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TABLEAU DE M. MEISSONIER

Cette fois encore, c'est Napoléon, mais noi plus le tout-puissant, l'invincible enipereu d'Occident. Lesjours de Tdsilt et de Wagrar sont passés. Les rois ne l'ont plus escorte ( ne 1-e confondent plus dans la foule des chan; bellans II est seul.

Ceux qu'il a faits, ceux qu'il a défaits s tournent également contre lui. Leczar nii.rch en têle, l'ancien vaincu d'Austerlitz et d Frie Uand, l'ami, le frère de Tilsitt. Ils ont d partager ensemble tout l'ancien continent, d l'Océan Atlantique aux rivages de la Chim Le czar aurait eu le pôle et les plaines in menses qui s'étendent du Niémen au Kami chatka.

Napoléon aurait eu le sud, depuis Cadi jusqu'à l'empire Birman. Par lui ôu ses liet tenants, il auiait gardé Constantinople qi est la clef des détroits ; mais il serait resté Paris qui est la tête du monde civilisé. Soï

L'KXPUSirlON UNIVERSELLE UE 1867 ILLUSTRÉE

liiij ses vaFsaux de Bavière, d'Autriche et de llonijrie auraient paitiblernent, fagftnent, comme de bims préfetî^, gouverné leurs peuples et appliqué le Code Napoléon.

L'Asie Mineure eût été le refuge du sultan .Mahmoud et des derniers Osmanlis. C'est un beau pays, l'A-ie Mineure! On ne l'apprécie pas assez. Les Turcs l'ont un peu gâtée, brûlant les forêts, démolissant les villes et les monuments, ne laissant intacts que les cimetières. Mais on peut y revenir.

Autrefois les peuples les plus beaux, les plus sages et les plus heureux de la terre y ont vécu. C'est là qu'Homère chantait VIliude de ville en ville et recelait en échange une robe et l'ho.-pitalilé. C'est là que Thalès était savant; c'est là que Pytbagore étudiait la philosophie et les prOijriétés des nombres. Smvrne, ÉphAse et Rhodes ont eu plus de réputation que n'en auront jamais le sombre .Manchester, le brumeux Glasgow, le fumeux Liverpool.

Et (|ui ne voudrait passer sa vie comme Abraham, Isaac et Jacob dans ce beau désert de Mésopotamie, où Dieu et ses anges se communiquaient sans ces.e aux patriarches? Et au delà, quel séjour enchanteur que la Per.^e des Achétnénideî et des Sassanides, de Darius fils d'Hystaspe et du gcand Chosroès ! Mais peut-on s'arrêter à la frontière de l'Iudus qu'Alexandre lui-même a franchie et ne pas pénétrer dans cet immense Indoustan qui est à lui seul un monde ?

Oui, la frontière naturelle de l'empire français est le B. ahmapoutra, le roi des fleuves, le frère cadtt du Gange.

Voilà ce qu'on disait à Tilsitt et à Erfurt; mais cette amitié trop soudaine était née du soir au matin comme la fleur des champs ; elle s'est flétrie et desséchée sur sa tige en 1811, et l'année suivante l'un des deux amis est allé vis ter l'autre dans Moscou, sa capitale, avec 600 mille hommes; et l'autre, à son tour, l'a reconduit jusqu'en Allemagne.

.Après la Moskowa sont venus Lutzen et lîaulzen, puis Leipzig; et enfin le czar, suivi de iou8 ses cosaques et Baskirs, veut voir Paris à son tour; il a paisé le Rhin et les Vosges; le voilà en Champagne, et Napoléon marche à sa rencontre.

En deux ans, que l'Europe e£t changée ! Au mois de juin 1812, Napoléon traînait après lui toutes les armées de l'Europe, tauf les Suédois, les Russes et les Anglais. Son beau-père, le doux et dévot François II gardait son aile droite vers la Gallicie. Le roi de Prusse gardait l'aile gauche vers Koenigobeig et la mer Baltique. Aujourd'hui tous deux sont l'aile gauche et l'ade droite des coalisés.

