vue sylvicole.

28. Arbres des parcs. — Quelques rondelles de bois d'essences indigènes ou exotiques permettaient de juger de la beauté des arbres qui ornent les parcs anglais. Citons entre autres une section transversale détachée d'un cèdre du Liban, crû à Byram, dans le comté d'York, ot renversé par un ouragan, le 11 décembre 1883, après avoir atteint un ûge supérieur à 200 ans ; il avait 0",90 de diamètre J

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