PAR FRAGONARD
Collection de Madame Hébert
La figure longue et fine, les cheveux relevés et massés sur le sommet de la tête, découvrant le front, les yeux vifs, le nez mince et la bouche spirituelle, tel est le genre de grâce féminine que Fragonard semble avoir particulièrement goûté. Rappelez-vous l’admirable figure de femme, dite le Chant, dans la galerie La Caze du Louvre, de plus d’importance, mais pas plus spirituelle ni vive, et d’une exécution aussi pleine de bravoure. Cette pâte ambrée, si généreuse dans son éclat, si savoureuse à regarder, c’est là une qualité sensible qu’une école étrangère a su fort bien s’assimiler, et la parenté artistique devient facile à établir entre des peintres du xvme siècle tels que Fragonard, et les grands peintres anglais tels que Reynolds.