LA BELGIQUE
La nature a prodigué le fer et le charbon à ce coin de terre, et les Belges ontsu largement profiter de ces richesses cachées. Ici, tout respire la puissance industrielle.
La rue de Belgique s'ouvre entre les deux robustes moteurs horizontaux à deux cyliudres, de MM. Houget et Cie; qui distribuent la force à toutes les machines belges et prussiennes.
La plupart des moteurs belges sont trèsremarquables par leur solidité, leur simplicité, leur puissance et le fini de leur construction. Outre les machines Houget, nous avons particulièrement admiré la superbe machine de Woolf horizontale' exposée par MM. Rens
1. En décrivant les machines Powell, nous avons dit, page 51 de ce volume, en quoi consiste le sjstème de Woolf.
etCoIson. Sa force est de cent clievaux, le petit cylindre a le même axe que le grand et est placé devant lui.
M, Van den ICerklove a aussi présenté une machine horizontale à deux cylindres, trèsdigne d'intérêt, maisia palme est àM. Carels, ■ dont le moteur vertical est un des plus originaux et des mieux réussis que nous ayons vus à l'Exiiosition.
Il se compose de deux machines de Woolf gémellées d'une force totale de cent chevaux au minimum; mais quand on a besoin d'une force plus grande, à l'aide d'un tiroir supplémentaire qui peut Être commandé par trois excentriques différents, on peut varier la détente et la force dans trois proportions. Les tiroirs sont équilibrés; les dents de bois du volant peuvent être changées avec la plusgrande facilité. Cette excellente machine ne consomme qu'un kilogramme de charbon par cheval et par heure.
M. Cirels, qui dirige en personne ses ateliers et dresse lui-même les plans de ses machines, aurait peut-être obtenu mieux encore qu'une médaille d'or : mais il n'occupe que trois cents ouvriers, et le jury a mesuré assez volontiers le mérite des usines au chiffre de leur personnel.
Dans cet ordre d'idées, la société CockeriU aurait pu ne pas se contenter de ses doux médailles d'or, car elle donne de l'occupation à 7'227 personnes, auxquelles elle distribue chaque année 6 G60 000 francs pour leurs salaires.
Les 7227 ouvriers ont pour collaborateurs 1 50 machinesà vapeur développant une force de 28-'i3 éhevaux. Avec de semblables moyens d'action la société CockeriU tire chaque année de ses quatre houillères 2G0000 tonnes de combustible, dont elle consomme 220 000 pour son usage particulier, et de ses trente minières 146 000 tonnes de rainerai, dont elle extrait 50 000 tonnes de fer.
La Société a exposé une majestueuse machine soufflante' pour l'alimentation de deux hauts foufneaux; cet appareil est composé d'une machine de Woolf, dont le piston fait mouvoir directement un colossal soufflet cylindrique à double effet, vomissant par son porte-vent un véritable ouragan; le bruit profond de ce souffle de tempête ébranle au loin la vaste nef du palais.
Tout ce qui se rapporte au traitement et à l'extraction du fer et du charbon est intéressant dans l'exposition belge. Les constructeurs de ce pays ont envoyé deux machines jumelles pour l'extraction de la houille, l'une et l'autre de la force de 200 chevaux et à bâti pyramidal. Chacune d'elles se compose de deux cylindres verticaux renversés, c'est-àdire dont la tige du piston sort du cylindre par sa face inférieure et agit de haut en bas. Le volant est remplacé par un double et immense treuil, autour duquel deux câbles sont enroulés en sens inverse; par conséquent,