‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 108 sur 134 · COOPÉRATEUR · texte numérisé non relu

COOPÉRATEUR

Mesures prises contre le typhus. —

MOtJTONS, CHÈVRES, ETC.

Grand priXé

S. M. l'Empereur des Français. — Services rendus à l'agriculture. — France. '

LA GARE DU CHAMP DE MARS. — Dessin de M. Desroches-Valnay. Médailles d'or avec objcls d'art.

Pluchet Trappes. Moutons dishley-mérinos (race de

Trappes). — France.

De Béhague. Dampierre. — Race south-down. —

France.

Japiot-Colton. Châtillon-sur-Seine. — Mérinos no

plissés. — France.

Montenot-Beau. Vesle. — Mérinos non plissés. France.

Gilbert. WideviUe. — Mérinos plissés. — FrancE Gugnot. La Douairière. — Mérinos plissés. — France

Imprimerie générale de Ch. Lahure, rue de Fleurua, 9, à Pari».

l EXPOSITIO^ UNIVERSEL

PUBLICATION INTERNATIONALE AUTORISÉE PAR LA COMMISSION IMPÉRIALE

ÉDITEUIl :

Concessionnaire du Catalogue officiel, éditeur de la Commission

imnpria Ip

impériale.

8 pages, moitié texte, moitié gravun

Le premier vc

IQ îr. pour Paris, 18 fr. pour lea Départements.

La Livra Par 1 1 poste .

Pour rèlranger, les droili de poste e Bureaux d'abonnements : rue de Richelieu, 108.

M. F. Drcriivc:,

Membre du Jury international.

Le second volume, 488 pages, moitié texte, moil sera termine li; 30 novemlire.

L'ouvrage complet. 30 fr., Paris; 36 fr., Départemeni?

18 Novembre 1867.

I. Itichard Cobdcn (suite), par M. Michel Chevalier. — II. La Maroquinerie (l grav.),parM. Prosper Poitevin.

— III. Les #(rc/(ines-0i/ï(7s(l-grav.),parM. Ch.Boissay.

— IV. Le Chalet de la Blanchisserie modèle (1 grav 1 par M. Victor Cosse. — V. Le Parc à poulets (1 grav!)' par M. Fr. Dccuing. — VI. La rue de Belgique (1 grav.), par M. Chirac. — VII. La Campagne de France, tableau de M. McissonierCi grav.), par M. Alfred

Assollant. — VIII. La Chapellerie (1 grav.), par M. J. Laurent-Lapp. — IX. Les Générateurs et les Machines Farcat (2 grav.), par M. Ch.Boissay.— X Napolfon législateur, statue de M. CuilUiume{l grav.) par M. Fr. Ducuing. — XI. Liste des médailles (suite)! — 10 gravures.

LA MAHOQUliNKHJK. - Dessin de Ai. Hjckebusclis.

Vol. 1!.

Richard Cobden.

r.\K M. MICilKL r:!IEVAI.I^Il

(Ml,.)

1j: traité de commerce du 'io janvier 18(i0, (■ iiimenté prr les conventions complémentaires d'octolirc et novembre, a aboli en l'rance toutes les f rohibitions commerciales et les a remplacées par des droits modérés ■variant de 5 à '.'O jjour d/d, quelquefois même par la fiarubise en'.ièro il a rendu possible l'entrée en France d'un bon nombre d'articles de fabrication anglai- eet déterminé, dans l'indublrie française des peifectionnemcnts, à la suite desquels nos manufacturiers se sunt, pour la plupart, réconciliés avec la lilitTlé du commerce.

Ce traité (tait destiné à être plus qu'un airangcment entre la France.et l'Angleterre. Il futs-nivi presqueimmcd atementd'actes semblables entre la Fraurc d'une part, la Belgique, le Zolveicin, la Suisse et l'Italie d ai.tre pnrt. Il a popularisé dans le monde entier la lilierlé commerciale, dont il a préparé ainsi le Irionipbe définitif.

(jette liicbe remplie, Richard Cobden re loorna en Angleterre, et le gouveri ement lui offrit des emplois et des dis ii étions qu'il lel'ufa. Il ne lui convenait pas d'être à cbarge au trésor, n ême en rendant des services à sa patrie, quoiqun sa fortune se fût tort dérangée au milieu des soins exclusifs qu'il donnait aux affaires publiques. A partir de ce moment, il eut lieu de manifester par des actes d'un nuire genre que les traités d^ commerce, son ferme attacbementà la sainte alliance des peuples da .s l'intérêt commun. Il avait, de longue main, la conviction que la plupart des guerres qui ont éclaté entie les États et dévasté le monde doivint être imputées à l'ambition ou à l'arrogance des princes et à l'égoïsme des aristocraties militaires qui, n'ayant d importance qu'au milieu de ces sanglants et ruineux ébats, s'efforcent de les susciter. En d'autres lerm^s, à ses jeux, la guerre était une immense folie, presque toujours sans cause légitime. 11 lui répugnait extrêmement qu'on inscrivit au budget des sommes énormes pour accroîtie l'état mi ilaire de son pays II détestait les expéditioDs lointaines et ne manqu. it jamais une occasion de montrer l'aversion qu'elles Un inspiraient. C'est ainsi qu'il blâmait les entreprises dirigées contre les princes liniitropbes de l'empire anglais dans Flnde et en Chine. Une fois, de concert avec ses Emis de Manchester, il réussit à faire condamner par le parlement une expédition contre les Chinois; mais le ministère en appela aux électeurs, et, dans l'élcctii n nouvelle, Richard Cobden, John Bright et leurs intime, , perdirent momentanément leur siège au Par-

lement. C'était en 18,i7 . U n'avait (las davanl.ige été favorable à la guerre de Crimée.