En 1 81 2, llardenberg, ministre de Prusse, disait à I ambassadeur de Russie pour s'excuser d'avoir lait alliance avec Nap léon ; // fallait en passer par là ou p ir la fenêtre! .Maintenant il est libre de suivre son inclinalion et de venger les vieilles, les irréparables

injures. Avec quelle rage les Prussiens se sont jet^s sur l'armée françaisa aux trois quarts détruite en Russie; avec quelle rage ils passent le Rhin! Depuis les premiers jours de la République française, la Champagne n'avait pas vu la fumée d'un camp ennemi ; elle va revoir maintenant cette fumée maudit», et avec elle la fumée des villages en cendres; elle entendra les cris de ceux qu'on mas-acre. Elle verra le vieux Blucher ivrogne et brûlai comme les soudards de la guerre de Ti ente ans ; elle entendra les hourras des Cosaques.

Que font deriière eux tous ces petits roi? sur le front desquels l'Empereur avait mis une couronne ? Jérôme, le roi de Westphalie, esta Paris en disponibilité ainsi que Joseph, roi d'Espagne. Le \ice-rûi Eugène résiste mollemeot en Talie. Le roi de Naples, Mural, le roi Franconi va faire défection. Il traite avec William Bentinik et avec l'Autriche. Que la Sicile reste à Ferdinand; pour lui il S ) contentera de iNaples et de la vue du Vésuve, pourvu qu'on lui permette de s'ar ronJir aux dépens du pape et du royaume il Italie. A ce prix, il marchera conti-e Eugène Reaubarnais et contre la France.

Quant à nos bons rois et amis de Bavière, de Wurtemberg et autres souverains de même espèce, ils doivent certainement beaucoup à Napoléon; mais e.ifin n'est-il pas temps de s'arrêter ? Doit-on vaincre toujours? Et avec ce diable d'homme toujours agité, nerveux, violent, pour qui rien n est achevé, on n'a pas de tranquillité. Rien de stable. On ne peut pas vivre en paix et digérer tranquillement ses provinces. A tout moment, la frontière change. Il veut s'arrondir, faire des échanges, brocanter les villes et les forteresses. Avec lui, l'on n'est sûr de rien. Mieux vaudrait être moins riche, céder çà et là quelques districts et savoir sur quoi l'on peut compter. Aussi o'nt-ils fini par se ranger rétolûment du côté des alliés.

D'ailleurs, il n'y a plus de risque aujourd'hui. Les grosses dents du lion sont arrachées. La Grande armée est détruite. Les vieux compagnons d'Egypte, d'Allemagne et d'Iialie sont morts. Où estLannes? Tué à Essling.

Duroc et Bessières?à Baulzen.

Davoust est disgracié et enfermé dans les murs de Hambourg avec son corps d'armée. Masséna?. Malade et disgracié. Augereau? .Malade et dég .ù é de la guerre. Klébe^ ? De-aix? .M.jrts depuis longtemps sous les balles ou le poignard. Jloreau eat en Amérique. Rernadotte, devenu prince royal de SuèJe, fait des plans de campagne pour lacoalition: — avocat consultant. Il voudrait entrer en France avec son armée: mais il n'ose fouler la teri-e sacrée.

Soldats et généraux, tous les vétérans ont disparu. Les rangs s'éciairciïsent. Dans les rangs on ne voit plus que des conscrits. Les collégiens, à peine échappés à l'explication

de Tite Live, deviennent sous-heutenants. Q l'ils sachent lii'e, écrire et se faire tuer, c'est assez.

De tous côtés, des nouvelles alarmantes. Au nord et à l'est, ce sont Blucher et Schwartzemberg qui s'avancent par les vallées de la .Marne et de la Seine. Au sud-est, vers Genève et Lyon, c'est Bubna. Au sud-ouest', c'est Wellington, qui vient de passer la Bidassoa avec cent mille Anglais, Espagnols et Portugais. Soult, bien inférieur en nombre, n'a pas défondu Uordeaux et se l'amasse sur la haute Garonne.

