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LES M.\CHINES FARCOT ET LES GÉNÉRATEURS

A l'exposition.

Au moment de la fin de l'Exposition, il convient de profiter de l'occasion que nous offre cet article sur les plus magnifiques des machines à vapeur, pour jeter un coup d'ieil général sur le service de la force motrice.

La force motrice nécessaire au Palais de l'Ex osilion, au palais seul, s'élève au total à 687 chevaux-vapeur, dont 582 chevaux sont employés à mettre les machines en mouvement et 105 à ventiler le Palais, La vapeur nécessaire est produite en dehors du palais dans neuf bâtiments, placés autour de l'édilicc à 45 mètres de distance environ, en re'ation avec neuf cheminées de 30 mètres de hauteur. Il y a en outre deux hangars abritant des locomobiles destinées à la ventilation.

Le premier pavillon contient la chaudière de MM, Powell, elle fournit la vapeur à leurs deux machines gémellées quimctlenten moument les métiers à filer et à tisser.

Le second pavillon contient deux chaudières, celle de M. Meunier qui alimente de vapeur la machine de M. Le Gavriaa, et celle de MM. Laurens et Thomas qui donne la forcî à la machine de M, Lecouteux. Ces deux moteurs actionnent les presses et les machines servant à la teinture, à l'impression, au filage et à lacorderie.

Dans le troisième pavillon nous trouvons les deux chaudières de M, Chevalier, mettant en mouvement la machine de M. Duvergier qui transmet la force aux appareil.-^ agricoles.

Une locomohile Farcot mettant en mouvement deux ventilateurs doubles Perrigault, employés à l'aération du Palais, est voisine de ce troisième pavillon.

Le quatrième contient une chaudière de M. (juillacq, en relation avec un inoteurde ce constructeur donnant le mouvement aux machines qui servent à la préparation des minerais, etc., et un générateur de MM. Tenbrinck et Bonnet qui aliment'! la machine de l'usine de GralTenstaden , chargée d'animer les machines-outils.

I)'autr<:s machines-outils, des machines à travailler le bois, des appareils divers, reçoivent la vie de deux moteurs, exposés pu- M. Boyfr et Mme V de Coster, empruntant la vapeur à leurs chaudières respectives logées dans le cinquième pavillon.

Le sixième est occupé par les deux gené-

râleurs Je la maison r russo-belge, 1) meuse et llouget, Houget et Teslon, dont les deux maehines desservent l'Allemagne du Nord et la Belgique. En outre, ces générateurs donnent la vapeur nécessaire à une machine qui met enjeu trois e^bausteu^s Gargan employés à.la ventilation.

Le septième pavillon est occupe par les deux chaudières de M. Farcot, fournissant la vapeur à trois de ses macliines dont la première met en mouvement deux grands venlilaieurs doubles Perrigault et les machines de r.\llf magne du Sud ; la seconde, les machines de l'Autriche, et la troisième celles de la Suisse.

L avant-dernier pavillon contient le gcné ■ rateur de .M. Flaud, en relation avec la machine de ce constructeur, laquelle met en mouvement tout le secteur américain.

Nous trouvons ensuite une trè^-forte locomobile agissani sur deux machin es soufflantes de iM. Pliilipon qui complètent le service de la ventilation, et nous arrivons enlin eux chaud ères anglaises logées dans le neuvième pavillon.

— La première macliim; de M. Fa cot est sa locomrdjile mettant en mouvement de:i\ ventilateurs doubles Perrigault, également construits par M. Farcot.

Le veniilateur double se compose de deux ventilateurs accouplés dont le premier souffle dans le second q'ii, agissant sur de l'air déjà comprimé, augmente la compression et la vitesse du jet; il en résulte que le courant sort du ventilateur double avec une vitesse déplus de cent mètres par seconde.

On sait que d'après le système de M. Piarron de Mondésir, Lehaiire et Juiienne qui viennent d'obtenir la n.éJaille d'or pour la ventilation du Palais, les jets des appareils d'insufflation sont dirigf s dans lis seize galeries rayonnantes ménagées sous les rues du Palais; ces jcis d'air comprimé'entraîncnt une masse d'air énorme qui pénètre dans les galeries souterraines par seize puits d'aérage de trois mètres de diamètre creusés dans le Parc à vingt mètres du promenoir couvert; le flui.ie entraîné s'échappe des galeries souterraines par les grilles de bois qui, de distance en distance, mettent les canaux du sous-sol en communication avec l'intérieur du P..lais; l'air vicié, expulsé par l'air Irais qui atl'lue incessamment, sort par les persiennes dispo^ées au sommet de la toiture. Sept cent mille mèlr.^s cubes d'air sont refoulés par heure dans l'immense édilice et, grâce à cette ventilation, il y a toujours régné une température delitieuse également éloignée de la chaleur et du Iroid.