Peu après la signature du traité de commerce, le premier ministre, lord Pa'merstou, crut ou fit semblant de croire que la sécuiité de l'Angleterre était menacée i ar l'i mpcreur des Français, et que, par conséquent, on ne pouvait trop agrandir la Hotte i i trop fortifier le littoral. Il imagina de fonder la popularité de son administration sur les préjugés hos'/les à la France, préjugés vivaces encore p3,mi les populationsbritannique.=, de mêmi\ an surplus, qu'en Franceon obtient do faciles applaudissements en affichant des lentiments de haine ou de défiance contre l'Angleterie. Les acquisitions bien peu importantes ' 'a Savoie et Nice) que la France s'était assurées en 1859, en fondant en Italie une monarchie autrement puissante déjà que le royaume de Sardaigne, et destinée à absorber prochainement tonte la Péninsule, avaient excité LU Angleterre des démonstratior s d'inimiiié. Le parti tnry pouvait en pr fiter pour renverser lord Palmerston. Celui-ci, pour que celte arme ne lervit pas contre lui, s'en empara et la fit sienne. Il afferta de craindre les entreprises de la France et de supposer qu'il était indispensable, urgent de se précautionner contrî une invasion. La marice eut un gros budget, sous prétexte de la puissance de la marine française. Des fortificati-io:) furent é ab^es à grands frais sur le littoral, même en des points oi'i il était évidemment chimérique de supposer qu'une armée viendrait débarqufr. L'idée d'organiser des milices sous la forme de bataillons de volontaires reçut mille encouragements, comme au temps où Napoléon 1" menaçait l'Angleterre du haut des coteaux de Boulogne. On vit même, à la sollicitation du ministre, la souveraine du Hoyaumi-I.ni se rendre au camp de "Wimbledon, et là, de sa royale main, tirer à la cible pour donner la mesure du danger que courait la pairie et 1 exemple de la résistance à opposer aux envahisseurs.

Richard Cobden passa les dernières années de sa vie à lutter contre le méchant calcul en vertu duqrel lord Palmerston achetait la faveur de la partie la moins intelligente de la nation et la to'érance d'une grande partie des tories, en affectant de prévoir une agression de la France. La chambre des Communes, non ejue sa majorité partageât les craintes rée les ou jouées de lord Palmerston, mais pour éviter un changement de cabinet qui lui paraissait soulever des difficutlés, donna raison au premier ministre, et vota les sommes qu'il demandait.

A l'opposé de krd Palmerston, Bicliard Cobden, en cela parfaitement secondé par quelques amis et particulièrement par John Bright, recommandait tout ce qui pouvait rapprocher l'Angleterre des peuples du continent et spécialement de son ancienne rivale. Il fut l'adversaite infatigable des gros bud-

gets des départements militaires, même, il se montra très-favorable au canal de l'isthme de Suez, que lord l'almerston s'efforçait d'entraver, quoiqu'il dût êire utile à l'Angleterre plus qu'à personne; mais le chef de l'entreprise, M. Ferdinand de Lesseps, était Français. Pareillemeut Richard Cubden soutint le projet de lemplacer, en Ai glet'.rre, le système ancien des poids et mesuris, par le système intliique décimal qui i st en usage si avantageusement en France et dans beaucoup d'autres pays. Ici encore IcrJ Palmeroton intervint avec le sent'uient d'animosilé sincèr<" ou feint contre la France qui lui réussis! ail si bien. Le hill proposé par un membre éclairé de lach mbre des Commune.', M. Ewar., conformément aux conclusions unanimes d'un comité d'enquête, fu', ious la pression du premier ministre", dont ses collègues consentirent à se faire les dociles instrumen's, m. d fié, ou plujôt altéré, de manière à se réduire à rien à piu près. La loi votée se borne en effet à reconnaître aux habitants du Royaume-Uni la faculté de traiter et contracter en mesures empruntées au système métrique.

Richard Cobden s'occupa aussi, dans les derniers temps, d'une modification au cole maritime internatiot al qui aurait donné, en temp 1 de guerre, à la marchandise, sur mer, les mêmes garanties qu'elle possède sur tei re. L'o(.inion qu'il soutint était conforme à la répon>e faite par les Élats-ULÙs à la propoaitio-i d'adhérer aux règles posées par le congiès de Paris de 1856, relativement au droit maritime. La q eslion reste encore pendante.

Richard Cobden n'a de sa vie rempli aucun emploi public autre que celui de membre du Parlement, si ce n'est pendant le temps qu'il consa ra à négocier à Paris le traité de corameice elles conventions d'octobre et de novembre 18(10. Pendant qu'il était en Amérique, au printemps de 1859, lord Palmerston, rentrant alors au gouvernement, avait fait choix de lui pour la présidence du bureau du commerce (c'est l'équivalent du portefeuille du commerce). Il en reçut la nouvelle en débarquant à Liverpool. Il n'hésita pas un instant, il refusa, et fit connaître au premier ministre, dans l'entretien où il lui notifia son refus, qu'il entendait le gouvernement tout autrement que lui. Il éprouvait une aversion qu'il dissimulait peu pour l'école politique à laquelle appartenait lord Palmerston, école où l'on change de drapeau avec une parfaite aisance, comme si rien n'était plus naturel parmi les hommes d'État que de brûler ce qu'on adorait et d'adorer ce qu'on brûlait dès qu'on a un intérêt d'ambition àsati-faire.

Deux ans avant sa mort, Richard Cobden publia le plus remarquable de ses écrits, c'est la brochure intitulée les Trois Paniques'. Les trois périodes auxquelles il faisait ainsi allusion étaient celles de 18'i7, 1852-53, et

1, Traduit ei frani;,ii,s par M. Xiivicr Eaymond.

1S(il-()2. 11 monlra le n»an(do3 frayfurs affichées par le parti de la guerre, il fit ressortir la part qu'y avaient la fiction et le calcul, et prouva combien, en fait, l'altitude et la pensée de la France étaient inoffensives. Cet écrit contribua, on peut le croire, à modérer les passions que d'autres s'efforçaient de déchaîner, mais il n'eiii pécha pas le budget militaire de l'Angleterre de s'élever, en temps de paix, à des proportions excessives.

Richard Cobien avait contracté sur mer, pendant une nuit froide de décembre 18.59, dans un voyage entre Paris et la ville de Brighlou, où résilait momentanétnent sa famille, une indisposition qui se fixa sur la poitrine. Ce mal intérieur le dévora pendant quelques années, quoiqu'il (ît bonne contenance, voulant, comme l'empereur lomain, mourir debout II y succomba presque subitement le 2 aviil ISCi. 11 a lai^sé parmi ses concitoyens un nom béni par des myriades de familles dont il a amélioré l'existence, et honoré par les hommes d'État. On lui a é-igé une statue, hommage visible du respect qui entoure sa mémoire. Ce respect est partagé par l'élite des hommes de cœur de tous les pays. Richard Cobden restera comme un des plus beaux types du dévoumient aux intérf ts publics, de la sympathie énergiqueme it féconde pour le grand nombre, ainsi que de la loyauté et du désintéressement.