Napoléon effraye tous ses ennemis; mais il est à peine obéi. Ses fonctionnaires hésitent et commencent à prévoir sa chute. En partant, il a confié l'im^era rice et le roi de Rome aux officiers de ta garde nationale de Pari'. Vains mots ! Il refuse des armes aux Parisiens. Il aime mieux périr qu'être sauvé par un immense effort de la natioj. 11 craint la liberté plus que l'étranger.

Et cependant il voit tout le péril. A tout ce qu'il dit, à tout ce qu'il ordonne, ses préfets j'épondent: Oui et ses évêques: Aineii. ■Mais le peuple regarde, hébété parle despotisme : la patrie s'est retirée de lui.

Il erre en Champagne avec son armée, frappant à coups redoublés sur les Prussiens, sur les Autrichiens, sur les Russes, sur les Wurlembergeois. A chaque coup il abat un ennemi ; deux, trois, vingt autres prennent sa place. Qu'importent Champaubei't, Moutereau, Montmirail? L'armée coalisée, comme l'hydre, a cent têtes.

Vingt fois il a cru saisir ses ennemis, Blucher surtout, le plus hardi et le plus indomptable de tous. Un jour il le tient acculé à l'Aisne. Point de pont pour fuir. La rivière est profonde. Nul bateau. Napoléon accourt à marches forcées. Le seul pont est celui de Soissons, et une garnison française le garde.

Mais Napoléon a compté sans le destin.

Son tour est venu de n'avoir plus que de mauvaises chances. Soissons, mal défendu et (il faut le dire aussi) mal fortifié, capitule. Bliicher s'évade au moment juste où l'on voit paraître l'avant-garde française.

Ce jour-là Napoléon aurait du traiter. Dieu était contre lui. Mais il s'obstine. Il passe la rivière à son tour; il rejoint Blucher renforcé, qui cherche un asile avec cent mille hommes sur la montagne et derrière les remparts de Laon.

Napoléon en avait trente cinq mille, la p'upart couscrits, enfants de dix-huit ans, à qui l'on enseignait la charge en douze temps pendant les baltes pour ne pas perdre de temps. On veut le détourner d'attaquer B'ûcher. Laon est imprenable. Ils sont trois conttre un avec une énorme artillerie, et l'avantage de la position. Mais Napoléon ne peut pas s'arrêter. Ii fjut vaincre ou péiir là.

Dès le malin, il lance ses colonnes à l'assaut. Ces malheureux conscrits, fiu 'jux de voir les Prussiens et les Russes en France,

se^précipitent^avec une rage inexprimable. D'abord favorisés par le brouillard, ils gravissent malgré la mitraille les premières pent- s de la montagne. Deux compagnies arrivèrent jusqu'au pied du rempart, où BlûcUer avee l'état-major contemplait la bataille.

Mais le temps s'éclaircit et montre à l'ennemi le cliamp de bataille et le petit nombre des Français. On les écrase à coups de mitraille. Ils redescendent la colline et gardent pourtant Ifs faubourgs qu'ils avaient pris le matin.

Le soir, Marmont fatigué se laissa surprendre vers Alhies par la cavalerie des al'iés et perdit un millier de prisonniers.

Il fallut lâcher prise et reculer. Napoléon frémissant commanda la retraite.

C'est ce moment, je pense, qu'a choisi .M. Meissonier. L'Empe:eur s'avance lentement à cheval au milie 1 des neiges et des boues de la Champagne. Aux pieds de son cheval , on dislingue les ornières profondes tracées par 'es loues des canons.

N-pjléon est sombre et attristé. Ses traits con raclés portent l'empreinte de?

Lj'.inds revers de .Moscou et de Lcipsig.