La locomo'')ile Farcot est à condensation et à faisceau tubulaire mobile pour le nettoiement, comme leurs grandes chaudières dont nous allons parler; sa force est de quinze chevaux.

Tous les constructeurs de chaudières cherchent avant tout? utiliser toute la chaleur que

le comhusiihie peut rend e et, parlant, à le brûler intégra'ement, ce qui implique la suppression de la fumécnoire. Ce résultat aujourd'hui est complètement atteint, les fournaises des grandes machines ne consomment pas plus de un à deux kilogrammes de charbon far haure et par cheval, ce qui est la cinquième partie de la consommation ancienne, et les foyers de plusieurs constructeurs ne produisent pas du tout de fumée.

Les chaudières anglaisesont brillé au premier rang sous ce rapport, mais la plupart de nos nation aux, M 51. Pcwelen tète, ont obtenu des résultais presque aussi concluanis. Le* chaudières de MVL Farcot ne lais' eut guère plus à désirer sous ce rapport. Les générateurs Farcot se composent de ileux cylindres superposés réunis par deux large-, tubes; le cy indre inférieur, le plus gros, con'ientlc foyer suivi du faisceau de tubes que Iraversc la flamme et que l'eau entoure de tous côlés.

L'eau dépose, en s'évaporant, des matières il eiuslnntes qui font le désespoir des rnécan cieus. Il est souvent nécessaire de nettoyer les générateurs. Dans ce but, M. Farcot fixe aux deux faces du cy'iudre, par deux joints facilement démontibles, le foyer et les tubes attenants, quand la chaudière est encr.i.ssée, on en peut aisément retirer le foyer tubulaire pour le nettoyer. Le cy indre supérieur sert de réservoir d'eau et de vapeur. La chaudière et le réservoir sont enveloppés dans une vaste chemise en oie à doubles parois renfermant entre elles une substance isolante. Les gaz chauds, après avoir traversé les tubes, circulent enire les cylindres 1 1 la chemise avant de se rendre à la cheminée. Il résulle de ci lie disposition que douze ou quatoize heures après avoir éteint la fournaise, la vapeur est encore, dini l'intérieur de la chaudière, à deux atmosphères, et qu'il y règne une tenipéralure de 120°.

La vapeur de ces chaudières se rend aux trois machines de 17, 20 et 'lO chevaux em- |)loyé,s par M. Farcot pour la mise en mouvement de deux ventilateurs doubles et des machines des trois pays qui leur ont conlié leur service méi-'anique Ces machines sont horizontales, à enveloppe de vapeur, à condensaiion età détente variable par l'aclion du régulateur. Le système de la détente et celui du régulateur sont de 1 iavention de M. Farcot, comme celui de ses fameuses chaudières. Le régulateur est à bielles et à bras croisés, il agit instantanément avec assez d'énergie pour ramener la machine à sa vitesse norma'e, même si on cesse brusquement de lui opposer toute rési: lance.

Outre ces machines en mouvement, MM. Farcot ont exposé deux machines hori- Z'miales, accouplées sur le même arbre, d'une force lo aie de 1 GO chevaux. Ce double moteur est, peut-être, le plus parfait de 1 Exposition. Aussi, personne ne s'est-il

donné de voir, cette snnée, le jury conlirm r son vole de IS."),! en donnant le grand prix à la maison Farcot, comme an concours universel précédent il lui avait décerné la grande méjaillc d'honneur.

Charles Boiss.vy.

Napoléon législateur.

La statue de M. Guillaume (de l'Inslitut), représenlant Napoléon législateur, a été fort a (mirée par les visiteurs du Champ de Mars, dans le salon carré qui précède la rue de Paris. C'est une œuvre, sinon tout à lait magistrale, au moins d'un caractère trèsbeau et très-|,ur. La tête est admirable, l'attitude du corps est noble et harmonieuse. L'ensemble est traité dans le style grec; et l'artiste semble s'être souvenu que les Grecs' peignaient leurs statues d intérieur, comme nous le savons par le témoignage des Romains : car il a légèrement teinté les bords du manteau impérial. La statue de M.

Guillaume fait partie de la galerie du prince Napoléon.

