‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif françaisChapitre 26 sur 51 · DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE · texte numérisé non relu

DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE

Ebénisterie et cuivres par Schwerdjeger

Palais du Petit Trianon, à Versailles

Le corps principal, porté par huit pieds à faisceaux surmontés de têtes d’aigles accolées, présente trois panneaux séparés par des figures de femmes en cariatides symbolisant les saisons. Le panneau central offre un grand médaillon en bas-relief représentant les Arts libéraux, dont le cadre de cuivre ciselé se détache sur un fond de nacre. Les panneaux latéraux sont ornés d’arabesques sous verre, peintes par Degault, et entourées d’une bordure de nacre de perle. Le couronnement est formé d’un groupe de trois figures, la Richesse, l’Art et le Commerce, qui portaient la couronne royale aujourd'hui disparue.

Quelque condamnable, au point de vue de la logique du meuble et de l’art, que puisse être ce monument, il faut reconnaître la merveilleuse exécution technique de ses diverses parties; tous les bronzes ciselés semblent être de Thomire, et les cariatides sont à comparer avec celles qui servent d’anses au grand vase de porcelaine de Sèvres que possède le Musée du Louvre.

Madame Campan nous apprend dans ses Mémoires que ce meuble a été exécuté par l’ébéniste allemand Schwerdfeger sous la direction de Bonnefoy-Duplan, garde-meuble -concierge de la Reine au château de Trianon. Il aurait été terminé en 1787. — Une armoire toute semblable est conservée au château de Windsor, où elle est attribuée, sans raison, à Riesener. L’œuvre de Schwerdfeger fut imitée plus tard sous le Premier Empire par Jacob, quand il exécuta les deux armoires à bijoux de Joséphine et de Marie-Louise.

Conf. M. de Champeaux [Le Meuble. Tome II, page 282).

M. Émile Molinier [ Histoire des Arts Industriels. Le Mobilier. Tome III, page 208).

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