Richard Cobden n'a cepei.dant pas obtenu la faveur d'une tombe â Weslmiusler; de petites passions et d'étroites rancunes l'ont privé de cet honneur si mérité. Mais ci n'est pas Westminster qui lui manque.c'est lui qui manque à Westminster. Tout ce que le gouvernement crut pouvoir faire fut d'offiir à sa veuve, qui est digne de lui, une pen ion qui eût été considérable, 15(10 livres sterling ^ 3751)0 francs), mais Mme (jobden répondit qu'elle ne pouvait accepter, parce qup ce serait contraire aux sentiments qui animaient son miri. Les amis qu'a laissés Richard Cobden n'auraient pas permis d'ailleurs que le trésor public entreprît ce qu'ils avaient résolu de fai/e eux-mêmes.

Michel Chev-ilier.-

La Maroquinerie.

Les anciens maroquiniers étaient des tanneurs de haut éiage; ils avaient obtenu des letires patentes enregistrées au Parlement, et avec elles, les privilèges accordés aux manufactures rovales; on avait reconnu ainsi le service rendu par eux à la France, qu'ils avaient affranchie du lourd tribut que pendant longtemps elle avait été forcée de payer à l'étranger.

La préparation spéciale ou l'apprêt des

peaux de bouc, de chèvre, de mouton et de veau, le Irailement de ces peaux jiir le sumac ou la noix de galle et leur mise en couleur par la cochenille et le kermès attribué; au Maroc, sont particulièrement dus aux ouvriers de Tétuan, ville du royaume de Fez.

La fabrication du maroquin en Europe ne remonte pas au delà de la première moitié du dernier siècle, jusque-là on l'avait tiré du Levant et de la cote de Baibarie.

Elle ne devint très-flurissante chez nous, malgré les privilèges qui lui avaient été accordés, qu'en 1797, lorsque M.M. Fauler et Kemph, eurent fondé leur grande usine du Marly-le-Roi.

A d Jter de cette époque les progrès de celte industrie firent des pas immenses, et, aujourd'hui, elle est par"enue à reproduire de la manière la/plus exacte les couleurs et les nuances diverses exigées par son appropriation et son emploi dans les ameublements, comme tenture, tapisserie et ornement de luxe.

.Mais là ne devaient pas s'arrêter ses applications industrielles: l'Autriche essaya de l'employjer dans les menus objets de tab ctterie, et M. Schloss qui appnrla à Paris des échantillons des premiers essais faits à \ienne, ouvrit, à son insu peut-être, à notre industrie, une source inépuisable de gracieuses et ravissanies créations. Bientôt une lutte ardente s'établit sur ce terrain loutpicilique, entre les fabricants et les ouvriers de Vienne, de Paris et de Londres : le métier prit en peu de temps les proportions d'une vaste fabrication, et l'industrie nouvelle réclama presque aussitôt le concours de l'art pour arriver à son plus haut point de perfection.

Les chefs-d'œuvre de toute espèce qu'elle a exposés aux yeux éblouis des visiteurs du Champ de Mars, pourraient l'aire croire que c'est après de longs et pénibles tâtonnement, qu elle est parvenue à la réa isaiion de ces merveilles; et cependant c tte industrie est à peine née d'hier, et c'est presque de primesaut qu'elle est arrivée au point où nous la voyons.

Comment supposer, en effet, qu'avec toutes les ressources dont elle pourra ultérieurement disposer, le concours intelligent' des p us habiles artistes, et l'infatigable imagination, l'ingéniosité surprenante de ses metteurs en œuvre, qui sont de -véritables magiciens, elle puisse réaliser de plus étonnants prodiges que ceux qu'ont accumulés, dans leurs vitrines, MM. MiJocqet Gail'ard, M. AugusieKIein et MM. Rodeck fières ?

Ces trois exposants ont obtenu la médaille d'or; ils auraient été mieux partagés sans doute, si le jury n'avait pas craint d adjuger un prix d'honneur à une industrie qui, dans l'opinion de quelques juges sévères, a le tort d être purement une industr ie de fantaisie et de luxe.

Nous avouons, quant à nous, que nous

n aurions pas établi cette subtile distinction et l'ail co'te pudique réserve.

Le nécessa're de .MM. Midocq et Gaillard, avec sa riche et splendide garniture, nous paraît, en son genre, une des œuvres les plus achevées et les plus complètes de toute l'Exposition, et nous trouverions difficilement, parmi les élégants produits que contient le Palais, des objets qui pussent rivaliser pour le bon goût et la perfection avec le magnifique album de M. Auguste Klein. Jamais la reliure, du temps même des plus grands maîtres, n'a exécuté rien de plus parfait que le dos, les plats, l'endossage, la dorure et les ornements de cet énorme volume. Le maroquin n'avait jamais reçu encore une plus éclatante parure.

MW. Schloss et neveu, hors de concours par l'association de M. Auguste Schlosi aijury, ont plutôt exposé de la tabletterie quidesobjelsde maroquinerie. Leurs deux flambcimx en ivoire, achetés par S. A. 1. la Princesse MathilJe, tout des pièces d'art remarquables par leur extrême simplicité, et une forme de très-bon goût.

Le beau nécessaire argent de M. Aucoc, qui, comme membre du jury, est aussi hoi'sdc concours, est d'un beau ti'avail; toutes les par les en ont été exécutées avec un soin tout à fait minutieux; ce meuble, destiné au Prince Impérial, ne serait déplace dans aucun palais M. AUain-iMoulard a obtenu la médaille d'argent. A notre avis encore c'est une récompense un p u mince; car sa vitrine est un véritable écrin, et tous ses produits sont des objets dune coquetterie charmante.