Le le:iips des fêtes ci Ji s splendeurs impérialos est passé, li fiul recommencer aujjurJ'hui les merveilles de la campagne d'Italie, mais il n'a plus la confiance de l'ardente jeunesse.

L'âge est venu. Il n'est plus seulement général; il est aussi

chef d'empire, et de quel empirel une lourde lesponsabililé pèse sur lui. 11 approche du précipice et il le voit. Il va tomber, et la France avec lui.

Dei rièrelui, ses généraux ont l'air morne et constejné. L'un d'eux, Ney sans doute, est sombre et farouche. Il y a de quoi réfléchir. Celte armée est la troisième qui fond entre ses mnins depuis Moscou. S'arrêtera-t-il enlin'! Lei-a-t-il la paix'.' N'esl-il pas temps de

prendre du repos et de jouir au coin du feu de la gloire et des dotations acquises en vingt années de guerre ?

D'autres s'enveloppènt la figure dans leurs manteaux pour se préserver du froid. D'autres encore dorment à cheval, la tête penchée sur la poitrine. Tous ont l'air de désespérer ou plutôt d'avoir abdiqué leur volonté

LA CHAPiLLEHIK. — Dessia de M. Dosroches-Valnay.

en faveur de Napoléon, chargé do vouloir et de penser pour eux. On dirait un empire qui s'écroule.

Les fantassins eux-mêmes semblent demimorts de faim et de fatigue. Ils sont prêts à combattre encore ; mais quel sera le bivouac? Quand finira cette marche éternelle?

Quel commentaire terrible de V Histoire du Consulat et de l'Empire!

Alfred Assollant.

La Chapellerie. — Classe 35.

Ceci est une industrie essentiellement françaisejuousl'avons déjà dit en parcourant la rue de Lorraine dans laquelle se trouvent exposés les produits de la chapellerie ; tous les pays copient très-servilement et les inventions et les perfectionnements de nos fabricants. Ils suivent , pour la forme des chapeaux, la mode que Paris adopte , et ils emploient les matières que nos chapeliers choisissent. Nou3 n'aurons dons pas à nous occuper des expositions étrangères , car ce qu'on trouve dans les vitrines des autres nations ne sont que des produits d'imitation française.

Presque toutes les médailles dont le jury a pu disposer ont été avec raison appliquées à la France ; cela n'a eu qu'un inconvénient, celui de récompenser des maisons d'un rang tout à fait secondaire.

Les coiffures d'hommes comprennent les chapeaux de soie, les chapeaux de feutre noirs et gris à poil ras, les feutres de fantaisie apprêtés, h s feutres de fantaisie souples, les casquettes et les chapeaux de paille.

La distinction eitre le chapeau do soie et le chapeau de feutre a déjà été établie. Le premier n'est que le résultat d'une confection, le second est vraiment le produit d'une fabrication,

Pour le chapeau de soie, l'ouvrier trouve les éléments tout préparés. Un premier ouvrier appelé (jnleticr fabrique la palette ou la carcasse du chapeau. Cette carcasse est une toile apprêtée à la gomme la'jue dissoute dans l'alcool; dès que l'ouvrier a achevé la forme, qui varie i elon la mode du jour, un ouvrier qu'on distingue sous le nom de mon-

tiiur, applique la peluche de soie, de façon à recouvrir le chapeau tout entier; un troisième enûn, le Inurnurier, donne au chapeau sa forme définitive, aux bords leur cambrure et à l'ensemb'e ce cachet qui distingue les producteurs en renom.

Il ne reste plus qu'à border et à garnir l'intérieur et l'extérieur. La plupart du temps, c'est un travail confié aux femmes.

Le chapeau de soie, dont l'apparition ne remonte qu'à 1830, n'a guère modifié sa forme. Elle est restée cylindrique, et malgré les efforts tentés pour réagir contre une mode que le goût, en effet, ne saurai t approuver, il est présumable qu'elle subsistera tant que le costume moderne lui-même ne se sera pas profondément transformé.

