ART LATIN DU VI° SIÈCLE
Musée de Sen
1° feuillet. — Bacchus Helios, barbu et nu, tenant un thyrse levé, est debout sur un char traîiné par un centaure. Près de lui se tient Ampélos. Plus bas, trois divinités marines nagent dans les flots. Dans le haut, des scènes de vendanges.
2° feuillet. — Le lever de la lune. La Mer est assise près des flots. Au-dessus d'elle, Diane debout sur un char traîné par deux taureaux. Une draperie flotte autour de sa tête qu'orne un croissant ; elle porte une torche. Devant elle, un satyre et une femme nue. Dans le haut, Vénus dans une coquille, deux femmes couchées et un Amour.
C'est un spécimen remarquable de ces diptyques à sujets mythologiques faits pour des particuliers à l'occasion d'un événement important de leur vie. Mais cela est demeuré incertain, de même que la date précise à leur assigner. Ayant appartenu autrefois au Trésor de la Cathédrale de Sens, il est passé au musée de la ville. Il sert, depuis le xin° siècle, de reliure à la
fameuse Prose de l'Ane ou Office des Fous.
Publié par Miuux (Voyage dans les Départements du Midi) ; — Lacroix et Séré (Moyen Age et Renaissance ; La Reliure) ; — Lamarre (Les Arts industriels) ; — Mowraiccon (Trésor de la Cathédrale de Sens); Pozszxy, Wesrwoon et Mever; Juutior (Bulletin de la Société archéologique de Sens) ;
Émize Mounier (Les Îvoires).
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VIERGE ET ENFANT JÉSUS
Ivoire FIN DU XIII° SIÈCLE
ise de Villeneuve-lès-Avignon
La série des figures isolées, en ivoire, des Vierges portant l'enfant Jésus, assises ou debout, présente une suite du plus grand intérêt, dans laquelle on peut suivre le développement parallèle de la sculpture en ivoire et de la sculpture monumentale, à l’époque gothique.
La Vierge de Villeneuve-lès-Avignon est une des plus importantes par sa dimension qui la fait la plus grande de cette série, par la conservation de sa polychromie qui permet de se rendre
compte du goût que l’on eut à l’époque gothique, comme chez les Grecs, pour la sculpture
g colorée. Le teint du visage est indiqué par une légère couche de carmin, les cheveux étaient dorés, ainsi que la bande ornementale qui borde le manteau. L'avant-bras, depuis le coude et la main droite, ont été maladroitement refaits.
L'attitude de la Vierge, un peu contournée et maniérée (nécessitée peut-être par la forme même de la dent d’éléphant dans laquelle la statuette fut dégrossie), est bien celle que l’on voit apparaître à la fin du xm° siècle et s'accuser au siècle suivant. Aux attitudes hiératiques et un
peu figées de l’âge précédent, succédait un goût plus vif pour la nature et la vérité, une recherche
de la grâce et de la tendresse. La Vierge s'est féminisée. La Reine des cieux n’est plus qu'une mère souriant à son petit enfant. L'enfant lui-même, qui auparavant bénissait, joue maintenant avec sa mère. Ici, debout et tout le corps appuyé, abandonné sur elle, il lui sourit, sa petite main
serrant l'étoffe du corsage.