CORDES ET CORDAGES
Le temps est aux spécialistes.
Dans l'industrie des câbles et cordages, comme dans toutes les industries dont l'Exposition nous étale les produits, on rencontre les fabricants proprement dits et les spécialistes. Ces derniers, en donnant tous leurs soins à une spécialité, ont toute chance d'être remarqués dans la classe qui renferme les échantillons de cette spécialité. Quelquefois même ils priment les fabricants qui s'occupent également de toutes les branches de leur industrie et qui les exploitent avec intelligence et profit.
Ainsi l'on voit à l'ExpOiition universelle de 1 867, au milieu des vitrines de cordiers d'un ensemble satisfaisant, une alcôve pleine de balançoires, de filets, de hamacs aux couleurs variées. Au centre de toutes ces fantaisies de la corderie, repose un berceau blanc et rose dont les pieds sont entourés d'un lortis d'une blancheur éclatante. C'est à vous donner envie de devenir père de famille.
Tout ce'a est arrangé dans une harmonie charmante: ficelles par-ci, par-là bobines de couleur ; la chasse et la pêche, la vie sédentaire et l'amour des champs trouvent dans cet ensemble qui plaît à l'œil tous les ustentensiles qui doivent donner le bonheur aux âmes innocentes.
Et tout cela tient dans l'alcôve décorée par M. Cerusier jeune, de Louviers.
Il y a bien d'autres choses encore dans cette alcôve. La note grave trouve sa place dans cet ensemble harmonique, et de gros et forts câbles sont là pour rappeler à l'esprit la vie aventureuse, pleine d'émotions et de dangers du marin et du mineur.
Tout cela, certes, est fort beau, mais si nous demandons à M. Cerusier jeune: Qu'êtes vous? Fabricant de câbles ou de passementerie agrémentée, le fabricant de Louviers aura bien de la peine à déterminer sa spécialité ; et le jury, effrayé par les nombreux mérites de l'exposant, sera plus embarrassé que lui et finira par l'exclure innocemment d'une lutte où son rang n'est pas facile à marquer.
Ainsi que nous, qui n'avous jamais rien su garder, l'avons dit si souvent à l'ambitieuse Angleterre, on répétera à M. Cerusier jeune, de Louviers ; Qui Irop embrasse, mal élreint.
Sans doute, l'élégance de la mise eu scène n'exclut pas l'excellence des produits, mais leur multiplicité n'ajoute pas à leur bonté, et l'on a la tendance, fâcheuse, je le veux bien, d'attribuer plus de mérite à une spécialité qu'à une fabrication qui s'occupe de divers produits même congénères.
Il temblo bien que l'industriel qui produit les meilleurs fils de caret sera aussi celui qui doit obtenir les meilleurs câbles, puisque les uns ne sont que la réunion des autres. Il n'en est point cependant ainsi. Le matériel, l'habitude de la production, une longue expérience, changent notablement la valeur des produits. La marque donnée à une fabrication connue par l'ancienneté de la maison est une chose importante, surtout dans les industries à la main. 11 ne s'agit pas en effet ici d'une œuvre d'art qui impressionne plus ou moins. Quelque émotion qu'une âme très- sensible puisse éprouver en présence d'un beau câble, elle ne vaudra point, pour juger de sa résistance, de sa solidité, les jugements motivés et mathématiques des marins et des ingénieurs.
Si, pleins de cette idée de spécialisalion, les exposants n'avaient donné chacun que ce qu'il y a de meilleur dans leur spécialité, l'Exposition universelle aurait beaucoup perdu comme aspect. On n'aurait point vu les haltères de salon que M. Tripliaine a jugé convenable de mêler aux cordages, d'ailleurs si remarquables, de sa fabrication. Us'agit de savoirjusqu'àquel point la coquetterie et la mite en scène sont nécessaires dans une industrie aussi grave que celle des cordages et des câbles.
Il semble tout d'abord que, lorsqu'on produit des câbles à la fois en fer et en chanvre, dont chaque partie est symélriquementtordue en sens inverse, on doit se contenter d'un résultat aussi sérieux, aussi pratique. Un câble simplement exposé parlerait, ce me semble, suffisamment. — Mais, on aime la fôoonne et, comme Bridoison, on s'imagine qu'elle influe sur le jugement qui doit fixer la valeur du fond.
M. Lebœuf est pratique au moins. Entre autres objets qu'il expose, on voit un vrai petit câble d'un aspect solide, d'une facture remarquable. C'est, dit une note, un archigrelin. Un grelin estl'assemblage de plusieurs cordes simples, et une corde, même simple, est la réunion d'une cinquanlaiue de fils de caret. Voilàune assez forte quantité defîlspour former un grelin, etcelui deM. Lebœufestun archigrelin I Autant qu'il est possible de juger à vue d'œil, on est persuadé qu'une épreuve réelle serait favorable aux si beaux produits de ce fabricant.