Le grand centre de fabrication du chapeau de soie est Paris. C'est là que viennent les ouvriers les plus habiles, c'est là qu'i's gagnent les plus gros salaires, c'est là aussi qu'ils peuvent donner libre cours, dans un cercle étroit, il est vrai, à leur esprit inventif.

Le chapeau de feutre remonte à un ! époque beaucoup plus reculée.

Sans vouloir faire l'historique d'une industrie pourtant nationale, nous

LE GÉNÉRATEUR FARCOT. ^ Dessin de M. Claveiie.

rappelleons que les chapeliers étaient organisés en sociélé dès 1 578. Louis XIV, pour protéger nos possessions du Canada, publia une ordonnance qui obligeait les chapeliers à n'employer dans leur fabrication d'autres matières que le castor, la laine et le poil de chameau.

La chapellerie fut ainsi réglementée jusqu'à l'abolition des maîtrises et des jurandes. Alors on employa le lièvre et le lapin, dont on rendit le poil plus feutrant en le saturant d'une préparation de sulfate de mercure. On se servit du rat musqué, du rat gondin et de la loutre, en leur faisant subir la mémo opération.

Toutes ces matières étaient dès l'abord d'un prix. fort élevé, et la chapellerie n'eut pour clientèle que ■les classes les plus aisées. La majeure partie de la population se roiffait de casquettes et de bonnets fabriqués avec toutes sortes d'étulTcs.

.'Vu commencement de notre siècle on adopta un produit qui venait de Flandre. C'était un feutre assez consolidé, auquel on faisait subir un brossage dans l'eau bouillante.

Par ce procédé le poil devenait lin, brillant et fourni, mais comme, il

MACHINE m M. FARCOT. (Grand Prix ) — Dessin de M. Moêl.

était d'une certaine longueur, il se ponlla t au vent, elle chapeau qu'on avait désigné, d'après sa provenance, sous le nom de flamanl, devenait disgracieux etlourd. 11 avait, en outre, eu raison des gommes et des colles fortes qu'on employait dans son apprêt, l'inconvénient de s'agrandir ou de se rapetisser, selon les cliangemenis de température.

Vers 1825 on remplaça ces apprêts par des matières et des substances résineuses, telles que la gomme laque, la sandaraque, etc., toutes dissoutes dans l'alcool. C~t apprêt éiait imperméable et à l'abri de toutes les variations rie l'atmo plière.

En 1842 quelques fabricants du Midi essayèrent d'un chapeau de feutre souple, qui ne fe vendit d'abord que dans leur localité; mais bientôt cette mode se généralisa, tt l importance des deman'les devinltellequ'il s'ensuivi tune augmeriialio a dansla main-d'œuvre. Les grèves qui eurent lieu à la révolution de 18'i8, portèrent un coup funeste àl'indutrie cluipelière. Beaucoup de pays qui, jusque-là, n'avaient pas fabriqué ce geniede chapeaux, se mirent, en présence de l'abstention de Paris, à la besogne. Paris, à cause du prix élevé de la main-d'œuvre, ne pouvait lutter avec la province pour les qualités courantes. Sa fabrication était restreinte aux qualités supérieures. Les ouvriers n'ayant pas assez de travail pour sa isfaire à leurs besoins, ne trouvèrent rien de mieux que de demander une augmentation sur les façons, sans s'apercevoir que l'élévation du prix de revient devait être funeste au travail.

Cet état de choses durajusqu'en 18,'i2. A cetteépoque, un ,\méricain importaen France une machine bàtisseusa pour chapeaux de feutre. Cette machine n'ttaitencore (]u'à l'état d'éjauche, mais elle présentaitdaus son principe, des éléments qui, dirigés par un homme compétent, pouvaient donner d'excellents résultats. M. Laville acheta à l'inventeur américain son procédé, et après bon nombre de sacrifices d'argent et de temps, il put exposer en 1855, une machine bâtîaseuse et fouleuse complète. Ce l'ut une révolution dans l'industrie chapelière, et une médaille de ])remiè.'e classe ne vint recompenser que tout juste une innovation aussi imporlante.

