LIMOGES — FIN DU XII‘ SIÈCLE
Cette châsse, en forme de maison, offre une diversité de sujets tout à fait rare.
Face antérieure : sur la caisse la Descente de Croix, la Descente aux Limbes de Jésus qui délivre trois élus que deux démons veulent retenir, et les Pélerins d'Emmaüs.
Sur le toit, les Saintes Femmes au Tombeau et le Moi me langere. Au revers, décoration
de rosac Sur chaque côté, des arcatures trilobées abritant deux apôtres en réserve avec têtes
en relief. Tous les personnages sont émaillés, à l'exception des têtes réservées et gravées au trait, et émaillées de rouge. Les robes sont généralement bleu clair bordées de blanc, et les manteaux bleu lapis bordés de bleu clair. L'émail vert est fréquemment employé. Le corps du Christ descendu de la croix est émaillé de blanc. Les émaux sont très puissants et d'une grande intensité de valeurs.
Ce monument a été publié avec reproduction en chromo-lithographie par M. Lon: périer Grimoard (Bulletin de la Société Archéologique de Senlis. Tome Ill. page 209), et décrit de
nouveau par M. E. Rupin (Œuvre de Limoges, page 367).
TRIPIFOUE CHASSE DE SAINT-AIGNAN Émail champlevé, Limoges
XIII° SIÈCLE
Cathédrale de Chartres
En forme d'édicule, à pignon aigu, reposant sur quatre pieds carrés, et muni de deux volets mobiles. À l’intérieur, sur un fond semé de grands rinceaux polychromes est figurée la Crucifixion avec des personnages en relief (le Christ ayant été remplacé par un bronze du xvu® siècle). Les volets sont ornés à l'intérieur, à gauche, d’une sainte debout tenant une croix, et, à droite, d’un apôtre. Mais ces deux personnages sont sans doute des travaux de restauration, étant beaucoup trop grands pour la mandorle qui devait les envelopper. On distingue encore derrière eux la silhouette des figures primitives qui devaient être assises.
Le meuble fermé présente, sur l'extérieur des volets, la Descente du Saint-Esprit : douze apôtres assis sous des arcatures trilobées, en trois registres, au-dessus desquels une main du Christ est ouverte et laisse échapper des flammes rayonnantes.
Ce monument d'émaillerie, sorte d’armoire qui devait servir de reliquaire ou de garde d'images sacrées, est un spécimen excessivement rare par sa dimension et sa conservation. Seule, une grande châsse, trouvée récemment dans une fouille opérée en Angoumois, peut en être rapprochée.
D'après la tradition, ce monument ne serait entré au trésor de la cathédrale de Chartres qu'au commencement de ce siècle, après le pillage de l'église de Saint-Aignan. Il aurait été racheté par un orfèvre de la ville pour le compte de la fabrique de la Cathédrale pour la somme dérisoire de 161 fr. 50.
Conf. Cu. pe Linas (Émaux limousins et triptyque de la cathédrale de Chartres).
ve Méuy (Trésor de la cathédrale de Chartr.
E. Rumx (L'Œuvre de Limoges, page 500).