Dans ces travaux qu'exécute la corderie moderne, on retrouve la patience et l'habileté qui font presque un art de la passementerie. Un caparaçon devient un spécimen artistique entre les mains de MM. E. Allemand et Savoye. Les lignes de MM. Peau frères de Nantes semblent si faciles et si agréables à manier qu'on serait tenté de braver la paradoxale définition d'Alphonse Karr qui dit que a la ligne est un instrument qui commence par un hameçon et finit par un imbécile. » Il n'est pas jusqu'aux échelles en corde de M. Carme qui ne vous donnent envie de
partir pour l'Andalousie, afin d'y aller escalader le balcon d'une irréristible seûora.
M. Martin Stein de Mulhouse expose des cordes blanches qui semblent promettre plus de solidité que les autres qui sont en chanvre et en aloès.
Pour tous ces cordages de fantaisie, faits des fibres du tucuma, du coco, de l'aloès, de eelopia ou de toute autre matière, on demande son jugement au coup d'œil. Il n'eu est pas de même pour ce qui est des câbles destinés aux mines et à la marine. C'est qu'ici trop d'existences sont enjeu. Certaines grandes industries, jalouses de la sécurité do leurs ouvriers, ne confient qu'à elles-mêmes le soin de confectionner leurs cordages. Telle est l'administration des ardoisières d'Angers. Tous les métaux, le fer et l'acier, se combinent avec les végétaux tissés et avec des milliers de fils pour former un ensemble qu'on n'utilise qu'après de décisives expériences. Les ardoisières d'Angers nous montrent un câble en fer pour gréement de navire qui n'a pas moins de 140 mètres de longueur.
Dans la fabrication des cordages, nous n'avons pas encore surpassé l'Angleterre, mais nous l'avons égalée, et nos câbles de Stévenart, Cambicr et fils, de Pieux-Auberi, de Marclieteau, Potrair et G. Laroche, ne le cèdent en rien à ceux que produisent nos voisins d'outre-Manche. Tous nos ports do mer ont aujourd'hui leur fabricantrenomnii'; les produits de M. C. Dufrieu et M. Leroux de Nantes sont dus réellement à une fabrica- t lion remarquable.
L'exposition de MM. Bernard et Gencsl d'Angers mérite aussi toute l'attention di s hommes spéciaux. Carets, torons, haussières, merlins, cordages à main, chableaux et câbles de forte dimension forment l'ensemble des produits de cette maison angevine bi«- n connue de tous nos armateurs. On admire particulièrement un câble plat d'une longueur de 470 mètres.
La marine impériale nous montre quelquesuns des câbles employés sur les vaisseaux de l'État. On les considère avec une sorte de respect, et l'on se prend à frémir quand ou pense que de tous ces câbles énormes, 1rs plus puissants sont brisés comme un fil quand arrive la tempête.
L'Angleterre, le Canada, l'empire Ottoman , ont envoyé à l'Exposition quelques échantillons de leur corderie. M.M. Velings et Cic, produisent un nouveau système de câbl. s plats. M.M. Vertongen-Coens, de Belgique, ont fabriqué avec succès des câbles en chanvre goudronné; M. J. J. Wolff et M. L. Wolff, .le Bavière, nous ont prouvé, dans des genre;; différents, que l'art du cordier n'est pas on décadence en Allemagne. On s'étonnerait que leDanem irk, les Pays-Bas, la Norvé^^t , peuple de marins et de mineurs, n'aient pus une exposition plus complète, si l'on ne songeait aux embarras de transport que donnent i ces produits plus utilisés qu'admirés.
On peut dire enfin que l'art difficile du cordier résiste à la machine, et c'estpourquoi sa place est entièrement au-dcB8UB de toutes les filatures, appareils mécaniques dont le dernier mot semble être le métier à chariots mécan quesenvideurs qui fonctionne actuellement l'Exposition. M.VI. Trudelle frères, Ouarnier Mathieu, ont tenté d'enrégimenter la corderie dans les filatures. Leur machine rappelle travail de l'araignée, cette admirable fileus dont le câble se tord tout seul.
Mais quoi que la mécanique fasse, elle n'a sujeltira point le chanvre, ni les métaux des câbles aux évolutions faciles de la laine du coton et du lie. C'est le privilège de la corderie de rester un art par quelque bon
Achille Aiînald.
L'Art médical. — Les Instruments de chirurgie,
La voix humaine ejt le plus harmonieux des instruments de musique, comme la main est le plus intelligent des insiruments chirurgie : mais la première ne peut rempla cer un orchestre, pas plus que la uiain l'ar senal de la chirurgie contemporaine.
De nos jours il n'existe pas un seul traité de chirurgie qui ne désigne les objets né cessairesà la pratique chirurgicale. A dalei du seizième siècle, tous les auteurs prirent soin d'orner leurs œuvres d'une série de figures représentant les appareils et les instruments en usage à leur époque. Ils s'empressèrent de mettre à profit l'art du dessin, pourretracer l'image des instruments propres aux opérations de la chirurgie et de l'obstétrique.