En 1867, M. Haas a exposé la même machine, et, par une initiative dont il faut lui savoir gré, il la fil fonctionner de^ant le public. Trois rangs de spectateurs n'ont cessé d'entourer et de contempler cette intéressante mise en œuvre. Nous n'avons pas à revenir sur la description de cette fabrication de chapeaux de feutre. M. Victor Meunier, dans notie 30"" livraison, avec uns, gravure à l'appui, en a détaillé avec beau> oup d'exactitude et d'esprit toutes les phases.

La fabrication deschapeaux s'élève à l'heure qu'il est, en France, à près de 1 00 millions, dans lesquels l'exportation figure pour un chiffre de 18 à 20 millions.

Les villes qui ont le plus contribué au

snccèi du chapeau l'eutn? sont Paris pour les be'les qualités, Aix pour les chapeaux souple.5, Bordeaux pour divers gennss de fantaisie, et Toulouse pour ungenrede chapeaux qu'on appelle drapés.

Il estcertain quele développement decette induslrieestdue à l'emploi des raachinesdonl nous avons parlé.

La casquette est la coiffure de la masse, aussi la production en est-elle considérable. Les principaux centres de confection sont Paris, Touloa, Lyoa, Li nogeset Lille. On emploie pour celte fabrication une grande variété d'étoffes, depuis la soie et les draps fins jusqu'aux tissus les plus ordinaires. Depuis quelques années on produit aussi une casquette de luxe portée en voyage et en villégiature. Ce résultat est dii en grande partieaux machines à coudre qui permettent de faire des piqués très-réguliers et d'orner les casquettes de broderies variées. Cette industrie donne lieu à un chiffre d'affaires de 20 millions, dont une grande partie se avecl'exportation. .4uxcasqtiettf sserat'auhent les bonnets grecs ou ceux qu Orléans et Pari^j fournissent à l'Orient.

Le chapeau de paille se fabrique dans l'est de la France, principalement à Nancy, Sjar-Union, Strttsbourg et Grenoble. On emploie de préterence les pailles de Panama, de lalanier ou palmier, la paille d'Italie et de la paille anglaise.

On lé voit, nous sommes loin du vieux castor anglais; depuis 1836, les Anglais viennent acheter nos peluches et, jusqu'à ce jour, ils sont restés nos trili jtaire.= .

Le problème de vendre bon et à bon marché est résolu, et — chose à noter — les salaires n'ont pas éprouvé d'avilissement.

Utic médaille d or collective a été accordée à la chapellerie française. En leur quali'é de membres du jury, MM. Laville et llaai étaient hors coacours.

Ml\I. Laville, Petit et Crespin possèdent, à Charonne, une des plus grandes usines de France. Leur outillage mécanique déhe :oute concurrence, tt leurd produits se classent au premier rang.

M. Haas a trouvé dans la croix de chevalier de la Légion d'honneur la juste récompense de ses travaux. Il s'est mis à la tête des petits métiers, et a organise cette exposition démocratique dont les visiteurs du Champ de Mars ont si bien compris et approuvé la por.ée. Glorifier et populariser le travail, c'est là une tâche digne d'un esprit éclairé.

Parmi les médailles d'arge it, nous citerons encore MM. Guenot et Lehargy, Coupiii, d'Aix, (jliristy, de Londres, Koiisson, Maynés et Lasne de Paris, Maraval d'Albi, Pinaud et Amour, et pour les chapeaux de paille, Kampmann de Strasbourg, Chaumonot de Paris, Belle, Agnel et, etc.

La supériorité des exposants français est hautement attestée; là, comme ailleurs, notre goût traditionnel l'ait loi en Europe, et, comme

nous l'avons dit, il n'est besoin, pour s'en convaincre, que de constater le soin qu'apportent à imiter tous nos modèles les pio dncleurs de l'étranger.

J. Laurknt-Lapp.

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