‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif français (volume 2)Chapitre 35 sur 52 · tome XVIII · texte numérisé non relu

tome XVIII

Ce monument est, en outre, du plus haut intérêt à rapprocher «€

d'hui disparu, que Suger, abbé de Saint-Denis, fit exécuter pour lab

description dans le livre de son administration.

, Qquarante-cinquième abbé

Annales archéologiques,

‘un pied de croix, aujour-

aye et dont il a laissé une

PLAQUE ÉMAILLÉE TOMBEAU DE GEOFFROY PLANTAGENET Émail champlevé XII° SIÈCLE

Musée du Man

Sous une arcature en plein cintre soutenue par des colonnes, surmontée de trois édicules, le prince est représenté debout, tenant de la main droite une épée nue et haute, et de l’autre un grand bouclier triangulaire, de couleur d'azur, chargé de quatre léopards gravés. Sa barbe et ses cheveux sont émaillés de jaune sur un fond à réseau de fleurettes blanches et bleu lapis. Il est coiffé d'un bonnet pointu, émaillé d'azur, au lionceau d'or. Son costume, celui des nobles au milieu du xu° siècle, se compose d’un manteau bleu de ciel, doublé en fourrures, agrafé sur l'épaule gauche; d'une longue robe bleu clair, avec un bliaud vert par-dessus. Au sommet de la plaque, une inscription :

Ense tuo princeps predonum turba fugatur

Eccle [s] ïis que quies pace vigente datur.

« Par ton épée, à prince, la troupe des brigands est mise en fuite, et la paix rétablie donne le repos aux Églises. »

On a discuté sur l'identité du prince représenté sur cette plaque tombale : Labarte pensait que c'était Henri Il Plantagenet, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. L'autorité de Ch. de Linas et de M. Émile Molinier doit nous faire accepter le nom de Geoffroy Plantagenet et admettre que cette plaque a été faite, après la mort du prince, pour son tombeau, que lui fit élever l'évêque Guillaume de Passavant, dans l’église Saint-Julien du Mans, entre les années 1151 et 1160. La plaque y demeura jusqu'en 1562. — On a discuté également sur l’origine de ce monument, que plusieurs archéologues ont longtemps considéré comme allemand. Il est maintenant acquis que ce monument se rattache à la fabrication de Limoges et en est la pièce la plus remarquable

et la plus considérable (0"63<o"33) que nous possédions pour le xne siècle.

Lararre (Histoire des Arts industriels).

Cu. pe Linas (Œuvres de Limoges, conservées à l'étranger). M. Éuize Mounier (Note sur les Origines de l'Émaillerie). M. E. Rumx (Œuvre de Limoges, p. 89).

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