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LA FABRIQUE DE DRAGÉES

C'est par un tapage assourdissant que s'annonce celte fabrication.

La première chose qui nous frappe est une bassine en cuivre tournant sur un axe incliné mij par une manivelle, et qui sert de séchoir aux dragées déjà presque achevées. Un courant d'air y est ménagé au moyen de trous pratiqués sur les parois. Quelques bassines sont construites de façon à recevoir par une bouche de chaleur un air briîlant qui souffle

constamment sur les dragées, pendant la rotation de l'appareil.

Mais procédons par ordre.

L'antique dragée à noyau d'amande est bien détrônée aujourd'hui : nos friands n'ont plus les dents assez solides pour les croquer; il faut que, immédiatement après l'enveloppe du sucre, leur palais savoure une crème ou une liqueur douce; et puis l'amande rancit; — et les amandes amères! — N'ou-

LA RUE DE NORMANDIE. — Dessin de M. Cliiverie.

blions pas la belle grimace que nous faisions enfant, quand par malheur il nous en tombait une sous la dent.

Or, comment introduit-on dans cette petite coque blanche de sucre la délicieuse pâte ou les sirops que nous y découvrons? Il est bien juste que l'Exposition nous apprenne au moins ce détail curieux d'une fabrication dont tous les baptêmes et tous les mariages rendent obligatoire la consommation.

J'ai moi-même divisé les dragées modernes en deux genres; celles qui contiennent des pâtes fondantes et celles qui contiennent des sirops ou des liqueurs.

Voici les procédés qui nous sont dévoilés par l'Exposilion.

On commence par préparer la pâte devant composer le cœur de la dragée. Elle se fait comme toute crème que l'on rend consistante. Oq roule ensuite mécaniquement ou

L'EXPOSITIOIN UNIVERSELLE DE 18G7 ILLUSTREE.

petits cylindres

avec des moules, cette pâte fortement sucrée pour lui donner la forme cylindrique qui sera, sauf un léger aplatissement, celle de la dragée terminée.

En cet état, on place dans la bassine en cuivre déjà

mentionnée, en arrosant avec quelques cuillerées de sirop de sucre très-concentré, coloré ou non, et on tourne la manivelle — ici commence le bruit. — L'air chaud fait son œuvre de dessiccation et bientôt la dragée s'entoure d'une mince pellicule de sucre durci. On ajoute une nouvelle proportion ide sirop et on tourne encore. Après quelques lieures, la dragée est terminée.

Je ne sais si, seul des spectateurs, j'ai été intrigué par le désir de connaître le procédé em- ' ployé pour introduire des liqueurs dans les dragées; on cherche souvent bien loin ce qui est bien près, et rien n'est plus simple.

Un phénomène qui s'appelle en physique l'état sphéroïdal, est toute la base du procédé.

Avez-vous jamais remarqué qu'une goutte d'eau tombant dans une poudre fine, ne s'aplatit pas, mais au contraire . j:':- s'arrondit en se recouvrant d'une légère couche de la poudre en question ! Eh bien ! tout est là.

Dans du sucre réduit en poussière impalpable, ou laisse tomber quelques gouttes de la 1 iqucur sirupeuse; à l'instant il se forme une petite boule entourée de sucre; un mouvement imprimé au récipient augmente cette couche, et en cet état on procède comme pour la pâte dont j'ai déjà indi- I qué la manipulation.

Faut-il ajouter que la I confiserie a comme tou- I tes les industries de 1 manipulation , ses petites roueries; on a, I en effet, constaté à la suite du bas prix que i ses produits atteignent aujourd'hui, que I beaucoup de dragées, spécialement, étaient ' vendues à peine un peu plus cher que ne I le serait le boa sucre raffiné et moins cher ' que les amandes employées : les dragées à

la pistache, à l'amande ou au chocolat sont les plus chères.

D'où vient ce mystère'? Mon Dieu! l'amidon n'y est pas étranger et le sucre n'est pas toujours à son poste. Frères par la couleur, ils

PETITS MÉTIERS : Les Dragées. - Dessin de M. Gaildrau.

le sont par le dévouement, ils se remplaceni, — l'amidon surtout — car le sucre ferait un métier de dupe s'il voulait remplacer son complaisant compagnon.

Or, en chimie mémo, rien ne ressemble au sucre comme l'amidon. Qu'on me permette

PETITS MÉTIERS : Les Filets pour Chevcn.x

de placer en regard les deux formules chimiques de ces substances. Pour le sucre : carbone 12; hydrogène 11 ; oxygène 11. Pour /'ajm</on : carbone 12; hydrogène 10; oxygène 1 0. Différence t une molécule d'eau.