Quelle variété! quelle fantaisie! Il faut avoii' nue imagination constamment en travail pour produire tant d'objets différents d-.' forme, et d'une si par aite exécution. Il y a là des porte-monnaie, des bourses, de.-, porte -cigares, des sacs, des albums, des buvards, qui ne peuvent être que l'œuvre d'iin magicim; et à côté des sachets, des vide poches, des pelotes, des coiffures, des bracelets et des colliers dune élégance et d'une glacer vraiment adorables.

La petite mar'oquinerie a un peu étendu son domaine ; elle ne se contente plus d employer le maroquin; elle le marie avec levé leurs et la soie, et trouve de si ingénieuses combinaisons qu'on va de surprise en surprise dans l'examen de ses mille produits ; au besoin même, et, ces cas-là sont fréquents, elle rehausse son t'-avail en l'agrémentant de perles,en y appliquant l'écaillé et l'ivoire, et l'enrichissant de brillantes garnitures de métal, d'argent bien souvent et quel juefois d'or.

La multiplicité des articles de maroquinerie rend dil'licile l'évaluation de la matière première qui, le plus souvent, n'entre dans la fabrication qua pour une très-faible part; car cettu industrie est obligée de faire constamment appelaux ébénistes, aux lablttiers, aux bijoutiers, aux couteliers, à tous les ouvriers garnisseurs, sans lesquels il lui serait

iitipossible d'établir ses nécessaires, ses sacs de voyage et les mille objets de sa fabrication courante.

M. Leuchars, de Londres, auquel le jury a accordé une médail'e d'argent, a réuni dans 81 vitrine des produits d'une richesse et d'un luxe tout anglais : il faut louer sans réserve le soin et le goiît qui ont présidé à l'établisfcment de ses nécessaires; mais ce qui les

distingue, c'est une solidité qui peut défier toutes les avaries et tous les accidents. De pareils meubles peuvent traverser impunément les mers, et je ne doute pas qu'après avoir tait le tour du monde, ils ne revinssent i Londres frais comme devant.

La maroquinerie de Paris, de Vienne et de Londres, ont chacune leur cachet particulier : à Vienne, on cherche a^anl tout le brillant,

l'éclat, le luxe, auxquels on sacrifie le reste; à Londres, on ne comprend l'élégance que dans la richesse, la folidité que dans une construction massive; à Paris, on s'efforce l'associer toutes ces qualités, en évitant do les exagérer et, conséquemment, de tomber dans un défaut par le désir de t'op bien faire.

L'Exposition a prouvé que, chez nous, cette

MACHINES-OUTILS (classe 54). — Dessin de M. de Drée. i^ioyeux ^ Scie jumelle. — 6. Machine a percer portative, côiibs.— 10. Mortalseuse. — 11. Hyuro-exiiacieur ou essoreuse.-

industrie est arrivée à son plus haut point d; perfection, et que Paris n'a rien à craindre de la rivalité étrangère.

Si l'Autriche a eu 3 médailles d'or, la France en a eu 4 et, de plus, 26 médailles d'argent contre les 5 qui ont été adjugées à sa devancière dans une industrie dont la royauté ne lui appartient plus aujourd'hui sans partage.

- 1- Scie circulaire à axe mobile. — 2- Scie à lame sans cylindre. — 3. Mouiuriere due Tu

- 7- Grande machine à poinçonner et à découper. — 8. M.ichine a raljoter a manivelle. — ;

- !'2. .Pompe ^ incendie jocomoliile et a vapeur. — Vi. Machine dite Toi/pie pour fabriquer le,, i

— 4. Mortaiseuse pour . Machioe à percer les trous lOuluies de tôule dimension.

Prospfb Poitevin.

Les Machines-Outils.

Tous, nous connaissons les outils ; lorsque le premier homme saisit une pierre pour frapper avec plus de vigueur, il inventa l'outil. C'est par son génie créateur que l'homme est le maître; Franklin le comprit quand il énonça cet axiome : « L'homme est au-dessus des animaux parce qu'il se sert d'outils. »

Les ancieris, qui savaient déjà qu'avec un levier on peut soulever le monde, exprimaient la même pensée quand ils disaient: « Ij'esprit agite la matière. »

Mais la force humaine est essentiellement limitée, tandis que les forcrs naturelles ne le sont pai. Après avoir découvert ces forces, iiouslesavonsasservies et nous les employons comme des manœuvres inl'atigables dont l'ouvrier devient le chef.

Les machines-outils sont des outils mis

en mouvement par des machines. Le travail est mieux fait que par l'homme et il est fait plus rapidement. Le même anisan, produisant plus dans le même temps, son salaire augmente et sa fatigue diminue : avantage pour l'ouvrier; la production étant plus abondante, plus facile et parlant moins coûteuse, le prix des objets fabriqués i st moindre et leur conffciion est meilleure :

avantage pour le consommateur; le prix de vente étant moindre et la qualité supérieure, la vente augmente : avantage pour le fabricant.

Tandis que , pour se servir de l'outil, l'ouvrier emploie la force de ses mains et que le travail dépend de sa dextérité; pour travailler avec la machine-outil, il emprunte d'ordinaire une autre force, mais en tous ras n'emploie sa force musculaire qu'à conduire la machine, et lui laisse exécuter l'ouvrage.

."Vu lieu de s'abrutir en laisant toujours le même mouvement, il exerce son intelligence en variant, suivant les besoin?, la marche des machines. Celles-ci exécutent sans ctsse la même série d'opérations avec une régularité que l'ouvrier ne peut atteindre.

Les machines-outils forment deux aroupe»

principaux; les unes taillent les métaux, ou plus généralement les matières inorganiques, fer, cuivre, pierre, marbre ; les autres taillent les bois ou mieux encore les matières organiques : bois, corne, ivoire, os. On ajoute d'ordinaire aux machines-outils les machines

CHALET DE LA BLA.NCHISSEHIE. -Dessm de M. Lanson

à presser, broyer, malaxer, comme, par exemple, les appareils à fabriquer les briques.

Ces derniers appareils deviennent chaque jour plus nombreux; l'annexe du Parc nous en présente plusieurs qui moulent les briques pleines et creuses avec rapidité et perfection. C'e»t plaisir de voir la glaise, pres.sés par un

puissant piston, sortir du moule sous forme d'un long prisme qu'un fi! de fer coujie à dislances égales; la pâte plastique garde l'empreinle exacte de l'orifice de sortie. Les briques creuses doivent être fabriquées à la inécani(|ue; or elles présentent, à tant de points de vue, à celui de l'hygiène eu particulier, de si grands avantages, qu'il est fort heureux que l'on soit parvenu à les obtenir industriellement.