Actuellement cette branche de l'art au service de la science a pris une extension considérable; des volumes entiers sont consacrés à la description des bandages et appareils et des instruments opératoires; les progrès réalisés dans la médecine opératoire sont immenses à dater seulement de l'Exposition de 1855.
Ce ne sont pas les médecins et les chirurgiens seulement qui ont enrichi ces musées spéciaux : il faut l'aire une large part à l'intelligence des fabricants. Ces véritables ingénieurs mécaniciens jouissent, pour la plupart, d'une considération qui leur fait prendre un rang social exceptionellement élevé, affirmé par la fortune qu'ils acquièrent et les distinctions honorifiques qu'ils obtiennent.
La classe onzième, sous la rubrique : Art médical, ne comprend pas seulement les instruments de chirurgie; elle embrasse encore les appareils pour les organes des sens, des voies respiratoires, les nombreux appareils orthopédiques, la prothèse buccale et den-
taire, l'hydrothérapie et tous les proaédés balnéaires, la gymnastique, l'électricité, etc.
La fabrication des instruments de chirurgie et des appareils médicinaux occupe en France cinq mille ouvriers et ouvrières, qui livrent annuellement à la consommation pour quinze millions de francs.
Cette industrie emploie l'or, l'argent, le platine, l'aluminium, lefer, l'acier, lemaiUechort, l'ivoire, la corne, le bois, les peaux, la gomme, la gutta-percha, enfin le caoutchouc dans toutes ses transformations, vulcanisé, durci, tissé avec la soie, le CI ou le coton, etc.
Le grand prix dans cette classe a été accordé à un de nos plus habiles fabricants d'origine belge, fixé à Paris, à M. L. Mathieu décoré de la Légion d'honneur lors de l'Expo sition universelle de 18G2. Sa vitrine de 18G7 à laquelle on pourrait reprocher trop de lu (les instruments en vermeil y dominent), fai voir une variété d'instruments dont quelquesuns ont ce fini, cette légèreté, cette délicatesse commandés par les organes qui doivent en supporter le contact , entre autres une pince-ciseaux qui saisit et excise l'iris en i seul temps dans l'opération de la cataracte
Un spéculum laryngien du docteur Labor dette de Lisieux, que le conseil d'hygiène prescrit pour les boîtes de secours. La valve supérieure est disposée en courbe de manière à suivre le voile du palais et à descend dans le pharynx, tandis que la valve infé rieure, plus courte, s'arrête à la base de la langue, qu'elle déprime. Avec ce miroir, on découvre très-dictinctement le ventricule du larynx et les cordes vocales.
Une partie importante du traitement de certaines maladies des organes respiratoires les poumons y compris, depuis deux années, a été dirigée et s'est localisée sur ces régions elles-mêmes. Ce traitement consiste à fair( respirer des eaux minérales, poudroyées pulvérisées, et non plus à l'état de vapeurs comme autrefois; ces dernières ne contenant que de l'eau, dans cet état elles ont perdu leurs principes médicamenteux.
Le même fabricant, M. Mathieu, a exécuté un pulvérisateur à levier et à pression immédiate, que le malade manœuvre lui-même en produisant un brouillard d'une grande force eprojection. Le bout injecleur, remplacé par n autre à plus grand diamètre, peut s'utiliser pour d'autres douches locales. A. Mariiez, annexe de la station thermale d'.4ix en Savoie, à Plessis-Lalande, dans l'établissement e M. le docteur Fleury, Mathieu a construit une table métallique, élégante, disposée de manière à ce qu'un certain nombre de pernnes puissent respirer chacune par un jet articuher et doué d'une force de projection igale. Dans ces chambres d'inhalation, je me suis souvent assuré que le brouillard épais li y régnait ne fatiguait pas les malades; 1 peut aussi varier à son gré la tempérare du liquide poudroyé.
Un amygdalotome pivotant sur son axe, permet de resciser les amygdales de droite et de gauche en se servant de la main droite exclusivement, la main gauche garde sa liberté pour abaisser la langue pendant l'opération. Cette opération, innocente eu apparence, n'est pas toujours exempte du danger des hémorragies; il faut donc les prévoir, et chaque fois que je pratique cette opération, j'ai la prudence de me munir du compresseur imaginé par mon savant ami, le docteur liicord, compresseur que je retrouve dans cette même vitrine; les deux tiges sont terminées par une plaque; l'une des tiges va s'appliquer sur la plaie saignante en même temps que l'autre porte sur la joue; une vis maintient ces tiges rapprochées et comprimantes La physique et la chimie indiquent presque chaque jour de nouvelles sources à la thérapeutique ; il est en efîet bien naturel que toutes les sciences, que toutes les découvertes viennent se mettre au service de l'homme pour atténuer ses souffrances et pour prolonger sa vie. Le médecin complet est tenu à suivre en tout et pour tout ce progrès incessant, s'il veut accomplir en honnête homme la mission qu'il s'est donnée; l'ignorance chez lui devient souvent un crime de lèse-humanité, puisqu'elle l'expose à compromettre la vie de son semblable qui s'est confié à lui.