Si l'iode ne décelait pas l'amidon par la couleur bleue qu'il développe dans l'eau ami-

donnée il un millième, on ne saurait en vérité en reconnaître la présence, surtout si la dose est inaccessible à la sensibiUté du palais.

Heureusement, il n'y a rien de nuisible dans cette addition un peu,... hardie, et en définitive elle met à la portée des pelils sous, qui n'y regardent pas de si près, une innocente jouissance.

A. ChinAc.

Les Filets.

Un des premiers fabricants de filets de Paris, M. Gérard Thibaut, entretient à l'Exposition trois ouvrières habiles qui chaque jour sont entourées d'une cour nombreuse de curieux des deux se.ves qui ne semblent pas se lasser d'admirer leur habileté. C'est du filet à la main qu'elles fabriquent, car les procédés mécaniques n'ont pas apporté de progrès réels dans cette industrie. Le filet mécanique est moins solide, il ne peut s'exécuter qu'en pièces de grandes dimensions et pour les résilles, par exemple, il serait impossible, il est impossible jusqu'à présent, veux-je dire, d'obtenir l'arrondissement progressif si nécessaire pour que la résille emboîte convenable- ; flt. ment les cheveux qu'on

lui confie.

Au premier abord , l'industrie des filets paraît bien peu do chose.

L'origine se perd dans la nuit des temps. Le procédé est élémentaire.

C'estle même qu'emploie le pêcheur pour confectionner ses nasses. Une navette, un moule et de la ficelle, il ne lui faut rien de plus. Ici, au lieu de ficelle, on emploie de la soie, du cordonnet de soie, mais si la matière diflère, l'ouvrage reste absolument le même, à la taille près. Et cependant cette industrie se chifl're par un total considérable. Il y a à Paris une vingtaine de maisons importantes exploitant la même industrie. On comprend dès lors qu'il ait paru nécessaire de faire figurer à l'Exposition quelques ouvrières qui représentent celte spécialité.

Pour bien se rendre compte de l'impor-

tance sociale des industries de cette nature, il faut savoir à qui elles profitent. M. Thibaut et ses confrères ne tiennent pas en ville ou dans Hos faubourgs, dans des ateliers placés sous leur direction innnédiate, les deux ou trois mille ouvrières qui travaillent pour chacune de ces maisons. Non, c'est en Nor mandie, en Alsace, dans nos campagnes, dans nos villages, aux champs, à la veillée que sont disséminées les ouvrières qui ont confectionné, mesdames, ce fdet de soie qui contient votre opulente chevelure. C'est un appoint que le luxe de la ville paye à la vie des campagnards. Tout en faisant ses devoirs de femme de ménage, en soignant les enfants, en veillant à la soupe, Mathurine ou .laquette gagne, selon son habileté, de 1 fr. hO ■à 2fr. 50 par jour à faire du ûlet. Les jeunes filles elles-mêmes sontde bonne heure aptes à gagner ainsi leur vie, et c'est la meilleure des dots à appoiter à un mari cultivateur que cette habileté d'ouvrière qui peut, sans né- "li"er les soins de l'intérieur, augmenter bon an mal an de six k huit cents francs les lecettes du petit ménage.

L'industrie du filet comporte trois articles : le miton et gant de filet, le châle, la résille. Les châles et les gants se brodent à la main après coup, et c'est à ce travail de broderie que sont alors employées les ouvrières parisiennes. Les résilles s'agrémentent de cent façons variées, surtout pour satisfaire aux besoins de l'exportation. Ce sont des perles soufflées, des perles taillées, en verre de toutes couleurs, c'est le jais sous ses mille formes, c'est enfin une quantité innombrable d'ornementations en cuivre, en acier, en argent, en or, des sequins, despendeloques, des boules, des grelots, etc., etc. , sans compter les agréments de soie, de ruban, de velours, les garnitures de chiuiUe et jusqu'aux franges dorées, fort goûtées au Brésil et dans les républiques espagnoUs de l'.Vmérique du .Sud.

AtGUSTIi PoiTEViri.

L9 Piano de M. Kriegelstein fils.

Par ce temps de saxophones, les pianos américains, qui pourraient au besoin suppléer toutes les musiques militaires augmentées d'une double batterie, devaient l'emporter sur les autres: il faut convenir qu'ils ont une puissance de sonorité inouïe ; mais nous no les croyons pas destinés à produire une révolution dans les différents modes de fabrication adoptés et suivis sur notre continent.

