‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif français (volume 2)Chapitre 28 sur 52 · LS S · texte numérisé non relu

LS S

Trésor de la cat

Le calice et la patène sont en or, enrichis

sonnés, d'une technique curieuse et d'une cou

IÈCLE

hédrale de Nancy

tantôt de pierreries, tantôt de petits émaux cloi-

eur admirable, qui sont enchâssés au milieu de

rinceaux en filigrane. Certains ont émis l'étrange opinion que ces objets d'orfèvrerie rappelaient

l’art byzantin ; qu'on doit repousser, au point de vue de la tec

La tradition veut qu'ils aient appartenu à s

opinion admissible, si l’on entend parler de l'influence qui s'y fait sentir; mais

nique et de l'exécution.

aint Gozlin, évêque de Toul, mort en 952, ainsi

que la Couverture d'Evangéliaire publiée dans ce recueil, et le Peigne d'ivoire. Ainsi que les

plus anciens monuments du trésor de l'abbaye 4 spécimens, tout à fait précieux pour la France, lingiennes. Et Toul, siège d'un grand évêché, d

à ceux de Conques.

e Conques en Rouergue, nous avons là quelques

de l'art pratiqué dans les grandes abbayes caro-

evait posséder des ateliers monastiques analogues

Tous ces objets, après avoir été conservés à l'ancienne cathédrale de Toul, sont passés au

trésor de la cathédrale de Nancy.

SÉATUE-DE SAINTEFOY

Or

SIÈCLE

Assise sur un siège de vermeil à haut dossier, elle est posée de face, tête haute, bras étendus. Elle est vêtue d’une robe d’or semée de trèfles repoussés qui disparaissent sous l'abondance des pierreries de tout genre, émeraudes, onyx, cabochons, camées, intailles antiques, dues à la piété des fidèles, au cours des siècles. La tête, un peu en arrière, est couverte d’une tiare à la byzantine. Elle poursuit son rêve de deux grands yeux émaillés de blanc et de bleu. C'est bien la plus surprenante image d'orfèvrerie que nous ayons recueillie du Moyen Age.

A la fin du 1x° siècle, les moines de l'abbaye de Conques étaient entrés en possession des reliques d'une sainte martyre d'Agen, sainte Foy. Les miracles opérés par l'intercession de la sainte devinrent si nombreux que la renommée s’en répandit dans l’Aquitaine et que les dons affluèrent en grand nombre à l'abbaye. Si bien qu'un siècle plus tard, vers 990, l'abbé Étienne I" eut l'idée de fabriquer de la sainte une image en or, dans l'atelier même d’orfèvrerie que Conques possédait, comme toutes les abbayes carolingiennes d'alors. Les miracles furent encore plus nombreux, et un écolâtre d'Angers, de passage à Conques au commencement

du xr siècle, a laissé le curieux récit des « Miracles de sainte Foy >.

Le trésor de Conques, découvert par Prosper Mérimée en 1837, fut étudié en 1861 par

Darcel, qui en a laissé une monographie des plus complètes.

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