La chimie aujourd'hui décompose et isole les gaz, elle en dispose, elles enferme, pour servir à des usages divers. Une simple ves::ic en caoutchouc est le réservoir qui contient du gaz hydrogène; un tube métallique muni d une clef laisse échappera volonté ce gaz eu pressant sur la vessie. Ce gaz est enflammé par l'étincelle électrique; cette flamme donmune chaleur intense avec le grand avantage de ne produire aucun rayonnement, par conéquent de ne pas intéresser les parties les plus voisines du point à cautériser, mémo dans les cavités les plus profondes. M. Nélaton et moi, en présence de M. Mathieu, avons fait usage de ce cautère à gaz, pour attaquer et détruire un cancer de matrice, naccessible à l'instrument tranchant chez une dame âgée de trente-quatre ans.
Le génie inventif de notre regretté confrère, M. le docteur Leroy d'Étiolles, liquisouvent ses comptes annuels avec divers fabricants d'instruments de chirurgie par des sommes de 10 à 12 000 francs; !e baron Heurteloup, a laissé à sa mort nu ofl're rempli de ses curieuses inventions, qui furent vendues comme ferraille, lorsque les notes acquittées qui y étaient jointes rappelaient une dépense de plus de 1 25 000 franco ; et tout cela pour perfectionner les ingénieu> procédés dirigés contre les maladies des organes génito-urinaires, et plus spécialement pour l'extraction des corps étrangers de la essie par broiement de la pierre.
L'exposition de 1867 rappelle un graiiil ombre de ces iustruments perfectionnés et
INSTltUMENTS DE CUIUURGIH DE M. WATHiEU. (Grand Prix.)
1. Pince pour réduire les luxations des doigts et des orteils. - 2, Porte-scie à cliai.io ]so;ir uue seule nniu. — 3. Soie à arbre pour résection il feuillet mobile et très-étroit - 4 Appareils pour réduire les luxations de répaule, du coude, de la liancUe et du genou. - 5. Eutérotome porte-caustique. — 6. Nouveau pulvérisateur à levier et ii pression immédiate, pour les maladies du larynx et de la poitrine. - 7. Vaporarium du professeur Trousseau. - 8. Larjnpcope ou autolarvo>oscopo —9. Laryoïroscope dernier modèle. — 10. Douche filiforme multiple. — il. Bras artificiel. - 12. lable il respiration. — 13. Instruments pour relire? des épingles de la vessie. — 14. Instrument | our retirer de la vessie les fragments de sonde ou des tiges voluniinenses quelconques. — 15 Pince-ciseaux pour saisir et exciser l'iris dans l'opération de la cataracte. - 16. Spéculum laryngien. — n. Amygdalotoine. — 18. iénetle a pression. — 19. Cautère à gaz. — 20. Aiguille porlc-fil. — 21. Gliasse-fil sur lequel on monte toute espèce de formes d'aiguilles tubulées.
LE CUALEÏ MOBILE DE H. KjIÎFFER. — Dessin de M. Laoson.
apportés par des fabricants de diverses nations qui presque toutes ont fourni lenr contingent, sans en excepter l'Amérique. On voit d'admirables pinces pour retirer de la vessie des fragments de sonde, do épingles, etc., en Ibrçant ces coips étrangers à prendre une direction toujours déterminée, de manière à nejamais blesser les canaux étroits qu'ils doivent traverser avant d'arriver au dehors.
Il n'y a pas encore longtemps , que par l'amputation on sacnllait la totalité d'un membre, lorsqu'une affection articulaire grave l'exigeait; maintenant, depuis qu'en France l'habile chirurgien Roux en a démontré la possibilité, en même temps qu'on le faisait en Angleterre, on se borne a réséquer, à enlever les parties malades, on soustrait l'articulation compromise, on raccourcit le membre, mais on le conserve r une scie à chaîne opère ce prodige.
M. Mathieu a expose un nouveau porte-scie qui peut s'adapter a toute scie à chaîne Pt se manœuvrant d'uniseule main : de làplus d'harmonie dans le mouvement ; la main restée libre fixe le membre, la tension de la chaîne est plus égale et sa marche plus rapide : le succès de l'opération n'étant confié qu'à un seul, l'opération dépenii moins de l'intelligence d'un aide.
les tribunaux ont eu connaissance de ces perfectionnements de l'art, des voleurs les ont utilisés pour détacher des panneaux de porte qui supportaient des serrures.
On voit les trésors accumulés par les Charrière, lesRobeit et Collin, les Mathieu, les Lucr, les maisons Favre, Capron, etc., etc. iVcsl en effet la France qui a triomphé dans cette onzième classe de l'Exposition. Ses richesses ne sont pas moins nombreuses quand on arrive à la prothèse. Par d'incroyahles efforts de mécanique, on a construit
des membres artificiels qui rendent les plus signalés services : ambitieux de faire oublier la perte d'un membre naturel, du moins dissimulent-ils toujours la mutilation. La légèreté de ces appareils est obtenue en combinant l'aluminium et l'acier avec un bois léger.