Le premier consul s'était fait l'héritier sous bénélice d'inventaire de la Convention nationale. Celle rude assemh.ée a brassé plus de projets de loi dans quelques mois, qu'on n'en réalisera dans un siècle. Dans les lois purement civiles, elle avait, pour ainsi dire, infusé le droit romain dans le droit nouveau, d'après les immortels principes de la déclaration de 89. Mais ces lois éparses s'étaient égarées dans la poussière des événements. Le premier consul — et ce fut son premier titredegloire, — chargea le Cons.-il d'É'at de codifier ces lois éparses, après les avoir épurées par la discussion. Il y avait dans le Conseil d'État d'alors des hommes tout à fait éminonts, des jurisconsultes de premier' ordre. Je regrette que l'espace me manque pourparlerde cette mémorable discussion, à laquelle le premier consul prit une part si active et si brillante : bien des idées y furent émises, qui paraîtraient encore nouvelles aujourd'hui.

Jamais époque de l'humanité n'a été aussi féconde en hommes remarquables en tout genre que l'époque de la révolution frarçaise : il semble même qu'elle se soit épuisée depuis par cel'e prodigieuse geslaiion. Dans les sciences et dans la guerre, elle est incomparable. Sous l'ac.ion des événements et des transformalions qu'ils amènent, est née à ce moment la littérature philosophique et historique qui a produit tant de chefsd'œuvre: dans la législa'ioo, elle a créé des monuments impérissables; et jusqu'à l'Acte additionnel, cette charte des derniers jours de l'Empire, elle a posé en toutes choses les bases du droit nouveau.

un

M. deFonlanes, bieninspiré cette foisdans Fa harangue officielle, disait en offrant le Code civil terminé à Napoléon , que c'élait Tactede notre Conslilution sociale. En effet, le Code civil est l'expression la plus haute et la plus complète de la sagesse et de l'équilé humaines. On trouvera peut-être, dans l'avenir, à élaguer ou à ajouter au Code civil, maison n'en brisera pas le cadre.

Aussi voyez ! — Depuis soixante et quelques années, nous avons bien souvent changé de constitutions politiques; la conslilution sociale est resiée inébranlable sur sa base. Il y a surtout un titre :

Obligations et contrais, qui restera la loi inviolable des transactions humaines, tant qu'il y aura des peuples civilisés sur la terre.

On rêve aujourd'hui de modifier le Code civil dans les dispositions relatives à l'héritage. Sans vouloir préjuger la valeur ou la portée de cette réforme, j'affirme que, si elle aboutit, tout le Code civil sera renversé, en même temps que se trouvera rompu l'équilibre des droits et des devoirs parmi les hommes.

Ce qu'on peut changer et modifier sans risque, ce sont les Codes de procédure, d'instruction criminelle, etc., qui ont servi de voies et moyens modifiables au Code civil. Ici, le temps ne me paraît pas avoir exercé suffisamment son influence réparatrice sur cette législation secondaire, qui se ressent beaucoup trop de la pression d'une époque révolutionnaire.

Quant au Code de commerce, il est d'une date postérieure de quatre années au Code civil. Quoique les principes en soient excellents, et qu'on se soit appliqué à en chercher les éléments dans les Acia mercalorum des républiques italiennes si bien interprétés par le grand chancelier L'Hopilal, et dans les ordonnances de Colbert et de ses successeurs, le Code de commerce se ressent pourtani dans son esprit et dans ses principales dispositions du milieu dans lequel il a été rédigé. Ace moment, il n'y avait pas, à proprement parler, de commerce en France : il n'y avait que des traitants, des fournisseurs, et des intendants d'armée. G'està viser plus spécialement leurs fraudes et leurs déprédations que le Code de

commerce s'est appliqué. De là les défiances qu'il exprime et les répressions énergiques qu'il édicté. Ce n'est plus une loi de notre temps que celle qui, dans les actes de commerce, assimilele malheuràune faute et fait de l'insuccès un délit. Une telle loi doit être laissée au compte de la fatalité antique. Décréter préventivement un négociant d'indi-

d'avoir fondé législativcmcnt la société moderne restera son plus beau titre devant la postérité, et fera excuser ses fautes politiques et ses excès militaires. Que reste-t-il de ses conquêtes? Rien que des ressenliments réciproques entre les peuples.

Cependant le Code-Napoléon est en train de faire le tour du monde, et de changer la face des sociétés humaines.

Fa. DucdiNG.

KAPOLEON LEGISLATtUR, statue de M. Guillaume.

gnité; sous prétexte de le proléger, lui dire : « Tu seras déshonoré, si tu ne réussis pas, n c'est paralyser sa confiance en lui-même ; c'est fermer devant lui la grande route, et le forcer à prendre des chemins de traverse pour échapper aux répressions qui le menacent partout et sans cesse.

Nous avons dit ce qu'il y avait d'immoricl et de périssable dans l'œuvre législative édictée par Napoléon 1". En somme, la gloire

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