Mais arrivons aux machines à travailler le fer.

Dans notre revue du groupe VI, nous avons déjà, en parcourant la section anglaise, justement admiré les machines-outils qui ont valu le grand prix à M. Wliilworth. Aujourd'hui nous sommes heureux démettre sous les yeux de nos lecteurs la machine à percer portative (6)', la grande machine à poinçonner et à découper (7) et la machine à raboter à manivelle (8), exposées par ce roi des forgerons. Mais nous ne nous y ai-rêteronspas plus longuement, car il nous tarde de prouver que la France est digne de concourir à côté de lui. Il suffit, pour s'en assurer, d'étudier la classe 54, dont

1. Les chiffres entre paren'hèses se rapporlenl aux inJmérus (îe notre irravure

Lh i-ARL A FOLLETS. - Dessm de M l a

L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE I8fi7. ILLUSTREE.

l'ingénieur, M. Sincholle, n'a pas peu contril)ué à faire apprccler le mérite^ par l'amabilité toute française avec, laquelle il a accueilli les visiteurs, cosmopoliies , : et les connaissances approfondies dont il a fait preuve, en leurJonnantlesexplicationsqu'ils pouvaient désirer.

Ici nous trouvons l'expoHtion de Jl. Kreulzberger, dont l'établissement a pour spéuialilé la fabrication des machines servant à fabriquer les armes : depuis les machines qui forent les canons de fusil jusqu'à celles qui rajent les bouches à feu, rien n'y manque, et cela vaut bien l'exposition de l'arsenal autrichien. A côté, nous voyons une machine de Jl. Bouhey, à poinçonner etàcisailler, qui [)èie23000 kilogrammes; il est vrai que les poinçons percent des trous de trois centimètres de diamètre, daos des plaques de trois centimè'.res d'épaisseur, et que les cisailles coupent des barres de six centimètres de côté. Or, il est bon de le remarquer, le poinçon n'est pas pointu, il est plat, el, pour percer son trou, enlève une rondelle comme le ferait un emporte-pièce. Les cijailles ne sont point aiguës ni tranchantes, mais coupées carrément, ce tout deux lames d'acier qui glissent l'une devant l'autre. On peut se figurer, d'après cela, quelle pression doit être nécessaire pour faire fonctionner l'outil.

iM.M. Varrall, Elwel et Poulot exposent une machine de ce gen.e, mais plus puissante encore etavec moteur adhèrent. CetteeJiCBllente disposition qui caractériseles machines-outils à action dincte, c'est-à-dire qui reçoivent.directeineulleur forcedu générateur de vapeur, au lieu de l'empruirter à une machine par l'intermédiaire d'un arbre de couche et d'une, courroie, cette disposition se retrouve dans une splendide machine à raboter verticale exposée par la puissante Compagnie des forges et ateliers de l'Océan, que dirige avec tant d'éclat M. Mazehne.

La même Compagnie a exposé une pompe à incendie à vapeur que nous avons choisie pour la reproduire dans notre gravure (n" 1 2) , parce qu'elle représente une des premières pompes de ce genre conslsuites dans notre pays, encore tres-arriéré sous ce rapport. Le courage si admirable de nos pompiers ne doit pas nous empêcher de les munir des instru- . ments les plus perfectionnés ; aussi la médaille d'or pour les pompes à incendie à vapeur a-t-elle été justement accordde aux Anglais, qui sont nos initiateurs dans cette voio.

Avant de quitter le fer, examinons encore les machines-outils deM. Du.commun, et particulièrement son tour à tourner les canons et lesarbres de couche. Voyons aussi ces petits outils devant lesqtiels on passe sans en apprécier la perfection; ces tarauds cylindriques dont les entailles de plus en plus profondes permettent de fileter un écrou avec précision et facilité; cet ctau, expose comme les tar uids par MM. Sculfort, Malliar et Meurice,

dontles mâchoires, mobiles horizontalement, peuvent exercer le serrage oblique avec aulaat de facililé que le serrage parallèle.

Que de choses nous aurions encore à dire, mais il nous faut parler des machines à travailler le bois. Bien des instruments ingénieux ont été envoyés; mais, grâce à M. Perrin, si les Français ont des rivaux, ils n'ont point de maître. Aussi, une grande partie de notre p'anche est-elle consacrée à la reproduction de ses machines.

La scie circulaire à axe mobile(l ) s'avance en tournant comme un meiéore d'acier, elle mord et ti anche du même coup.

La scie à lame sans fin (2j pénètre dans le co'ur de chêne comme dans une pâte molle; ma, s el e a ses raisons pour en agir ainsi : chaque dent de celte mince lanière de métal parcourt 1 GOO mètres par minute, 26 mètres par seconde, la vitesse de la tempête, une fois et demie celle d'un train express; notre scie n'a pas le temps de faire do la sciure: elle fait des copeaux.

Ce petit instrument [3), dont la mèche tourne rapidement, tout en se déplaçant au gré de l'ouvrier, sert à faire des moulures; il se nomme la toupie. Le n° 4 indique une machine qui fore les moyeux de voitures : c'est une mortaisense; le 5 est une scie jumelle; le 9, une machine à percer les trous cônes, c'est-à-dire en en onnoir; le 10, une mortaiseuse, une machine qui creuse des trous prismatiques ou cylindriques.

Le n° \:i représente une autre toupie à faire les moulures, qui a valu une médaille de bronze à son inventeur, M Guillet.d'Auserre. , Enfin, sous le n° 11, nous voyons l'essoreuse de MM. Baftaud, un peu dépaysée au milieu des machines-outils. Cet excellent instrument sert à sécher rapidement le Mnge imprégné d'eau; lise compose à grosso modo d'un laiiibour percé de trous dans lequel on introduit le linge. En imprimant au tambour un mouvement gyratoire rapide, toute l'eau chassée par la force centrifuge s'écoule au dehors, et le linge presque sec est retiré au bout d'un moment. En toute chose maintenant on va vite.

Charles Boissay.

IV

Le Chalet de la Blanchisserie.