Lorsque le grand artiste lyrique du Grand
cherches se poursuivent chez toutes les nations sans jamais s'arrêter, et pour ainsi dire aux mêmes heures.
Les sciences seules constituent la véritable unité humaine, elles assurent la moralité autrement que ne l'ont su faire jusqu'à ce jour les plus éloquents discours. C'est de l'unité humaine produite par les sciences appliquées, qu'il faut attendre le mieux-être pour tous et du bonheur pour le plus grand nombre.
Lesguerrcs, les conquêtes, les invasions, les haines nationales et religieuses, les persécutions, les menaces furent les horribles sacrifices supportés par nos pères pour insciemment nous acquérir et payer la civilisation actuelle.
L'homme moderne ne veut plus souffrir ces sacrifices, il met le progrès et la justice sur le seul piédestal à conserver, et les fait adorer par l'humanité tout entière.
Docteur Caffr.
LIS P.iFtERS PEINTS. — iDessin dejM. Lamy.
Opéra, Roger, perdit la main par un accident de chasse, des hommes spéciaux se mirent à l'œuvre pour lui rendre la scène accessible de nouveau ; après beaucoup d'essais, G, Roger aéclara dans une lettre publiée le 28 avril 1 8G2, que Mathieu avait seul résolu le problème.
il n'y a lien d'étonnant que tant de perfectionnements te succèdent les uns aux autres : les mêmes travaux, les mêmes re-
Le Chalet Kseffer.
Le Code Napoléon vient de recevoir, à l'Exposition de 1807, une attaque assurément fort inattendue.
Il était au moins inutile, jusqu'à présent, d'avoir, comme les Demolombe, les Touiller, les Zachariœ , étudié les origines du droit, i t commenté les Inxli- Iules (le Justinien ou les Mnlifs de Locré , pour savoir qu'une maison est un immeuble, et notre vénéré maître, M. Bugnet n'eût jamais posé cette question à l'étudiant même le plus na'if, « Une maison est-elle immeuble par nature ou par destination? »
Eh bien, voilà qu'une invention récente vient ébranler les convictions les mieux fondées, et donner un démenti formel à l'article 51 8 qui dit très-péremptoirement : o Les fonds de terre elles bâtiments sont immeubles par nature. » En efl'et, une maison n'est plus.
comme chez nos pères, une construction massive, tenant au sol par àe puissantes attaclies, faisant corps avec lui, et participant à sa nature, c'est un jeu de patience, se montant et se démontant à volonté, et que le caprice de son propriétaire transporte, à son gré, de la montagne à la plaine aussi facilement que des malles ou des caisses.
Vous avez, au Champ de Mars, un Irès-joli spécimen dé ce3 constructions portatives. C'est le grand chalet qui touche presque au chalet de la Commission et dans lequel on a exposé des instruments de musique.
M. Kaeffer, le constructeur de cette élégante maisonnette, s'est attaché à réunir les conditions indispensables de tolidilé et de confortable. Au surplus, les nombreuxvisiteurs qui ont parcouru ce pavillon ont pu s'assurer qu'on y était en toute sécurité.
Voilà donc un problème résolu. La maison devient un meuble, comme un pliant ou un tabouret. Au printemps, vous démontez votre maison, vous la mettez au chemin de fer, et vous l'installez sur les bords du lac d'Enghien. Aux premières bises d'automne, vous pliez bagage et vous rapportez votre immeuble à Paris. Vous supprimez du même coup les ennuis du voisinage, si vous êtes stable, les hôtels et leurs accessoires, si vous voyagez. Partout, vous êtes cliezvous.
Tout cela semble une plaisanterie. Eh bien, adressez-vous à M. Kaeffer. L'honorable constructeur vous dira que pour 2501)0 francs, il se charge de porter chez vous et de reconstruire le chalet qu'il expose au Champ de Mars. Celte ingénieuse construction méritait, ce semble, une récompense. Aussi le jury, composé probablement de propriétaires ti qui cette innovation peut enlever des locataires, s'est-il empressé d'accorder à M. Kaiffer une mention honorable que cet exposant s'est empressé de refuser, ce dont je suis loin de le blâmer.
VlCTUIt CossE.
Les Papiers peints et la Papeterie.
La plupart de nos grandes industries sont obligées de recourir à des produits exotiques et de payer régulièrement un lourd tribut à l'étranger.
Nous ne nous sentons ni affligé ni humilié de ce genre d'impositions, car la plupart profitent plus à ceux qui les subissent qu'à ceux qui les perçoivent ; mais nous sommes heureux cependant d'avoir à signaler une très-grande industrie qui dans la fabrication de ses plus beaux produits trouve dans le pays tous les éléments qui lui sont indispensables.
Est-il besoin de dire que c'est la papeterie
que nous voulons désigner? Oui, car ce fait presque singulier est ignoré non-seulement des consommateurs, mais encore de la plupart des agents qui servent d'intermédiairss entre le fabricant et l'acheteur.
Papiers d'impression, papiers de bureau et papiers peints, tous sont affranchis de la nécessité de tirer du dehors les moindres éléments nécessaires à leur plus parfaite exécution.
