‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif français (volume 2)Chapitre 29 sur 52 · DIT DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

DIT DE CHARLEMAGNE

Orfèvrerie

Trésor de l'abbaye de Conques en Rouergu

Cette pièce en forme d'A est en bois de chêne recouvert de plaques d’orfèvrerie en argent doré. Un anneau circulaire, dans lequel est enchâssée une grosse lentille en cristal de roche, forme son sommet ; les deux montants de la lettre, comme l'anneau, sont couverts de pierres cabochons entourées de filigranes en rinceaux. La base, sans doute rapportée ultérieurement, est décorée de larges rinceaux repoussés. Deux anges, en argent repoussé, fixés sur des morceaux de chêne, se dressant au-dessus de la base, sont aussi des additions moins anciennes.

Suivant une tradition qui avait cours dans les abbayes d'Aquitaine au xn° siècle, Charlemagne aurait légué à vingt-deux abbayes de son empire, fondées par ses soins, autant de reliquaires affectant chacun la forme d'une lettre de l'alphabet. L'abbaye de Conques, dans cette distribution, aurait reçu la lettre A. — Pour des raisons historiques, M. Émile Molinier rejeté une semblable hypothèse ; Charlemagne, si l'on admettait même un semblable partage, ne l'aurait jamais fait aux abbayes d'Aquitaine, mais aux abbayes des bords du Rhin, où il résidait habituellement.

On sait qu'il fut fabriqué à Conques, à la fin du xi° siècle, deux grands crucifix, qui uèr

JNIlPNEeSt eo

nécessairement portaient appendues à leurs bras horizontaux les lettres A et £ g douteux que l'A de Charlemagne n'en provienne. Et si l'on examine attentivement la base talutée qui réunit les deux jambages, on s'aperçoit qu'elle est rapportée et formée de fragments provenant d'antitulus où se lit « Jesus Nazarenus Rex Judæorum >. La grandeur des caractères, qui ne pouvaient s'appliquer qu'à une croix de dimension exceptionnelle, permet de supposer

que ce titulus est le dernier vestige de la croix de Conques, à laquelle l'A était suspendu.

en man sage

D rpm Den ue en

er np gt re

Page 1