BOIS ET MOBILIER DU XIII* AU XVI* SIÈCLE
et la classification qui paraîtrait s’imposer pour des objets aussi mobiles, créés souvent bien loin des lieux où on les rencontre, semblerait devoir être basée surtout sur le choix des modèles. M. Émile Molinier, dans son livre sur le Mobilier, a établi d’une façon plus rationnelle, semble-t-il, pour les meubles français de la Renaissance, deux grandes périodes, la première comprenant les règnes de Louis XII et de François I" et offrant des formes du Moyen Age à décor encore gothique ; la seconde où, sous l’influence des graveurs et des architectes, les huchiers tendent à reproduire des monuments d’architecture classique, en les interprétant librement et en en tirant des conceptions et des formes personnelles.
De la première classe, la Rétrospective ne put montrer que peu de types, les principaux étant les portes du Palais de Justice de Dijon et celles de Bourges. La seconde série comprendrait, au contraire, les deux remarquables meubles de Madame la marquise Arconati- Visconti et de la collection de M. Chabrières-Arlès.
Le meuble de la marquise Arconati-Visconti est une des œuvres les plus caractéristiques du style de Hugues Sambin. Sa polychromie en est d’une étonnante conservation, et c’est un des meubles les plus représentatifs de cette école et de cette époque.
Le dressoir de la collection Chabrières-Arlès est bien significatif de cette école lyonnaise qui fut si féconde et dont on connaît encore un grand nombre de meubles. Plus simple et plus pur était un petit dressoir, de proportions et de lignes rappelant Du Cerceau, appartenant à Madame la marquise Arconati. Il eût été difficile de rencontrer une plus belle chayère ou une plus belle table que celles prêtées par M. Chabrières-Arlès.