Cela n'a rien qui étonne quant aux deux premières espèces de papiers, dont les diverses qualités sont obtenues au moyen de chiffons de fil, de coton ou de vieux cordages mis en pâte et soumis à diverses opérations d'épurage et de blanchiment.
Pour les papiers peints, cela peut surprendre davantage; mais qu'on le sache bien, les matières premières employées aujourd'hui dans leur fabrication, la gélatine, les couleurs, l'outremer et même l'or d'Allemagne, dont l'industrie étrangère avait longtemps gardé le monopole, sortent maintenant de nos manufactures.
Parlons donc d'abord des papiers peints.
Cette fabrication, originaire de la Chine et du Japon, fut introduite en Europe par les Hollandais, au milieu du seizième siècle. Ce ne fut que cent ans plus lard qu'eurent lieu nos premiers essais; i-ls consistèreiit dans la confection d'un papier velouté, qui n'était qu'une très-imparfaite imitation des tentures alors à la mode. Les essais se multiplièrent en France, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, sans appréciables progrès pour cette industrie; mais enfin, en 178.5, un Parisien, nommé Réveillon, chef d'une manufacture établie par lui au faubourg Saint-Antoine, imagina des procédés d'exécution si nouveaux et si ingénieux que cette branche d'industrie en fut, pour ainsi dire, révolutionnée.
On doit le regarder comme le véritable inventeur des papiers de tenture.
Après lui, M. Zuber de Rixheim (Haut- Rhin), dont l'usine date de 1797, inventa la fabrication dos rouleaux sans fin, le procédé des teintes fondues, l'impression au moyen de cylindres de cuivre, et l'appareil à faire le papier raye.
Rien de plus remarquable que l'exposition de cet industriel, qui tient aujourd'hui le rang le plus élevé parmi nos manufacturiers.
Ses nombreux spécimens de papiers de tenture défient toute critique: tous sont aussi purs de dessin que riches de couleurs : le pinceau seul peut reproduire de plus frais paysages, tracer et exécuter de plus riants tableaux. L'industrie peut-elle aller plus loin? Cela nous semble difficile.
La foule ne cesse pas d'admirer ces merveilleux produits que les confrères de M. Zuber reviennent fréquemment visiter dans un sentiment et un esprit de louable émulation.
Le jury a accordé à M. Zuber la première médaille d'or.
C'est la juste appréciation du mérite éminent que les objets exposés par lui mettent en pleine évidence.
.Mais pour l'impulsion qu'il a donnée en France, et les pr.igrès qu'il a fait faire à la fabrication des papiers peints, est-ce bien une récompense suffisante?
Si sur les six médailles d'or accordées à l'industrie des papiers peints, la France ca a obtenu cinq, si sur les six médailles d'argent quatre lui ont été adjugées, un pareil résultat doit être en partie attribué à l'élan que M. Zuber a imprimé à cette industrie dans laquelle la France n'a aujourd'hui à craindre aucune rivalité sérieuse.
Nous sommes convaincus que M. Bizault et MM. Stoock frères de Paris sont de notre avis, et qu'ils rendent la même justice que nous au confrère avec lequel ils ont partagé les honneurs de la médaille d'or.
Dans aucune autre industrie la supériorité de la France n'a été aussi éloqueniment constatée.
Ainsi 22 exposants ont concouru, et 18 ont obtenu une médaille ou ont été honorablement mentionnés.
M. A. Surgers de Paris, dont les tentures de luxe et les papiers en relief ont attiré l'attention du jury, a paru surtout digne d'une haute récompense pour l'invention et le perfectionnement du procédé de frapper l'or et le velouté.
La médaille d'argent qui lui a été adjugée a été doublement méritée par lui.
I-es papiers-décors pour murailles et plafonds, les imitations de cartons-pierre, de vieux cuirs repoussés et do boiserie, exposés par MM. Balin frères; les imitations d'étoffes en papiers peints de MM. Follet et Panpelte, les papiers pour tentures variées de MM. Riotto et Pacon leur ont mérité la même distinction.
Paris est le grand centre de cette riche industrie. Cent trente usines entassées dans le faubourg Saint- Antoine, qui tut en France le berceau de cette fabrication, occupent près de cinq mille ouvriers. La production annuelle y atteint un chiffre qui dépasse 28 millions.
Rixheim, Lyon, Tours et le Mans concourent très-honorablement aussi aux développements de cette industrie, dont les améliorations doivent , profiler au bien-être des classes les moins favorisées de la fortune.
On doit signaler parmi les progrès réalisés depuis douze ans dans l'industrie des papiers peints : le développement des procédés d'impression mécanique qui, bornés autrefois à l'emploi de trois couleurs, en appliquent aujourd'hui jusqu'à vingt avec succès; l'introduction et la vulgarisation des machines dites à foncer; l'invention d'une foule de genres tout nouveaux, et l'application de trèsriches couleurs dont la découverte est due à la science moderne.