A une époque où l'architecture emprunte ses plus heureuses inspirations à l'art d'élever des casernes et des hôpitaux, il faut savoir gré au peuple qui, ne pouvant réédifier les grandes et belles constructions du passé, a voulu néanmoins donner à ses habitations une forme et un aspect qui, sans viser au grandiose et au majestueux, pussent éviter la monotonie et atteindre à l'élégance. C'est en

Suisse q'ie le chalet a pris naissance, et c'est de celte curieuse et intéressante contrée que nos artistes en rapportèrent les premiers modèlt^s.

Va bon goût national a préservé les premiers constructeurs de ces informes et ignobles chaumières de nos moniagnes, que les peinires les plus réalistes désespèrent euxmêmes de-poéliser dans leurs paysages.

Aussi la Suisse n'a pas conservé le monopole des chalels. La mode en a semé dans toutes les villégiatures aristocratiques comme Saint-Germaia, Ville-d'Avray, etc., et la route qui rejoint Enghien à Montmorency n'ist plus qu'une longue exposition de l'architecture suisse.

Le Champ de Mars a quelques modèlês très-rtustis. Aquelquespasdc larued'Alsace, non loin du pavilion des cloches, vous voirez un élégant chalet qui porte l'enseigne modeste d'une blanchisserie. Quelques marches séparent le plancher du sol et le préservent de l'humidilé. Le lez-de-cliaussée n'offre d'intérêt véritable qu'aux morlels chargés de blanchir le linge de leurs semblables. Mais, pour parvenir au premier étage, rappelezvous que nous sommes dans un chalet, il faut sortir et prendre uu des escaliers extérieurs qui viennent aboutir à la porte d'entrée. Les deux escabers à rampe découpée conduisent à une galerie qui tourne autour de la maison. C'est sur cette galerie dont la ïampe est, — je ne le dis pas, — découpée et festonnée, que s'ouvrent les chambres des appartements du premier étage. Le toit protège cetie galerie contre les pluies, et sert de marquite aux habitants. S'il lallait cependant donner mon sentiment sur ces frêles et jolies constructions, je dirais que, charmantes d'aspect, si elles sont un peu chaudes pendant l'été, l'hiver elles font rêver Spitzberget Sibérie.

VlCTIllî CoiSSK.

Le Parc à poulets.

Le Parc à poulets 1 Cette exposition, située à l'extrémité do la grande allée qui va du Palais à l'École militaire, a attiré et retenu la plupart des visiteurs du Champ de Mars. Je n'ai pas besoin de la décrire; notre dessin tullit. Mais je puis parler à propos d'elle.

Si 1 on calculait ce que coûtent les oiseaux de basse-cour à côté de ce qu ils rapporlent, les gallinacés se: aient bien vite revenus à l'état sauvage. Quand on sert aux volailles leur nourriture, soit dans un poulailler, soit dans un clos fermé, cette nourriture coûte fort cher: si on la leur laisse prendre, elle c ûte plus cher encore. Pour quelques vers blancs et quelques insectes nuisibles que les

gallina'-és détruisent, quels dpgâts ils causent dans les vergers, les potagers et les jardins qu'ils envahissent !

Il faut dono que l'allrait de l'élevage prévale sur le calcul du rendement. Rien n'est plus inléressanl, en effit; que les mœurs et les manières d'être de cette gent empluniée ; et je ne m'étonne point du succès du Parc à poulets au Champ de .Mars.

Le c. q, d'abord. A tout seigneur, tout honneur. C'est cet être héroïque et vaniteux dont noi ancêtres avaient fait leur emhlème. Il est fier, il est beau, il tViomphe : il dresse ta crête, marche les ergots relevéj et piall'e comme un cheval arabe. Sa lête, toujours en mouvement, ne se baisse que lorsqu'il passe 'sous une porte cochère, de peur que son panache ne s'accroche à la voiile. A sm moindre appel, — et sa voix est au pi provocante que Bon allure, — toute la basse-coivr te rarge et se groupe autour de lui; et lui, l'héroïque, ouvre ses ailes comme pour protéger toute la couvée. 11 distribue royalement ses bonnes grâces ou sej rigueurs ; et il ne souffre pas de rival dans son empire.

Parfois, on voit tou!e la basse-cour prise d'une lerrfur soudaine que rien n'explique: c'est le milan qui plane au loin dans les airs, et dont l'admirable instinct. de ces animaux a pressenti l'approche. Alors, on voit le coq donner le signal de la retraite à tous ses sujets; et lui, il reste sur le seuil du poulailler où toute sa cour est rentrée. Longtemps après, on voit, en effet, le milan placer au haut du ciel; et le coq attend toujours!

Lorsque la ménagère jet'e la nourriture aux volailles, le coq préside à la distribution; et picore le dernier. Le moineau effronté prend presque toujours part à la curée: il a ses privautés, là comme ailleurs; et il est le seul de la compagnie à qui le coq n'impose pas. Si le coq le savait !

L'amour de la poule pour sa couvée est proverbial. Elle protège ses poussins avec plus de tendresse, mais non pas plus de sollicitude que le coq la protège elle-même.

On a l'ait des livres très-sèrieux et fort instructifs sur la manière d'élever la volaille, et surtout sur la manière de la manger. J'y renvoie nos lecteurs: je n'ai moi-même parlé de celte matière délicate qu'à défaut et en l'absence de notre ami Toussenel, l'homme de France qui connaît le mieux le monde des oiseaux et l'esprit d s bêtes, et à l'intention duquel j'avais demandé le dessin qui a faille prétexte de ces lignes.

Fr. DlCUIlVG.

La rue de Belgique.

En bonne frontière qu'elle est, la rue de lielgique est aussi bien prussienne que belge. On ne sait à quel coté se vouer, ni par quel

bout la prendre. C'est surtout le côté de la Pr;isse qui rn'inspirj cel'e réflexion, dépourvue de toute allusion, on peut le croire.

Entrons d.jnc dans la rue de Belgique par le .lardin central, direction qui est précisém-nt l'inverse de la perspective adojlée dins notre gravure, mais que l'ordre logique de noire travail nous fait choisir.

Le carrefoury donnant accès c jntient quelques œuvres que nous devons signaler avant de commencer déli litivement notre promenade.