Jamais nos facteurs n'adçpteront les doubles cordes de fer avec plaque d'attache et barrages de fonte, ils les laisseront en tuuln propriété à leurs confrères d'Amérique, et

continueront à cliercliBr par la précision, la solidité de mécanisme et la perfection de toutes les parties, à donner à leurs instruments non-seulement la puissance, mais cette égalité de son qui manque aux pianos plus tapageurs.

Les pianos étant des instruments de salon, de salle de concerts et non de place publique, on n'en doit forcer ni exagérer la sonorité: il serait ridicule de fabriquer des orgues d'harmonie auxquels on donnerait la puissance de sonorité de l'orgue de Saint-Eustache.

Le volume du son doit être en raison directe de l'espace à parcoiirir.

Lejury n'a peut-être pas tenu assez compte de cette raison-lâ; il s'est laisse téduire, dans la vaste salle du Palais, par des qualités toutes factices, qui hors de lâ pourraient bien être des défauts essentiels, des vices de lèze-harmonie sans circonstances atténuantes ni cas rédhibitoircs.

Bien a pris à MM. Erard, Henri Herz et Pleyel Wolf d'être hors concours, car ils auraient été infailliblement immolés comme h s autres au phntoniene américain.

Huit facteurs français ont obtenu la médaille d'argent: tous peut-être méritaient la médaille d'or; chacun d'eux le croit, et nous n'avons aucune raison pour penser le contraire.

Mais M. Kriegelstein, l'inventeur de deux systèmes de double échappement, l'un pour pianos à queue et l'autre pour pianos droits, et qui a exposé cette année une vraie merveille, n'a pas été plus favorablement traité que les autres.

Ce déni de justice a vivement ému ses plus illustres confrères qui ont très-hautement protesté et n'ont pas craint d'en appeler à l'Empereur de l'inexplicable décision du

Voici un fragment de leur honorable supplique :

« Nous prions Votre Majesté d'accorder une médaille d'or à la maison Kriegelstein fonilée en i8Ml,el à laquelle il a été accordé :

K 1834, médaille d'argent;

« 1 839, médaille d'argent ;

(( 1849, médaille d'or;

« 1 855, médaille de première classe ;

« 1862, Londiea. Prizemedal.

ic Cette maison mérite à tous égards la distinction que nous sollicitons pour elle.

« Votre Majesté, si soucieuse de protéger les intérêts de l'industrie, daignera, nous l'espérons, prendre en considération notre demande.

i< Nous sommes, Sire, de Votre Blajesté impériale, etc..

Signé : SciiAEFf er-Eiîard, Pli^vel- WoLF et Cie, Huceittek, A. Ca-

VAILLÉ-COLL, A. DeBAIN, WlIL- LIAUME. »

Nous ne doutons pas que cette lettre, si honorable pour celui qui en est l'objet et pour ceux qui l'ont écrite, n'ait été remise sous les yeux de l'Empereur; mais la réparation et la justice demandées n'ont pas encore été obtenues.

M. Kriegelstein, qui s'est vu infliger la simple médaille d'argent avec la résignation d'un homme dont le mérite est méconnu, et que le sentiment de sa valeur console des plus péuiblea injustices, est plus fier aujourd'hui du brevet d'honneur que lui ont signe ses plus renommés confrères que du grand prix que lui eiit justement adjugé la Commission.

Son piano, si modeste qu'il soit en apparence, est appelé à faire plus de bruit dans le monde que ceux de MM. Steinvvay et Chickering et que tous les pianos américains ensemble.

PnOSI'Ell PoiTEVl.\.

La Gare du Cliamp de Mars.

La gare du Champ de Mars est destinée â disparaître prochainement, comme tous les autres monuments de l'Exposition. C'est dommage; c'estune construction biun réussie et dont nous faisons notre compliment à l'architecte qui l'a édifiée.

La voie ferrée qui relie le Champ de Mars au chemin de ceinture est une voie excentrique, c'est-â-dire qu'au lieu d'aller vers Paris, elle s'en éloigne. Sa longueur est do trois kilomètres j usqu'à la station de Grenelle, point de jonction avec le chemin de ceinture. Si bien que cette voie excentrique a justifié cette proposition bizarre : que le chemin le plus long pour aller d'un point à un autre, est un chemin de fer.

L'exploitation a commencé la 1" avril, le jour même de l'ouverture de l'Expo.sition. Le nombre des voyageurs transportés, aller et retour, jusqu'auS novembre est de 1 474000, soit un peu moins de 7000 par jour. Lei-etard apporté à la réception des travaux n'a pas permis au chemin du Champ de Mars de rendre à l'installation des produits tous les services qu'il aurait dû rendre, pour le transport des colis.