Nos fabricants de papier pour impression ont obtenu des succès infiniment plus modestes. Nous le comprenons.
En ce temps, on produit en masse et à bon marché, et l'on sacrifie tout aux nécessités de la consommation quotidienne: aussi faiton très-peu de livres, et imprime-t-on à la vapeur dos milliers de journaux, de revues, de circulaires et de prospectus, tirés les uns et les autres sur des papiers sans nom, et avec une encre que bien souvent M. Morris trouverait de qualité trop inférieure pour l'impression de ses affiches de théâtre.
Nos fabriques de papier, auxquelles l'imprimerie n'adresse d'expresses recommandations que dans des cas très-rares et tout à fait exceptionnels, auraient, depuis longtemps, renoncé à la production des sortes de choix, si les grandes maisons de Paris, qui font le commerce de la papeterie de luxe, ne les eussent maintenues dans la voie de la bonnefabrication,par l'importance et la régularité de leurs commandes, 'et surtout si toute l'administration publique, la bureaucratie des plus hautes et des plus basses régions, n'eût conservé les anciennes traditions et exigé, pour son service habituel, des fournitures d'usé qualité tout à fait exceptionnelle.
Nous devons reconnaître qu'elle a contribué pour la plus large part au maintien et aux progrès d'une de nos grandes industries nationales, et nous serions mal venus, sous le vain prétexte que nous faisons les frais de ■sa munificence, de discuter le chiffre énorme des sommes qu'elle consacre annuellement à ces encouragements.
Parmi les maisons de Paris qui ont exposé des papiers de luxe, il en est quatre auxquelles lejury a accordé la médaille d'argent, la plus haute distinction qui ait été décernée individuellement dans la classe 7; ce sont MM. Marion, Maquet, Récoulet et Legrand.
Rien de plus élégant, de plus joli et de plus coquet que les produits exposés par eux : ils réalisent tout ce que peut rêver le bon goût parisien. Où trouver des papiers vergés plus beaux et d'une plus fine contexture, une plus grande variété d'enveloppes, des papiers à lettres et des billets plus richement ornés ? L'imagination appliquée aux plus petits objets, peut réaliser des merveilles et faire des choses les plus vulgaires les éléments féconds d'une immense production industrielle; c'est le prodige qu'ont accompli ces exposants; et comme, sans être chefs d'usine, ils dirigent tous la fabrication des papiers de luxe qu'ils emploient, et qu'ils montrent une intelligence et une habileté infatigable pour satisfaire à toutes les fantaisies et à tous les caprices de notre goijt, nous trouvons plus que méritée la distinction qu'ils ont obtenue.
PllOSPEll PoiTEVIS.
Galerie des machines.
(Suite.) L'ALLEMAGNE.
Nous ne ferons point de chapitres spéciaux pour ces petits États germaniques, qui n'ont guère plusà l'heure où nous écrivons, qu'une existence diplomatique.
La Bavière a remporté, en la personne de JIM. Kœnig et Bauer, la médaille d'or accordée à une presse imprimant simultanément en deux couleurs. Sans quitter le même cylindre, la feuille passe successivement sur deux formes se complétant mutuellement, enduites d'eacres diverses par deux groupes de rouleaux.
Une seconde médaille d'or a été accordée au pont de bateaux pour chemin de fer, construit sur le Rliiu, non loin de Carlsruhe, qui est, croyons-nous, le premier de cette espèce. Trente-quatre bateaux, amarrés côte à cote, soutiennent le tablier et les rails au dessus du fleuve rapide. Sans avoir l'air d'y toucher, les placides .Allemands ont, les premiers, osé lancer une locomotive sur un pont de bateaux, soumis à tous les caprices des crues. Le modèle, qui flotte sur de l'eau véritable, est excessivement curieux et bien fait.
Du reste, bien des procédés sont employés pour faire franchir le Rhin aux convois. A Kehl, à Cologne, ii Coblence, des ponts monumentaux ont été construits; ailleurs les rails s'avancent jusqu'à la rive, et les wagons sont chargés sur d'immenses bacs à vapeur qui les passent d'une rive à l'autre.
L'envoi capital du Wurtemberg est la machine à faire le papier de bois ; ce papier est grossier, mais enfin, au milieu de la disette de chiffons, il arrive comme la manne dans le désert, et nous regrettons que ce vaste appareil soit placé dans le Parc, en dehors de la galerie que nous devons nous borner à décrire.
• Bade a des machines à travailler le bois dignes d'examen, et la liesse des machinesoutils, exécutées avec un soin particulier dans les nombreux ateliers de Darmstadt.
Mais la palme revient à la Saxe Royale, la Californie de l'Europe, le pays des mines in; puisables d'où l'on extrait tous les métaux, depuis le bismuth jusqu'à l'or, depuis l'argent jusqu'à ce rarissime indium valant actuellement 36 000 francs le kilogramme et dont la Saxe a envoyé deux lingots.