A droite et à gauche des portiques de la galerie des Bea-ix-Arts sont placées de nombreuses statues, des tableaux et de, photographies. Dans un angle est un autel golliique à côté duquel se trouve uie belle Vierge du môme style, en chêne sculp'.é, due au ciseau de M. Pickery. Le regard charmé par de délicates sculptures traitées avec un art infini s'y repose voloniiers.

Au centre se divsse une chaire en chêne merveilleustment sculpté.

■Malgré ses deux escaliers qui sont un vrai contre-sens pour un meuble d'église dù tout est symbolique, et d'où la controverse bannie ne suppose jamais un orateur moniant pendant que l'autre descend, cette chaire monumentale est digne de loute noire attention ; eli,; est conçue dans le p us pur style ogival d i douzième siècle, et el e est due au ciseau de M. Goyers frères, à Louvain.

On sait que les ateliers de mobilier religieux sont très-nombreux en Belgique, et que la ville de Louvain possède,à elle seule, trois ateliers très-importants qui ont un énorme débouché d'exportation en France, en Hollande, en Angleterre et en Allemagne. Il faut ajouter que c'est sans doute à cette situation exceptionnelle qu'est dû le prix relativement tiès-modéré inscrit sur celte belle œuvre d'art.

Cet hommage étant rendu au vrai mérite, tournons le dos au Jardin central, prenons la gauche et commençons notre examen.

Voici des pianos et des instruments en cuivre, le tout placé sur une estrade. Dans les pianos la Belgique a réalisé des progrès notables. Inférieure jadis, sa fabrication tend aujourd'hui à rivaliser avec celle de la France.

Voici l'imprimerie, les papiers colorés pour la reliure et les caries à jouer exposés par iM. Annoot Brackman, de Gand, MM. Brepols et Dierick, de ïurnhout, M. Casterman, d I Tournai.

Les villes de Turnhout et de Bruges sont les centres principaux de la fabrication des papiers de fantaisie et des cartes àjoiier. La Relgiqne n'achète pas annuellement pour ■JOOO francs de cartes à jouer, elle en exporte au contraire pour des sommes considérables.

Dans les vitrines de M. Casterman nous avons remarqué une reliure splendide et des éditions diamant d'une finesse à confondre

l'observateur. Ce sont pour la plupart dei livres religieux.

Arrêtons-nous devant le? admirables photographies de la Société royale Icige, dirigée par Jl. Fierlants. H y a là des reproductions di tableaux des quinzième et seizième siècles, d une perfection incomparable.

Les tiss js de laine peignée se présentent à Ui suite des vitrines précédentes dans l'exposition de la socié'é anonyme de Lolh-lez- Bruxclles. L'industrie lainière emprunte sa plus grande importance en Belgique à la mise en œuvre des lai nage i cardés.

Les savons parfumés et la parfumerie de ■M. Descressoiinières composent une jolie vitrine à côlé de laquelle on découvre l'orfèvrerie do M. Dufour. Un surtout de table mat et bruni, « sujet do chasse et de pêche » en est la pièce capitale, sans oublier un pot à bière sLir lequel est représentée une fête llamande d après Ti'iiirrs d'une très jolie exécnlion.

Passons devant les rotins travaillés, tordus et ornementés d'Anvers, exposés par M. Van- Age-Van-Duerne et arrivons à l'orfèvrerie de Gand, cette vieille gloire de la Belgique longtemps sans rivale au monde, sous le gouvernement des ducs de Bourgogne. L'orfèvrerie de Gand est repré.-enlèe par M. Bourdon-de- Bruyne (médaille d'argent).

Après la coutellerie de Namur, jetons un regard sur les cadres et les moulures remarquables de M.M. Pohlinann et Dalk e' arrêtons-nous sur l'armurerie qui a obteni la première médaille d'or après la France. La vitrine qui se trouve sous mes yeux est celle de M. Jansen. Nous y remarquons deux fusils avec incrustations d'or style Louis \1II donnés par le roi des Belges à lord George Paget et à sir Georges Voung, roi d'armes du très noble ordre de la Jarretière.

Sans transition passons à celte vitrine de cordonnerie pleine d'élégance et réparons un oubli dont nous nous sommes rendu coupable, dans notre revue générale de la cordonnerie, en ne signalant pas l'excellente fabrication de la Belgique, qui, en bien des points, ne le cède en rien à la France, et qui possède à Gand notam ment une manufacture de premier ordre.

Voici les dentelles belges, représentées par l'exposition collective des fabricants de Graminont. La dentelle de Grammont est en fil de coton et de soie, tandis que la Malines est en fil de lin. Vingt centras importants se parlagent l'industrie dentellière en Belgique, (|ui est, du reste, la terre classique de la dentelle.

Si nous ne devions nous borner à étudier les exposants de la rue de Belgique seule, nous aurions à traiter longuement de la dentelle de Bruxelles et de la Valencienne belge, qui ont atteint une supériorité presque sans autre rivale que la France; mais nousdevons nous contenter de clore ce court résumé en disant que la Belgique occupe 130 000 dentellières environ, et que sa production annuelle est de

L'EXPOSITIOIN UNIVERSELLE DE 1867 ILLUSÏKEB.

50 millions de francs dont les salaires absorbent plus de la çioilié.

Tareourons maiiilenaiit les fils à coudre de M. Jélie d'Alost, les toilei damassées de la même ville, les soies filées, les draps, enlin les toileséerues, qui sont des industries nationales de la Belgique, et dans lesquelles elle a de temps immémorial une supérioriié, qui est surtout aujourd'hui une supériorité économique, à mérite égal d'esécution, ce qui est énorme.

Ajoutons aussi que dans l'industrie des toiles, la lielgique a obtenu ô médailles d'or, c'esl-à-dire autant que la Franco, qui a bien plus d'exposants, qu'e le n'en a, une de plus que l'Angleterre et deux de plus que la Prusse. N'oublions pas de constater ici que la prospérité de l'industrie linière est due aux efforts et à l'énergique initiative de M. Ch. Rogier aujourd'hui minisire des affaires étrangères de Belgique.

Prenons e centre de la lue de Belgique; laissons derrière nous cette pyramide cubique de laiton; dans le numéro 10 de cette publicaii m, noire collaborateur, 5L Charles Boiesay, a expliqué sa signification.