Qu'a coûté l'établissemeiit de cette voie éphémère '? Je n'estime pas la dépense à moins de deux millions, dont 500 000 environ pour la gare. La construction toute seule a coûté 21 0 000 fr. ; il faut ajouter à ce prix les rem biais considérables, les plaques tournantes, les conduits de gaz et les voies de garage.

Qu'aproduit lechemin? .Moins de 1 00 000 f . , si l'on estime qu'il partage la recette avec le chemin de ceinture, d'après le nombre de kilomètres parcourus.

On a dit que la voie avait été construite de façon â ne pas durer. C'est une erreur : on

LEXPOSrnoN universelle de 18f.7 ILLUSTHÉE.

a exigé la même solidité que pour un chemin permanent. Ce qui a donné naissance à celte erreur, c'est que la voie occupe, en effet, l'emplacement de la berge du fleuve, que M. le Préfet de la Seine s'est réservée pour construire les quais de Grenelle.

Mais ni les quais, ni le chemin de fer ne sont nécessaires dans ces parages, si Ir Champ de Mars relournc à sa première destination.

Lorsque ce chemin fut volé par le Corps Législatif, il fut spécifié qu'on pourrait exiger fa démolition, après le service temporaire auquel il était destiné. Toutes les parties intéressées ayant intérêt à celte démolition, cette c'ause delà loi ne saurait larder i éire exécutée.

J'ai dit que les voyageurs n'avaient pas rapporté au chemin du Champ de Mars plus de UlOOOO fr., loute compensation de parcours faite a\ec le chemin de ceinture.

Mais de cette somme il faut déduire en dépense, les frais de personnel, surveillants et employés, le gaz et tout le service du malériel. Parce que ce chemina produit en pleii]c foule, on peut calculer ce qu'il produirait avec le Champ de Mars déserlé.

A le démolir, la Compagnie trouvera cel avantage de disposer de son personnel pour un service plus utile, de faire emploi des rails sur son nouveau réseau, et de rentrer Jdans le produit de la vente des démolitions de la gare. Le produit des démolitions ne portera pas, bien entendu, sur l'ensemble des Idépenses de la gare, montant de 400 à i500 000 fr., mais seulement surles 2l0000fr i|que la construction a coûté.

C est grand dommage que cette construc ilion doive disparaître, car elie est fort réus- »ie, nous l'avons dit. Deux grands escaliers is'arcboutant par-dessus l'avenue Suli'ren, (font communiquer la gare avec le Parc de I Exposition. Une large teriasse s'ouvre devant la façade, et sert de buvette d'attente. .L'ollice de la buvette est à l'autre bout de la :^are, avec le bureau des journaux. A droite lit à gauche sont les guichets de dépari, l'un loour Grenelle, rive gauche, l'autre pour liuleuil, rive droite. Les dimensions de l'inlérieur sont suffisantes pour recevoir la foule.

La gare des marchandises est en contreaias, latérale au quai : des rails la font communiquer de plain-pied avec le Champ de 'iars, jusque dans l'enceinte de la Galerie des Machines, ce qui fait que Its colis passent iiu Palais sur la voie ferrée, sans transbordement.

Comme on le \oil, nous continuons à relueillir les vesliges des choses que bientôt la ne verra plus, et qui ne vivront que dans I souvenir.

Fr. Ducuijïg.

-'iir>

LE« OMIî^SlONS.

Pendant que l'Exposition achève son déménagement, que les encans attendent un public qui ne peut plus entrer, et que le défilé homérique des grandes machines commence sur les railsde la galerie rétablis, continuons l'œuvre de réparation et de redressement que nous avons entreprise,

Après l'article de M. A. Vitu, dans noire livraison 45 sur la classe 94, beaucoup de nos lecteurs, qui avaient connaissance d'un travail tout opposé de M. L. Figuier sur le même sujet, nous ont demandé si vraiment le jury avait bien fait d'attribuer un grand prix à M. Uufresne pour son procédé de dorure qui garantit les ouvriers contre les évaporations dangereuses du mercure.

Il est vrai que M. le duc de Leuchtemberg avait trouvé depuis 1851 le moyen de dorer les métaux sans mercure : c'est ainsi qu'a été dorée la cathédrale du Siuiveur à Moscou; et la somme d'or ainsi dépensée depuis IS51 sur les objets d'orfèvrerie dépasse plusieurs millions. Mais le procédé de M. le duc de Leuchtemberg n'a rien de commun avec celui de M. Dufresne. Ici, c'est de la dorure au mal qu'il s'agit, c'est-à-dire de cette dorure pour ainsi dire velouiée et grasse, qui ne s'obtient que par le traitement au mercure.