Il n'y a pas en Angleterre de plus vastes usines que celles de deux industriels de Chemnitz, MM. Richard Hartmann et J. Zimmermann. Tous deux ont eu la médaille d'or; le premier- pour ses machines à filer le lin, honneur qu'il n'a partagé qu'avec l'Anglais Lawson, le second pour ses machines-outils.
M. 2immermann et quelques autres constructeurs ont présenté des engrenages à roues dentées elliptiques dont la fabrication plus que difficile, aujourd'hui réalisée partout, témoigne des récents progrès de la mécanique.
Certains instruments caraclérisent les peuples qui les imaginent. La Prusse expose une cuve à bière, mais une cuve qui est aux autres cuves ce que le canon de cinquante mille kilos est à la vulgaire artillerie, c'est une machine à vapeur qui brasse le malt dans cette cuve à la Bismark.
.M.M. Otto et Langen ont obtenu la médaille d'orpour leur machine à gaz, et ne pouvaient pas nepas l'avoir, car leur machine est une des rares inventions complètement nouvelles révélées par l'Exposition. Expérimentalement, en s'en rapportant aux essais, les résultats seraient très-brillants, puisque la machine ne consomme guère, à force égale, que le tiers du gaz brûlé dans les moteurs de Lenoir et de Ilugon. Mais, ilnns la pratique, les résultats seront-ils les mêmes? Les rouages nombreux et assez compliqués absorberont d'autant plus de force qu'ils seront moins bien entretenus, et leur réparation sera difficile et coûteuse. En outre, la machine est destinée à être employée dans les lieux habités, et le bruit qu'elle fait la rendrait entièrement impropre à cet usage. Il est juste d'ajouter que les inventeurs affirment que ce défaut grave est particulier à l'appareil exposé.
Quoi qu'il en soit, le moteur Olto est basé tout à la fois sur le principe des machines verticales à simple effet et sur celui des mouvements d'horlogerie à poids; mais l'effort de la main qui remonte le poids est remplacé par celui de la dilatation d'un mélange d'air et de gaz enflammé par un bec. Le piston, qui est très-lourd, après avoir été soulevé par l'explosion, redescend par son propre poids augmenté de la pression atmosphérique, et communique le mouvement à l'appareil.
Parlons enfin du four annulaire auquel a été décerné le grand prix. Invente par .M. Hoffmann de Berlin, le four annulaire est destiné à la cuisson continue des briques, des poteries, de la chaux, etc.
Pour obtenir un enfournementet défournement continus, M. Hoffmann déplace le feu et fait parcourir au foyer successivement toute la circonférence du four annulaire. Le courant d'air qui alimente le feu pénètre par les portes servant à l'enfournement et au défournement, parcourt la première moitié du four en enlevant aux objets cuits la chaleur qu'ils avaient conservée, ramène au feu cette chaleur, traverse la seconde moitié en chauffant peu à peu les objets à cuire par l'abandon de la chaleur entraînée par lui; et sort enfin par la cheminée près de son point d'entrée après avoir fait le tour de l'anneau.
De cette façon la section où le grand feu se trouvait la veille est rouge encore, celle où il sera demain est rouge déjà.
VITRAUX DE M. GKSTA , de Toulouse.
L'échauffement et le refroidisfement étant graduels, la poterie est bien cuite.
Le foyer faisant lentement le tour de l'anneau, les réparations n'arrêtent pas le travail.
Le combustible étant Versé dans un espace très-chaud, s'enflamme aussitôt, quelle que que soit sa qualité. L'air étant échauffé à la température rouge, brido tous les gaz, et il ne se produit pas de fumée. Le calorique est si complètement utilisé que l'on économise plus des deux tiers du combubtible employé par les autres fours.
Nous n'avons point parlé à sa place naturelle, dans la section anglaise, du four à gaz et à chaleur régénérée de Siemens qui a également obtenu le grand prix, parce qu'il nous a semblé plus logique de le rapprocher du four d'Hoffmann, dont l'usage est plus spécial et la construct'on plus simple, mais qui est également à chaleur régénérée.
Le gaz du four de Siemens est produit par la décomposition de l'eau au contact du charbon incandescent; il se compose d'hydrogène et d'oxyde de carbone, c'est-à-dire degazdonttout le mondeaobservélaflamme bleue au-dessua des réchauds. Après la combustion, lesgaz épuisés mais chauds déposent leur chaleur dans un régénérateur de brique. Plus tard les gaz chauds sont dirigés dans un autre régénérateur qu'ils réchauffent, et pendant ce temps l'air et le gaz à l'eau sont dirigés dans le régénérateur chaud, lui enlèvent son calorique, et, étant fortement échauffés, se mêlent et brûlent dans les conditions les plus favorables. Économie de combustible, absence de fumée, élévation de température, flamme pure et claire, tous les avantages sont réunis.
Aujourd'hui, d'ailleurs, c'est là un des grands résultats constatés par l'Exposition, on est complétemerit maître d'une difliculté réputée insurmontable; on sait, dans presque tous les cas, alimenterune fournaise sans produire de gaz fuligineux. Le proverbe a cessé d'être vrai, la fumée n'est plus l'inséparable compagne du feu.