Commeneons-donc la revue prussienne, çâ et là mêlée de quelques enclaves belges. Voici une machine à guillccher et un pantographe exposés par M. Wagner de Berlin. Le mécanisme en est im peu compliqué et gênant pour l'usage, niais il produit des réductions microscopiques d'une exactitude extraordinaire Arrêtons -nous devant une vitrine belge, dans laquedeMM. Montefiore- Levi, ont voulu nous monlrer qu'un alliage de nickel, dont ils ont le secret, peut fournir une excellente fente de statuette parfaitement accessible à la eise'ure. A côté de celle slame figurent diverses mofnaies en alliage de nickel Irès-blanc, sans argenture.

C'est au tour de Berlin, avec des bordures de dentelles exécutées à l'aiguille et exposées par M. 'WechselmaDn; les dessins en sont admirables et elles sont destinées âi une grande maiton anglaise. Les médailles d'or nous ré- \èlenl cependant ici la supériorité de la France et de la Belgique dominant même l'Angleterre.

Passons rapidement devant un de ces fins rideaux decri-lal.donlSaint Gobaina émaillé lej ga eries du Palais, et dont noire rédacteur en chef, M. Ducuing, a déjà entretenu le lecteur, au numéro 30 de c^tte publication.

Voici de nouveau la Belgique avtc les bijoux de M. Leysen; les prix en sont bas, mais les modèles peu variés, quelques diamants très-fins et bien sertis se fonl cependant remarquer.

Une grande installation nous attire, c'est («Ile de la manufacture royale de porce'aine, du Berlin. Beaucoup d'art et une véritable prqdBclion économique, deux qualités enviables. Les pots à bière y abondent; quelques sujets nous frappent, entre autres une scène allégorique en porcelaine, peinte aprèscuisson.

rcprcscnlani laFiuiunedistrihuantsf sfaveurs; l'exécution en e?t jolie, mais ce bariolage de couleur me séliiit médiocrement.

Avançons encore, voici un célèbre orfèvre de Merlin, M. Wagner (médaille d'or), l'ne de ses pièces les plus remarquables est un bouc'ier 'l'honneur, offert par lanoblesserbénane à Frédéric-Gudlaunie, prince de Prusse, a l'occasion de son mariage.

Un médaillon d'alliance, occupant le centre d'une croix de Sa nl-André, marque le sujet. Autiur et dans lés subdivisions formées par les branches delà croix, s'élalecirculairement un chapelet de blasons en émaux, très-finement exécutés. Signalons encore un autre bouclier repoussé en argent, présenté à François II par la haute noblesse d'Allemagne, en 1 Sfi-'i .

Un pas de plus, etnous quittons l'art industriel pour entrer dans la science; nous rencontrons, en effet, des appareils élecli iques de Gloessener, à courant d'induction, des interrupteurs et un chronographe électrique, dont l'é ude et la dtseription exigeraient un développement que nous ne pouvons leur accorder dans une revue encyclopédique et forcement rapide comme celle ci.

Voici maintenant les beaux-arls avec une statue en plâtre de l'rédéric le Grand , du temps de la conquête de Silésie

L'artiste, IM. Sus-niann-Hellborn, a représenté cet ancien ami de Vollaire, jeune encore, debout et le doigt fièrement po?é sur une carte de géographie. On y dislingue le mot de Pologne! Cette statue, magistralement faite, est destinée à l'hôtel de ville de Breslau.

Après un espace vide, voici une petite statue équesire, peu allrayante, de Frédéric- Guillaume IV. Notre rédacteur en chef nous a déjà brillamment entretenu d'une œuvre supérieure, celle de M. Drake. Que dire après lui? sinon que celle-ci est destinée à dominer le pont du Rhin et qu'elle n'a qu'à bien s'y tenir.

Les portiques latéraux de gauche, affectés à la Prusse, sont généralement peu intéressants.

Sur le panneau d'une cloison, nous remarquons cependant des flcbrs pho'ograpbiées et peintes avec un arl et un naturel admirables. On est tenté de les cueillir. Elles sont l'œuvre de M. Gtinlher de Berlin.' Marchons encore; dans une espèce de niche est placé un groupe en plâtre représentant un faune avec un jeune satyre jouant des cymbales. Ce groupe est savamment exécuté, mais les figures y ont, malgré leur expression mythologique, un air germanique un peu trop prononcé. Sur le pan: eau suivant est la grande reproduction photographique d'un tableau magnifique représentant Frédrric à Sans-Souci. C est la seule repioduclioii qui soit rée lement belle parmi les diverses épreuves exposées au même endroit.

Voici deux panneaux qui annoncent la salle de l'exposition collective de B clfield (médaille d'or). Les toiles damassées di- M. Westermann y sont admirables. L'un des deux panneaux, représen'ant la colonne ^'endôme damassée en blanc sur fond gris, apparaît au premier abord comme un dessin île dentelles, tant est nierveiUense sa finesse.

Voici le portique de la galerie des vêlements, l'expof ilion de RI. Gebhardt l'anuoni c; des gazes de soie avec application de fieuri cl d'ornements allirent les rega-ds.

côté apparaîl la vitrine de M. de Diorgardt, premier prix du nouvel ordre de rc compenses, avec des soies et des velours unis et façonnés et une palette nuancée des plus l'ichcs couleurs.

Une grande carte géographique rempli' de ses reliefs et de ses teintes vertes tout le panneau suivant, etapiès lui s'ouvre la g.;lerie des matières prcmièi'es, marquée par la grotte de sel dont notre numéro 10 a doniu' le dessin accompagné des explications coni-n [lélcnles de M. Bois say.

'fraversons ta galerie des machines, où la soufflerie Cockerill jetfe ses grands sonjur^ cadencés, et échappons-nous par la pi-il* d'Europe dont le cinire désagréablement m aurait fort bien fait ressortir les vitraux be'gfs de M. Henri Dobbelaere, dont on relégué les verrières dans le coin d'ui e au-B nexe où le jour est trop vif pour que l'on puisse juger de leurs qualités artistiques.

C'eût été, de plus, dignement terininei une rue de Belgique.

A. CiiiiiAC.

La Campagne de France.

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