■Voici quels dangers présente pour les ouvriers la dorure au mat, la seule vraiment artistique : prenons l'opération au moment où la pi( ceà dorer passeà la l'orge. L'ouvrier, placé devant un feu ardent, et obligé de déployer unegrande activité et unecertaine quantité de force muiculaire, suivant le calibre de la pièce à manœuvrer au feu , devient par cela même plus accessible à l'aclioii pénétraLte des vapeurs mercurielles qui se dégagent, et plus exposé à l'intoxication. Il n'a d'autre moyen de se préserver que l'interposition d'un châssis vitré dont la forge est munie à son ouverture. Ce châssis, mobile comme le tablier d'une cheminée, peut être monlé ou descendu suivant la nécessité de ralentir ou d'augmenter lu tirage, et sert, par conséquent, à isoler plus ou moins l'ouvrier de la pièce qu'il brosse, tout en lui permettant do voir ce qu'il fait.

Ce moyen de préservation a été perfectionné, notamment dans les ateliers de la maison Christofle. Mais le danger, pour avoir été diminué, n'en existe pas moins.

Avec le procédé de M. Dufresne, il disparaît à peu près complètement. Mais M. Dufresne est-il vraiment l'inventeur du nouveau sysième de dorure au maf?

Il n'y a, je crois, aucun inconvénient à dire ce qui s'est passé. M. Dufre=ne est un fort galant homme, plus artiste encore que savant: il a une exposition tout à fait remarquable d'objets d'art et de damasquinages qui, à elle seule, mériterait un grand prix.

Mais la récompense propoïée pour lui par le jury de la classe 94, au sujet de son procédé de dorure au mat, fut Irès-discutée au sein du jury de groupe. Il ne fallut rien moins que l'autorité du président du groupe, l'illustre baron de Liebig, qui était allé visilcr lui-même l'atelier où le procédé de M. Dufresne était en pratique, pour entraîner l'adhésion du groupe et plus fard celle du jury supérieur, où le grand prix ne passa pas non plus sans contestations.

En effet, il existe depuis 1,S50 un procédé pyro-électrique, pour la dorure au mat sans danger pour la santé des ouvriers, employé par iM. Masselottefils, un vrai chef de mélier, celui-là. L'auteur de ce procédj travaille depuisdix-septans pour la plupart des orfèvres et des bronziers de Paris, et il n'a pas songé à réclamer le piix de son invention à l'Exposition de 1S07, où pourtant il a obtenu une médaille d'argent.

Voici comment M. Masselolte termine une brochure qu'il a publiée sur son procédé: « Depuis dix-sept ans, il est de notoriété que mes ateliers ne produiseiitpoint d'émanations mercuiielles, qu'ils n'ont rien d'insalubre et que les dorures produites par mon système ne redoutent aucune comparaison, tant elles présentent de perfection et de solidité. Ces faits démontrent que, dès 1850, je faisais de la dorure au mat, pur le procédé pyro-électrique, réalisée sans danger pour la santé des ouvriers.»

Nous devions signaler ce précédent, afin de rendre à chacun ce qui lui est dû.

Je ne conmiis M. Masselotte que par la référence de quelques industriels, de mes amis.

Fil. f^ecciixc.

LISTE

Nous continuons, sous toutes réserves et sauf rectirications, la liste des nouvelles récompenses. Il y a, notamment dans la classe 70, diverses médailles d'or accoj'dées aux coopérateurs, lesquelles n'ont pas encore été définitivement attribuées. F. D.

(lllOlJl'E Vlll.

CLASSE 76 (suilu).

Médailles d'or avec objets d'an.

Vicomte Benoisl d'Azy. Saint-Bénin-d'Azy. — Elevage d'animaux de boucherie. — Frauce.

Lacour. Sainl-Fargeau. — Élevage d'animaux de

boucherie. — France.

Lncharme. Sernrages. — Application de la .sélection

à la race du Jlorvan. — France.

S. A. Mme la pr-iucesse Baccrochi. Korn-er-Hoûet.

Elevage de la race bretonne. — France.

Ferdinand Suif. Le Pavillon. — Application de la

sélection à la race charollaise. — France. Franvois Vachon. Trèche et Beanlieu. Application de la séli'ction à la race juras.sienne.

France.

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