LE PORTUGAL
Que diable pourrons-uous dire du Portugal? M. Ferrère dans ses articles si complets roue a fait un fort affreux en parlant de cette baignoire en marbre, offrant tout le confortable d'un sarcophage, qui est le plus bel ornement de la galerie des machines (section portugaise). Quelque chose est joli, cependant, c'est le pavillon. Les nations qui n'avaient rien à mettre dans la galerie que nous parcourons ont exposé des pavilions qui répètent ceux du Parc comme l'ouverture d'un opéra répète Us airs du corps de la partition. Tunis, Japon, Roumanie, Egypte, Portugal ont fait assaut de pavillons; tous ces kiosques sont gracieux et reposent la vue.
Nous nous demandions ce que nous pourrions dire du Portugal. Un bon ange nous soufl'le la réponse. Le Portugal aime et pratique paisiblement la liberté. Donner le bon exemple vaut mieux qu'exposer des canons ou des modèles de vaisseaux cuirassés.
l'espagne.
L'exposition espagnole est une des mieux organisées dans toutes ses parties : un goût parfait a présidé à toutes les installations.
Barcelone, la ville la plus industrieuse de l'Espagne, a envoyé des machines à vapeur aussi bien exécutées que celles des pays les plus réputés pour le travail du fer, et, en outre, une chose fort originale, un gigantesque miroir d'acier, de plusieurs mètres de superficie, soutenu par un Hercule coulé en fonte. Cette glace de cyclopes fera bonne figure dans la salle des gardes d'un château seigneurial.
I^a direction générale des travaux puhhcs a exposé une série de modèles non moins remarquables que ceux de notre Ecole des Ponts et Chaussées, dont nous avons parlé longuement, il y a quelque temps.
Il y avait en Espagne, au commencement de l'année, plus de 5000 kilomètres de chemins de fer en exploitation; en outre, 2000 étaient concédés, .3000 à l'étude. Il n'existait pas dans celte contrée un seul kilomètre de voies de fer il y a vingt ans, et la rapidité de la construction est d'autant plus remarquable que presque toutes ces lignes ont été exécutées en pleines montagnes. Voici un fait qui donnera une idée des difficultés qu'il a fallu vaincre. Sur la ligne de Cordoue à Malaga, on fut arrêté, en perçant un tunnel, par un abîme qui séparait la montagne en deux et sur lequel il fallut- jeter un pont. Quoique la crevasse s'élevât jusqu'à la cime, on ignorait son existence, car il est impossible d'escalader la montagne sous laquelle on perçait le tunnel.
Le modèle le plus intéressant se rapportant à ce genre de travaux est celui d'un pont provisoire en bois, long de plus de 300 mètres,
construit en vingt jourj, et qui fait encore bon service. Il ne faudrait pas pourtant s'y fier trop longtemps.
Les modèles de phares sont nombreux et soignés. Le phare en fer de l'embouchure de l'Ebre est un remarquable spécimen de ce nouveau genre de constructions; il fau* encore noter un très-pittoresque fanal des côtes de Majorque, construit sur une voirie naturelle de rochers, et surtout le phare du cap Palos': l'édifice es' un monument, le modèle est une œuvre d'art.
Nous terminerons en citant le canal d'Isabelle 11, qui amène de 19 lieues les eaux potables nécessaires à la consommation de Madrid. L's réservoirs de cet aqueduc auront une capacité totale de 236 000 mètres cubes; comme point de comparaison, on peut se rap peler que les fameu.v réservoirs à deux étages de Jlénilmontant ne peuvent contenir plus de 1 31 000 mètres cubes d'eau.